Biodiversité et interactions

2ndeSVTNotion fondamentale d'écologieBiodiversité et interactions~10 min de lecture

Biodiversité et interactions entre les espèces

Un milieu est riche quand il abrite beaucoup d'espèces qui jouent des rôles différents et qui interagissent entre elles : ce réseau d'interactions rend la communauté plus stable.

Objectifs

  • Définir la biodiversité et ses trois niveaux (écosystèmes, espèces, gènes).
  • Calculer et comparer la richesse spécifique de deux milieux.
  • Reconnaître les rôles fonctionnels des espèces : producteurs, consommateurs, décomposeurs, pollinisateurs.
  • Identifier les principales interactions : compétition, prédation, parasitisme, mutualisme, commensalisme.
  • Expliquer pourquoi la diversité des espèces et de leurs rôles favorise la stabilité d'une communauté.

Notions clés

1. La biodiversité et la richesse spécifique

La biodiversité est la diversité du vivant. On la décrit à trois niveaux :

  • la diversité des écosystèmes : savane, forêt dense, mangrove, lac, champ… ;
  • la diversité des espèces : le nombre et la variété des espèces présentes dans un milieu ;
  • la diversité génétique : les différences entre individus d'une même espèce (par exemple les nombreuses variétés de mil, de riz ou de mangues).

Une espèce regroupe des êtres vivants qui se ressemblent et qui peuvent se reproduire entre eux en donnant des descendants fertiles.

La richesse spécifique, notée \(S\), est le nombre d'espèces différentes recensées dans un milieu donné. Elle ne tient pas compte du nombre d'individus de chaque espèce : celui-ci s'appelle l'abondance.

Dans une mare, Aminata compte 40 grenouilles, 12 poissons-chats, 25 nénuphars et 3 libellules. Quelle est la richesse spécifique de la mare (si chaque groupe correspond à une seule espèce) ?

  1. 80
  2. 40
  3. 4
  4. 3
La richesse spécifique compte les espèces différentes, pas les individus : grenouille, poisson-chat, nénuphar et libellule font 4 espèces. 80 est le nombre total d'individus.

2. Les rôles fonctionnels des espèces

Le rôle fonctionnel d'une espèce est ce qu'elle fait dans le fonctionnement de l'écosystème :

  • Producteurs : les végétaux chlorophylliens (herbes, baobab, karité, algues) fabriquent leur matière organique à partir de la lumière, de l'eau, du dioxyde de carbone \(\ce{CO2}\) et des sels minéraux.
  • Consommateurs : les animaux se nourrissent d'autres êtres vivants. Les consommateurs primaires sont herbivores (cob, criquet), les consommateurs secondaires mangent des herbivores (lion, aigle, araignée).
  • Décomposeurs : champignons, bactéries, termites et vers de terre transforment les cadavres, excréments et feuilles mortes en sels minéraux réutilisables par les plantes.
  • Pollinisateurs et disperseurs : les abeilles transportent le pollen des fleurs de manguier ; certains oiseaux, chauves-souris et singes dispersent les graines des fruits qu'ils mangent.

Le schéma ci-dessous construit, étape par étape, le réseau d'une savane comme celle du parc du W ou de la Pendjari. Une flèche signifie « est mangé par » ou « fournit de la matière à ».

Réseau simplifié d'une savane : herbe, cob et criquet, lion et aigle, puis décomposeurs qui recyclent la matière Herbe Cob Criquet Lion Aigle Décomposeurs termites, champignons sels minéraux

Étape 1 : l'herbe est le producteur, elle fabrique sa matière grâce à la lumière.

Étape 2 : le cob et le criquet, herbivores, sont des consommateurs primaires.

Étape 3 : le lion et l'aigle, prédateurs, sont des consommateurs secondaires.

Étape 4 : les décomposeurs recyclent cadavres et excréments en sels minéraux qui nourrissent à nouveau l'herbe.

Dans un champ de Korhogo, les termites dégradent les tiges de mil restées au sol. Quel est leur rôle fonctionnel principal ?

  1. Producteurs
  2. Décomposeurs
  3. Pollinisateurs
  4. Consommateurs secondaires
En dégradant la matière morte, les termites la transforment et rendent les éléments minéraux au sol : ce sont des décomposeurs.

3. Les interactions entre espèces

Une interaction est une relation entre individus d'espèces différentes (ou de la même espèce) qui modifie leur survie ou leur reproduction. On la classe selon l'effet sur chaque partenaire : il gagne, il perd, ou il n'est pas affecté.

  • Compétition (les deux perdent) : deux espèces utilisent la même ressource limitée. Les mauvaises herbes et le maïs se disputent l'eau, la lumière et les sels minéraux ; lions et hyènes se disputent les mêmes proies.
  • Prédation (l'un gagne, l'autre perd) : le prédateur tue et mange sa proie. Le lion et le cob, la coccinelle et les pucerons.
  • Parasitisme (l'un gagne, l'autre perd) : le parasite vit aux dépens d'un hôte, en général sans le tuer rapidement. Le Striga, plante parasite, se fixe sur les racines du mil et du sorgho et leur prend eau et sels minéraux ; la tique se nourrit du sang des bovins.
  • Mutualisme (les deux gagnent) : l'arachide ou le niébé et leurs bactéries fixatrices d'azote ; l'abeille qui se nourrit du nectar et pollinise la fleur ; le lichen, association d'un champignon et d'une algue.
  • Commensalisme (l'un gagne, l'autre n'est pas affecté) : le héron garde-bœuf suit les troupeaux et attrape les insectes que les bœufs font fuir en marchant.
flowchart TD
A[Interaction entre deux espèces] --> B[Les deux perdent]
A --> C[Un gagne et un perd]
A --> D[Les deux gagnent]
A --> E[Un gagne et autre neutre]
B --> B1[Compétition]
C --> C1[Prédation]
C --> C2[Parasitisme]
D --> D1[Mutualisme]
E --> E1[Commensalisme]

Une abeille butine les fleurs d'un manguier : elle récolte du nectar et transporte le pollen d'une fleur à l'autre, ce qui permet la formation des mangues. Quelle interaction est-ce ?

  1. Compétition
  2. Parasitisme
  3. Commensalisme
  4. Mutualisme
L'abeille gagne de la nourriture et le manguier gagne la pollinisation : les deux partenaires sont avantagés, c'est un mutualisme.

4. Diversité, interactions et stabilité des communautés

Une communauté est l'ensemble des populations d'espèces différentes qui vivent dans un même milieu et interagissent. Elle est dite stable quand elle résiste à une perturbation (sécheresse, maladie, feu de brousse) ou retrouve rapidement son état après.

  • Plusieurs espèces pour un même rôle : si plusieurs pollinisateurs visitent une plante, la disparition de l'un d'eux est compensée par les autres. On parle de redondance fonctionnelle.
  • Des rôles variés : producteurs, consommateurs et décomposeurs assurent ensemble la circulation de la matière. Si un rôle manque, le cycle se bloque.
  • Les prédateurs régulent : en mangeant les herbivores, ils évitent que ceux-ci ne détruisent toute la végétation.
  • Un réseau plutôt qu'une chaîne : un prédateur qui a plusieurs proies peut se reporter sur une autre si l'une devient rare.

Pourquoi un champ cultivé avec une seule variété de maïs est-il plus fragile face à une attaque de chenilles qu'une jachère riche en espèces ?

  1. Il y a peu d'espèces et peu de prédateurs naturels pour réguler les chenilles.
  2. Le maïs ne fait pas de photosynthèse.
  3. Les chenilles ne mangent que les plantes de jachère.
  4. Une monoculture contient plus de décomposeurs.
Dans une monoculture, la nourriture des chenilles est partout et les espèces qui les mangent (oiseaux, guêpes, araignées) sont peu nombreuses : rien ne freine leur multiplication.

Exemples résolus

Exemple 1 : comparer deux parcelles

Des élèves d'un lycée de Bobo-Dioulasso inventorient deux parcelles de même surface.

  • Parcelle A (champ de coton) : cotonnier, chiendent, criquet, fourmi.
  • Parcelle B (jachère) : graminée, karité, néré, liane, criquet, sauterelle, fourmi, termite, araignée, lézard.

Calcule la richesse spécifique de chaque parcelle et compare-les. Cherche d'abord, puis vérifie.

Étape 1 : on compte les espèces différentes de la parcelle A : cotonnier, chiendent, criquet, fourmi. \[S_A = 4\]
Étape 2 : on compte celles de la parcelle B : 4 végétaux (graminée, karité, néré, liane) et 6 animaux (criquet, sauterelle, fourmi, termite, araignée, lézard). \[S_B = 4 + 6 = 10\]
Étape 3 : on compare : \(S_B = 10 > S_A = 4\). La jachère est plus riche en espèces que le champ de coton.
Étape 4 : on interprète : la jachère contient en plus des décomposeurs (termites) et des prédateurs (araignée, lézard), donc des rôles plus variés. Elle devrait mieux résister à une perturbation.

Exemple 2 : nommer des interactions

Nomme l'interaction dans chaque cas : (a) le Striga fixé sur les racines du sorgho ; (b) le héron garde-bœuf qui suit les zébus ; (c) le maïs et les mauvaises herbes dans la même parcelle.

Voir la solution

(a) Parasitisme : le Striga prélève l'eau et les sels minéraux du sorgho, qui s'affaiblit.

(b) Commensalisme : le héron profite des insectes dérangés par les zébus, qui ne gagnent ni ne perdent rien.

(c) Compétition : les deux plantes se disputent l'eau, la lumière et les sels minéraux ; chacune pousse moins bien que si elle était seule.

Exemple 3 : que se passe-t-il si les prédateurs disparaissent ?

Dans une savane, les chasseurs éliminent presque tous les lions. Prévois les conséquences sur les cobs et sur l'herbe. Cherche d'abord.

Étape 1 : moins de lions signifie moins de prédation : les cobs survivent davantage et leur population augmente.
Étape 2 : plus de cobs mangent plus d'herbe : la végétation diminue (surpâturage).
Étape 3 : la nourriture devient rare : beaucoup de cobs meurent de faim ou partent, la population chute.
Conclusion : en régulant les herbivores, le prédateur contribue à la stabilité de toute la communauté, y compris de la végétation.

Erreurs fréquentes

  • Croire que la prédation est « mauvaise » : elle régule les populations et participe à l'équilibre du milieu.
  • Oublier les décomposeurs : sans eux, la matière morte s'accumule et les plantes manquent de sels minéraux.
  • Confondre mutualisme et commensalisme : dans le mutualisme les deux gagnent ; dans le commensalisme un seul gagne et l'autre n'est pas affecté.
  • Penser que la compétition n'existe qu'entre espèces différentes : deux plants de maïs trop serrés entrent aussi en compétition.

Récapitulatif

  • La biodiversité se décrit à trois niveaux : écosystèmes, espèces, gènes.
  • La richesse spécifique \(S\) est le nombre d'espèces différentes d'un milieu.
  • Chaque espèce a un rôle fonctionnel : producteur, consommateur, décomposeur, pollinisateur ou disperseur.
  • Les espèces interagissent : compétition, prédation, parasitisme, mutualisme, commensalisme.
  • Beaucoup d'espèces, des rôles variés et plusieurs espèces par rôle rendent une communauté plus stable face aux perturbations.
Richesse spécifique
Nombre d'espèces différentes recensées dans un milieu.
Rôle fonctionnel
Ce que fait une espèce dans l'écosystème : produire, consommer, décomposer, polliniser.
Compétition
Deux espèces utilisent la même ressource limitée ; les deux sont désavantagées.
Prédation
Le prédateur tue et mange sa proie.
Mutualisme
Association où les deux espèces gagnent, comme l'arachide et ses bactéries.
Stabilité d'une communauté
Capacité à résister à une perturbation ou à retrouver son état ; favorisée par la diversité des espèces et des rôles.

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