Arguments en faveur de la théorie de l’évolution

3èmeSVTÉvolution des espècesArguments en faveur de la théorie de l’évolution~9 min de lecture

Arguments en faveur de la théorie de l’évolution

Les fossiles, les ressemblances entre organismes, les embryons, l’ADN et les changements observés aujourd’hui indiquent tous la même chose : les espèces se transforment au cours du temps et sont apparentées entre elles.

Objectifs

  • Savoir ce que dit la théorie scientifique de l’évolution.
  • Connaître les principaux arguments qui la soutiennent : paléontologiques, anatomiques, embryologiques, cellulaires et moléculaires, et l’évolution observée de nos jours.
  • Exploiter un document (fossile, schéma de squelettes) pour en tirer un argument.

1. Qu’est-ce que la théorie de l’évolution ?

La théorie de l’évolution est une explication scientifique du monde vivant. Elle affirme que :

  • les espèces ne sont pas fixes : elles se transforment lentement au fil des générations ;
  • les espèces actuelles descendent d’espèces plus anciennes : elles ont des ancêtres communs, plus ou moins proches ;
  • un des moteurs de ces transformations est la sélection naturelle : dans un milieu donné, les individus qui portent des caractères avantageux survivent et se reproduisent davantage, et transmettent ces caractères.
  1. 1809Lamarck publie l’idée que les espèces se transforment au cours du temps.
  2. 1859Darwin publie « L’Origine des espèces » et propose la sélection naturelle comme mécanisme.
  3. 1865Mendel décrit les lois de la transmission des caractères héréditaires.
  4. 1953Watson et Crick, aidés des travaux de Rosalind Franklin, décrivent la structure de l’ADN.

Selon la théorie de l’évolution, deux espèces qui se ressemblent beaucoup…

  1. sont apparues séparément, sans aucun lien.
  2. ont probablement un ancêtre commun assez proche.
  3. appartiennent forcément à la même espèce.
Comme les cousins d’une famille, des espèces qui partagent de nombreux caractères héritent ces ressemblances d’un ancêtre commun.

2. Les arguments paléontologiques : les fossiles

  • Succession des faunes et des flores : les couches les plus anciennes contiennent seulement des êtres vivants simples et aquatiques ; les groupes apparaissent ensuite dans un ordre précis (poissons, puis amphibiens, reptiles, mammifères et oiseaux). Beaucoup d’espèces fossiles n’existent plus aujourd’hui.
  • Formes intermédiaires : certains fossiles présentent à la fois des caractères de deux groupes actuels, ce qu’on attend si un groupe est issu d’un autre.

Exemple résolu : Archaeopteryx. Ce fossile, vieux d’environ 150 millions d’années, a été découvert en Allemagne. Il possède des plumes et des ailes, mais aussi des dents, des griffes au bout des doigts de l’aile et une longue queue osseuse. Quel argument en tirer ? Cherche d’abord.

Les plumes et les ailes sont des caractères d’oiseaux.
Les dents, les doigts griffus libres et la longue queue osseuse sont des caractères de reptiles (on les retrouve chez certains petits dinosaures).
Archaeopteryx est donc une forme intermédiaire entre reptiles et oiseaux : c’est un argument en faveur d’une parenté entre ces deux groupes, les oiseaux étant issus de dinosaures.

Qu’observe-t-on dans les couches de roches les plus anciennes ?

  1. Des fossiles de mammifères et d’oiseaux
  2. Les mêmes espèces qu’aujourd’hui
  3. Uniquement des êtres vivants simples et aquatiques
Les fossiles les plus anciens sont ceux d’êtres vivants simples vivant dans l’eau. Les groupes plus complexes apparaissent dans des couches plus récentes.

3. Les arguments anatomiques et embryologiques

Le bras de l’humain, l’aile de la chauve-souris, la nageoire de la baleine et la patte avant du cheval n’ont pas la même fonction. Pourtant, ils sont construits sur le même plan : un os (humérus), puis deux os (radius et cubitus), puis les os du poignet (carpe), puis les doigts (métacarpes et phalanges). On parle d’organes homologues.

Replace les noms des os sur ce membre antérieur de vertébré.

Schéma du squelette d’un membre antérieur de vertébré : un os, puis deux os, puis le poignet, puis les doigts épaule à gauche, bout des doigts à droite
flowchart LR
P[Meme plan de membre] --> H[Bras humain saisir]
P --> C[Aile de chauve souris voler]
P --> B[Nageoire de baleine nager]
P --> V[Patte de cheval courir]

Ce plan commun ne s’explique pas par la fonction (voler, nager, saisir et courir sont très différents) : il s’explique si ces animaux ont hérité leur membre d’un ancêtre commun qui le possédait déjà, puis l’ont modifié chacun à sa manière.

Le développement des embryons

Au début de leur développement, les embryons de vertébrés (poisson, oiseau, humain…) se ressemblent beaucoup : ils possèdent tous, par exemple, une queue et des replis au niveau du cou (arcs pharyngiens). Chez le poisson, ces replis donnent les branchies ; chez l’humain, ils donnent d’autres organes du cou et de la face. Cette ressemblance précoce est un argument en faveur d’une origine commune.

Quels organes sont homologues ?

  1. Le bras de l’humain et la nageoire de la baleine
  2. L’aile du papillon et l’aile de l’oiseau
  3. La nageoire du requin et la nageoire de la baleine, parce qu’elles servent à nager
Le bras humain et la nageoire de la baleine contiennent les mêmes os disposés dans le même ordre (humérus, radius et cubitus, carpe, doigts) : ils ont le même plan, même s’ils ont des fonctions différentes.

4. Les arguments cellulaires et moléculaires

  • Tous les êtres vivants sont formés de cellules, qui ont une organisation de base commune.
  • Chez tous les êtres vivants, l’information héréditaire est portée par la même molécule, l’ADN, et elle est lue selon un code presque identique : un gène humain peut même fonctionner dans une bactérie (c’est ainsi qu’on fait produire de l’insuline humaine par des bactéries).
  • Plus deux espèces sont proches, plus leur ADN se ressemble : l’ADN de l’humain ressemble davantage à celui du chimpanzé qu’à celui de la souris.

Pourquoi peut-on faire fabriquer de l’insuline humaine par une bactérie ?

  1. Parce que la bactérie est un animal
  2. Parce que la bactérie fabrique déjà de l’insuline
  3. Parce que tous les êtres vivants utilisent l’ADN et un code génétique presque identique
L’universalité de l’ADN et du code génétique permet à une bactérie de lire un gène humain : c’est un argument fort en faveur d’une origine commune de tous les êtres vivants.

5. L’évolution observée aujourd’hui

L’évolution n’est pas seulement un phénomène du passé : on l’observe en quelques années chez les êtres vivants qui se reproduisent vite.

Exemple résolu. Explique comment le parasite du paludisme est devenu résistant à la chloroquine.

Dans une population de parasites, il existe des différences entre individus : par hasard, quelques-uns portent une modification de leur ADN qui les rend moins sensibles à la chloroquine.
Quand on utilise beaucoup de chloroquine, les parasites sensibles sont tués, mais les rares parasites résistants survivent.
Les survivants se multiplient et transmettent leur résistance : au fil des générations, la population devient majoritairement résistante.
C’est la sélection naturelle en action : le milieu (ici, le médicament) a « trié » les individus. C’est pourquoi on soigne aujourd’hui le paludisme avec d’autres associations de médicaments.

On observe le même phénomène chez les bactéries devenues résistantes aux antibiotiques et chez les moustiques devenus résistants à certains insecticides.

Pourquoi faut-il prendre un traitement antibiotique jusqu’au bout, même quand on se sent mieux ?

  1. Pour que les bactéries deviennent plus fortes
  2. Pour éliminer aussi les bactéries les moins sensibles, qui sinon survivraient et se multiplieraient
  3. Cela n’a aucune importance
Arrêter trop tôt laisse survivre les bactéries les moins sensibles : elles se multiplient et transmettent leur résistance. C’est la sélection naturelle.

Récapitulatif

  • La théorie de l’évolution : les espèces se transforment au cours du temps et partagent des ancêtres communs ; la sélection naturelle est l’un de ses mécanismes.
  • Fossiles : succession des êtres vivants dans les couches et formes intermédiaires (Archaeopteryx).
  • Anatomie et embryologie : organes homologues construits sur le même plan, embryons de vertébrés qui se ressemblent.
  • Cellules et ADN : mêmes cellules de base, même molécule d’ADN, code génétique presque universel.
  • Évolution observée : résistance des parasites, des bactéries et des insectes aux produits chimiques.
Théorie de l’évolution
Les espèces se transforment au fil des générations et descendent d’ancêtres communs.
Forme intermédiaire
Fossile qui réunit des caractères de deux groupes, comme Archaeopteryx (reptiles et oiseaux).
Organes homologues
Organes construits sur le même plan chez des espèces différentes, même si leur fonction diffère.
Argument moléculaire
Tous les êtres vivants utilisent l’ADN et un code génétique presque identique.
Sélection naturelle
Les individus les mieux adaptés au milieu survivent et se reproduisent davantage, et transmettent leurs caractères.

Teste tes connaissances sur ce cours

Crée ton compte gratuitement pour accéder aux quiz associés et suivre ta progression.