Comment rédiger un texte argumentatif : les techniques de persuasion
Comment rédiger un texte argumentatif : les techniques de persuasion
Pour faire adhérer un lecteur à sa thèse, on s'adresse à sa raison (arguments, exemples, autorités) et à ses émotions (images fortes, questions, exclamations), et l'on montre les faiblesses des arguments opposés.
Objectifs
- Distinguer convaincre et persuader.
- Utiliser l'exemple et l'argument d'autorité pour appuyer un argument.
- Reconnaître et employer les procédés de l'appel à l'émotion.
- Mettre en évidence la faiblesse d'un argument adverse par la concession et la réfutation.
- Rédiger un paragraphe argumentatif complet et persuasif.
1. Convaincre et persuader : la tête et le cœur
Notion clé : deux chemins vers l'adhésion
- Convaincre, c'est faire appel à la raison du lecteur : on avance des arguments logiques, des faits vérifiables, des exemples, des raisonnements.
- Persuader, c'est faire appel aux sentiments du lecteur : on cherche à l'émouvoir, à l'indigner, à l'enthousiasmer, pour qu'il partage notre avis.
Un bon texte argumentatif combine souvent les deux : des arguments solides (la tête) présentés de manière touchante (le cœur).
Rappel du vocabulaire : la thèse est l'opinion défendue ; l'argument est la raison qui la justifie ; l'exemple est un fait précis qui illustre ou prouve l'argument.
flowchart LR A[Thèse défendue] --> B[Convaincre par la raison] A --> C[Persuader par les émotions] B --> D[Arguments et exemples] B --> E[Argument d autorité] C --> F[Vocabulaire affectif] C --> G[Questions et exclamations] A --> H[Réfuter la thèse adverse]
« Imaginez un enfant qui marche des kilomètres sous le soleil pour trouver une école… » Que cherche à faire l'auteur ?
2. Appuyer un argument : l'exemple et l'argument d'autorité
Notion clé : l'exemple
L'exemple est un fait précis, réel ou courant, qui rend l'argument concret et crédible. Il peut illustrer (rendre l'idée visible) ou prouver (montrer que l'idée est vraie).
Argument : la lecture enrichit le vocabulaire. Exemple : « Depuis qu'Aminata lit un roman par mois, ses rédactions contiennent des mots nouveaux et ses notes ont progressé. »
Notion clé : l'argument d'autorité
On s'appuie sur l'avis d'une personne ou d'un organisme reconnu comme compétent sur le sujet : un médecin pour la santé, un scientifique, un écrivain célèbre, une grande institution. On le signale par des formules comme « selon… », « d'après… », ou par une citation entre guillemets.
Exemple : « Les médecins recommandent de bouger régulièrement : pratiquer un sport est donc bon pour la santé des élèves. »
Exemple résolu : trouver l'exemple qui convient
Thèse : « Il faut réduire l'usage des sachets plastiques. » Argument : « Les sachets plastiques polluent durablement l'environnement. » Lequel de ces exemples appuie le mieux l'argument ? (a) « Les sachets sont pratiques pour porter les courses. » (b) « Dans beaucoup de quartiers, des sachets bouchent les caniveaux et provoquent des inondations à la saison des pluies. » (c) « Ma tante préfère les paniers. » Cherche d'abord.
Voir la solution
L'exemple (b) est le meilleur : c'est un fait précis et observable qui montre la pollution et ses conséquences. L'exemple (a) soutient la thèse opposée, et l'exemple (c) est une préférence personnelle qui ne prouve rien sur la pollution.
« Selon l'Organisation mondiale de la santé, il est important de se laver les mains régulièrement. » Quel procédé est utilisé ?
3. L'appel à l'émotion
Notion clé : les procédés qui touchent le lecteur
- Le vocabulaire affectif : des mots mélioratifs (valorisants : « magnifique », « généreux ») ou péjoratifs (dévalorisants : « honteux », « désastreux ») qui montrent les sentiments de l'auteur.
- L'interpellation du lecteur : on s'adresse directement à lui (« toi qui lis ces lignes », « chers camarades »), avec le « vous », le « tu » ou le « nous » qui l'implique.
- La question rhétorique : une question dont la réponse est évidente et qui pousse le lecteur à être d'accord (« Qui voudrait vivre au milieu des ordures ? »).
- La phrase exclamative : elle exprime l'indignation, l'admiration, l'enthousiasme (« Quel gâchis ! »).
- Les figures d'insistance : l'anaphore (répétition d'un mot en début de phrase), la gradation (termes de plus en plus forts), l'hyperbole (exagération).
- L'image frappante : une scène concrète que le lecteur imagine (comparaison, description).
Exemple résolu : analyser un passage persuasif
« Chers camarades, regardez notre cour ! Des sachets partout, des bouteilles partout, des papiers partout. Est-ce ainsi que nous voulons accueillir nos visiteurs ? C'est une honte, une catastrophe, un désastre ! »
« Qui oserait encore dire que le sport ne sert à rien ? » De quel procédé s'agit-il ?
« Ce roman est un chef-d'œuvre bouleversant. » Quel est le type de vocabulaire employé ?
4. Mettre en évidence la faiblesse des arguments adverses
Notion clé : la concession
Concéder, c'est reconnaître une part de vérité à l'argument adverse… pour mieux le dépasser ensuite. On montre ainsi qu'on est honnête et réfléchi, ce qui rend notre thèse plus crédible.
Connecteurs : certes… mais, il est vrai que… cependant, bien que…, même si….
Exemple : « Certes, le téléphone portable permet de joindre ses parents ; mais en classe, il détourne l'attention des élèves. »
Notion clé : la réfutation
Réfuter, c'est montrer qu'un argument adverse est faux, exagéré ou incomplet. On peut :
- opposer un contre-exemple (un fait qui contredit l'argument) ;
- montrer une généralisation abusive (« tous », « jamais », « toujours ») ;
- montrer que l'argument confond deux choses ou oublie une conséquence ;
- employer l'ironie (dire le contraire de ce que l'on pense pour souligner l'absurdité d'une idée), avec prudence et sans moquer les personnes.
Connecteurs : or, pourtant, en réalité, au contraire, contrairement à ce que l'on croit.
Exemple résolu : réfuter une idée reçue
Argument adverse : « Les jeux vidéo rendent toujours les jeunes violents. » Rédige une phrase qui concède puis une phrase qui réfute. Cherche d'abord.
Voir une solution possible
Concession : « Il est vrai que certains jeux contiennent des scènes violentes qui ne conviennent pas aux plus jeunes. »
Réfutation : « Pourtant, affirmer qu'ils rendent toujours violent est une généralisation abusive : beaucoup de jeunes jouent sans jamais se battre, et de nombreux jeux font travailler la réflexion, la stratégie ou l'esprit d'équipe. »
Le mot « toujours » était la faiblesse de l'argument : un seul contre-exemple suffit à le fragiliser.
« Certes, la télévision distrait ; mais elle peut aussi instruire grâce aux documentaires. » Quel procédé reconnais-tu dans la première partie ?
5. Rédiger un paragraphe argumentatif persuasif
Sujet : « Faut-il lire davantage ? » Construisons un paragraphe en faveur de la lecture.
Dans le paragraphe construit ci-dessus, quel est le rôle de la phrase sur Ousmane et L'Enfant noir ?
Erreurs fréquentes
- Aligner des émotions sans aucun argument : le texte paraît creux et ne convainc pas.
- Donner un exemple qui ne correspond pas à l'argument, ou qui soutient la thèse opposée.
- Inventer des chiffres ou des citations pour faire « sérieux ».
- Citer une autorité qui n'est pas compétente dans le domaine.
- Attaquer la personne au lieu de réfuter son argument.
- Oublier les connecteurs logiques : le lecteur ne voit plus l'enchaînement des idées.
Récapitulatif
Pour faire adhérer le lecteur à sa thèse, on peut convaincre (raison : arguments, exemples, arguments d'autorité) et persuader (émotions : vocabulaire affectif, interpellation, questions rhétoriques, exclamations, anaphore, gradation, hyperbole). On renforce sa position en concédant une part de vérité à l'adversaire puis en réfutant ses arguments (contre-exemple, généralisation abusive). Un paragraphe efficace suit l'ordre : argument, explication, exemple, touche persuasive, conclusion.
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