Communication nerveuse et hormonale

TleSVTRelation de l'organismeCommunication nerveuse et hormonale~11 min de lecture

Communication nerveuse et communication hormonale : deux réseaux pour coordonner l'organisme

Le système nerveux fonctionne comme un appel téléphonique, rapide et adressé à un seul destinataire par des « fils » (les neurones), tandis que le système hormonal ressemble à une annonce à la radio, diffusée par le sang à tout le corps mais comprise seulement par les cellules qui ont le bon récepteur.

Objectifs

  • Décrire le neurone et la nature du message nerveux (potentiel de repos, potentiel d'action, codage en fréquence).
  • Expliquer la transmission du message au niveau d'une synapse chimique.
  • Analyser un arc réflexe.
  • Définir une hormone, une glande endocrine, une cellule cible et un récepteur.
  • Comparer les deux modes de communication.
  • Montrer comment ils s'associent (neurohormones, réponse au danger, axe hypothalamo-hypophysaire).

1. Le neurone et le message nerveux

Le neurone est la cellule du système nerveux. Il comprend un corps cellulaire (avec le noyau), des dendrites qui reçoivent les messages, un long prolongement, l'axone, souvent entouré d'une gaine de myéline, et une arborisation terminale qui transmet le message à d'autres cellules. Un nerf est un faisceau de nombreux axones.

Exerce-toi : place le nom de chaque partie du neurone sur le schéma.

Schéma d'un neurone : corps cellulaire avec dendrites à gauche, axone horizontal en partie entouré de gaine de myéline, arborisation terminale à droite

Potentiel de repos et potentiel d'action

Au repos, la face interne de la membrane d'un neurone est chargée négativement par rapport à la face externe : c'est le potentiel de repos, de l'ordre de \(-70\) mV. Il est maintenu par une répartition inégale des ions (plus de \(\ce{K+}\) à l'intérieur, plus de \(\ce{Na+}\) à l'extérieur) entretenue par la pompe \(\ce{Na+}/\ce{K+}\).

Lorsqu'une stimulation est suffisante (elle atteint le seuil), la membrane s'inverse brièvement : c'est le potentiel d'action (PA), qui dure de l'ordre de 1 à 2 ms.

Dépolarisation : des canaux à \(\ce{Na+}\) s'ouvrent, les ions \(\ce{Na+}\) entrent ; l'intérieur devient positif (environ \(+30\) mV).
Repolarisation : les canaux à \(\ce{Na+}\) se ferment, des canaux à \(\ce{K+}\) s'ouvrent, les ions \(\ce{K+}\) sortent ; le potentiel redevient négatif.
Hyperpolarisation puis retour au repos : le potentiel passe brièvement sous \(-70\) mV, puis revient au potentiel de repos.

Exemple résolu 1 : lire un enregistrement

Sur une fibre nerveuse, une stimulation faible provoque 4 PA en 20 ms, une stimulation forte 10 PA en 20 ms. Calculer la fréquence des PA dans chaque cas et conclure. Cherche d'abord.

Voir la solution \[ f_{\text{faible}} = \frac{4}{0{,}020\ \text{s}} = 200\ \text{PA/s}, \qquad f_{\text{forte}} = \frac{10}{0{,}020\ \text{s}} = 500\ \text{PA/s}. \]

Les PA ont la même amplitude dans les deux cas ; seule leur fréquence change. Le message nerveux est codé en fréquence de potentiels d'action.

Comment une fibre nerveuse traduit-elle une stimulation plus intense ?

  1. Par des potentiels d'action plus grands
  2. Par des potentiels d'action plus fréquents
  3. Par un potentiel de repos plus négatif
Sur une fibre, tous les PA ont la même amplitude (tout ou rien). L'intensité est codée par leur fréquence.

2. La synapse : passage du message d'un neurone à l'autre

Une synapse chimique relie l'arborisation terminale d'un neurone (présynaptique) à une autre cellule (neurone, muscle ou glande, postsynaptique). Le message y est transmis par un neurotransmetteur, par exemple l'acétylcholine à la jonction entre un nerf et un muscle.

Synapse chimique : bouton présynaptique avec vésicules, fente synaptique avec neurotransmetteur, membrane postsynaptique avec récepteurs Neurone présynaptique Fente synaptique Neurone postsynaptique potentiel d'action neurotransmetteur nouveau message

Un potentiel d'action arrive dans le bouton présynaptique ; il provoque l'entrée d'ions calcium, et les vésicules remplies de neurotransmetteur fusionnent avec la membrane (exocytose).

Le neurotransmetteur libéré diffuse dans la fente et se fixe sur des récepteurs spécifiques de la membrane postsynaptique. Plus la fréquence des PA est élevée, plus la quantité libérée est grande : ici le message est codé en concentration.

La fixation ouvre des canaux ioniques : un nouveau message naît dans la cellule postsynaptique. Le neurotransmetteur est ensuite dégradé ou recapté, ce qui arrête la transmission.

Au niveau de la fente synaptique, sous quelle forme le message est-il transmis ?

  1. Chimique : une concentration de neurotransmetteur
  2. Électrique : des potentiels d'action
  3. Hormonale : par le sang
Les PA ne franchissent pas la fente : ils déclenchent la libération d'un neurotransmetteur, dont la concentration code le message.

3. L'arc réflexe : un circuit nerveux complet

Un réflexe est une réponse involontaire, rapide et stéréotypée à une stimulation. Le circuit suivi est l'arc réflexe :

flowchart LR
A[Etirement du muscle] --> B[Recepteur fuseau neuromusculaire]
B --> C[Neurone sensitif]
C --> D[Moelle epiniere synapse]
D --> E[Motoneurone]
E --> F[Contraction du muscle]

Dans le réflexe rotulien, le neurone sensitif fait synapse directement avec le motoneurone dans la moelle épinière (réflexe monosynaptique). Le cerveau n'est pas indispensable à la réponse, même s'il est informé ensuite.

Dans le réflexe rotulien, quel est le centre nerveux ?

  1. Le cerveau
  2. Le muscle de la cuisse
  3. La moelle épinière
La synapse entre neurone sensitif et motoneurone se trouve dans la moelle épinière : c'est le centre nerveux de ce réflexe. Le muscle est l'effecteur.

4. La communication hormonale

  • Une hormone est une molécule sécrétée par une glande endocrine (ou des cellules endocrines), déversée dans le sang et qui agit à distance, à très faible concentration.
  • Les cellules cibles sont celles qui portent des récepteurs spécifiques de l'hormone, à leur surface ou à l'intérieur de la cellule.
  • Le message hormonal est codé en concentration : plus il y a d'hormone dans le sang, plus l'effet est important.

Exemples : insuline (pancréas, baisse de la glycémie), adrénaline (médullosurrénale, préparation à l'effort), testostérone (testicules, caractères sexuels masculins), hormones thyroïdiennes (thyroïde, métabolisme).

Exemple résolu 2 : prouver une communication hormonale

Chez un jeune coq, on enlève les testicules : la crête et les comportements du coq ne se développent pas. Si l'on greffe un testicule dans l'abdomen de l'animal, loin de sa position normale et sans connexion nerveuse, la crête se développe normalement. Que peut-on conclure ? Cherche d'abord.

Voir la solution
L'ablation montre que les testicules sont nécessaires au développement de la crête.
La greffe ailleurs dans le corps, sans nerf, rétablit le développement : le testicule n'agit pas par les nerfs mais par une substance transportée par le sang.
Conclusion : les testicules communiquent avec la crête par voie hormonale ; l'hormone est la testostérone.

L'axe hypothalamo-hypophysaire : un chef d'orchestre

L'hypothalamus contient des neurones qui sécrètent des neurohormones dans le sang : ils sont à la frontière des deux systèmes. Par exemple, chez l'homme, la GnRH de l'hypothalamus stimule l'hypophyse, qui libère la LH ; la LH stimule la production de testostérone par les testicules. La testostérone exerce en retour un rétrocontrôle négatif sur l'hypothalamus et l'hypophyse, ce qui stabilise son taux.

flowchart LR
H[Hypothalamus GnRH] --> P[Hypophyse LH]
P --> T[Testicules testosterone]
T -->|retrocontrole negatif| H

Pourquoi l'insuline agit-elle sur les cellules du foie mais pas sur les globules rouges de la même façon ?

  1. Parce qu'elle n'atteint pas les globules rouges
  2. Parce que l'effet dépend des récepteurs présents sur chaque type de cellule
  3. Parce que les globules rouges détruisent l'insuline
L'insuline est présente dans tout le sang ; son action dépend des récepteurs et de la machinerie de chaque cellule. Les cellules du foie sont des cellules cibles qui répondent en stockant le glucose.

5. Comparer et intégrer les deux systèmes

CritèreCommunication nerveuseCommunication hormonale
SupportNeurones (axones), synapsesSang
Nature du messagePotentiels d'action (codage en fréquence), neurotransmetteur à la synapseHormone (codage en concentration)
DestinataireCellules précises reliées par les synapsesToutes les cellules portant le récepteur, même éloignées
RapiditéTrès rapide (millisecondes)Plus lente (secondes à heures)
Durée de l'effetBrèveProlongée

Une réponse intégrée : la réaction au danger

Les organes des sens perçoivent le danger ; le cerveau active le système nerveux orthosympathique.
Les nerfs orthosympathiques agissent en quelques fractions de seconde sur le cœur et les vaisseaux.
Ces mêmes nerfs stimulent la médullosurrénale, qui libère de l'adrénaline dans le sang : c'est une commande nerveuse d'une sécrétion hormonale.
L'adrénaline accélère le cœur, élève la glycémie (le foie libère du glucose) et prolonge la réponse bien après la disparition du danger.

Laquelle de ces caractéristiques appartient à la communication hormonale ?

  1. Un message codé en concentration, aux effets durables
  2. Un message codé en fréquence de potentiels d'action
  3. Une transmission en quelques millisecondes
Les hormones circulent dans le sang : leur message dépend de leur concentration et leurs effets durent plus longtemps. Fréquence de PA et millisecondes caractérisent le message nerveux.

Erreurs fréquentes

  • Croire qu'un potentiel d'action est plus grand quand la stimulation est plus forte (sur une fibre, c'est la fréquence qui change).
  • Dire que le courant électrique traverse la synapse : le message y devient chimique.
  • Confondre nerf (faisceau d'axones) et neurone (une cellule).
  • Oublier le récepteur : sans récepteur spécifique, pas d'action de l'hormone.
  • Opposer totalement les deux systèmes : les neurohormones et l'adrénaline montrent qu'ils travaillent ensemble.

Cartes mémo

Potentiel d'action
Inversion brève de la polarité de la membrane (entrée de \(\ce{Na+}\), puis sortie de \(\ce{K+}\)), en tout ou rien.
Codage nerveux
En fréquence de PA sur la fibre ; en concentration de neurotransmetteur à la synapse.
Synapse chimique
Exocytose du neurotransmetteur, fixation sur des récepteurs, nouveau message postsynaptique.
Arc réflexe
Récepteur, neurone sensitif, centre nerveux, motoneurone, effecteur.
Hormone
Messager chimique sécrété dans le sang, actif sur les cellules cibles qui ont son récepteur.
Neurohormone
Hormone sécrétée par des neurones (hypothalamus) : lien entre les deux systèmes.

Récapitulatif

  • Le message nerveux est une suite de potentiels d'action, codée en fréquence, qui se propage le long des axones.
  • À la synapse, il devient chimique : un neurotransmetteur, codé en concentration, agit sur des récepteurs postsynaptiques.
  • L'arc réflexe relie un récepteur à un effecteur par un centre nerveux (la moelle épinière pour le réflexe rotulien).
  • Le message hormonal circule dans le sang, codé en concentration, et n'agit que sur les cellules cibles possédant le récepteur.
  • Rapide et précis d'un côté, plus lent et durable de l'autre, les deux systèmes s'associent : neurohormones, adrénaline, axe hypothalamo-hypophysaire.

Teste tes connaissances sur ce cours

Crée ton compte gratuitement pour accéder aux quiz associés et suivre ta progression.