Épreuves successives et indépendance
Épreuves successives et indépendance
Quand on enchaîne plusieurs expériences aléatoires, on les représente par un arbre et on multiplie les probabilités le long d'un chemin ; deux événements sont indépendants quand savoir que l'un est réalisé ne change pas la probabilité de l'autre, c'est-à-dire quand \(P(A \cap B) = P(A) \times P(B)\).
Objectifs
- Modéliser une succession d'épreuves par un arbre pondéré.
- Calculer la probabilité d'un chemin et utiliser la formule des probabilités totales.
- Définir et reconnaître deux événements indépendants.
- Traiter des épreuves indépendantes successives, en particulier la répétition d'une même épreuve.
1. Épreuves successives et arbre pondéré
Une expérience composée de plusieurs étapes se représente par un arbre pondéré : chaque branche porte une probabilité, et la somme des probabilités des branches issues d'un même nœud vaut \(1\). Sur les branches du second niveau, on écrit des probabilités conditionnelles : par exemple \(P_M(V)\), probabilité de \(V\) sachant \(M\).
On note \(M\) « la mangue est mûre » et \(V\) « elle est verte ». Avec remise, la composition du sac est la même au second tirage.
Premier tirage : \(P(M) = \frac{3}{5} = 0{,}6\) et \(P(V) = \frac{2}{5} = 0{,}4\).
Second tirage : avec remise, les probabilités sont les mêmes quel que soit le premier résultat.
On multiplie le long de chaque chemin ; la somme des quatre résultats vaut bien \(0{,}36 + 0{,}24 + 0{,}24 + 0{,}16 = 1\).
Exemple résolu : avec ou sans remise ?
Calcule la probabilité de tirer deux mangues mûres, d'abord avec remise, puis sans remise. Cherche d'abord.
Formule des probabilités totales
Si \(A\) et \(\overline{A}\) partagent l'univers, pour tout événement \(B\) :
\[ P(B) = P(A \cap B) + P(\overline{A} \cap B) = P(A) \times P_A(B) + P(\overline{A}) \times P_{\overline{A}}(B) \]Avec remise, quelle est la probabilité d'obtenir exactement une mangue verte en deux tirages ?
2. Événements indépendants
Définition. Deux événements \(A\) et \(B\) sont indépendants lorsque
\[ P(A \cap B) = P(A) \times P(B). \]Si \(P(A) \neq 0\), cela équivaut à \(P_A(B) = P(B)\) : savoir que \(A\) est réalisé ne modifie pas la probabilité de \(B\).
Exemple résolu : un dé équilibré
On lance un dé à six faces. \(A\) : « le résultat est pair », \(B\) : « le résultat est inférieur ou égal à 2 », \(C\) : « le résultat est supérieur ou égal à 4 ». \(A\) et \(B\) sont-ils indépendants ? Et \(A\) et \(C\) ?
Exemple résolu : une classe de Lomé
Dans une classe, \(60\,\%\) des élèves sont des filles. Parmi les filles, \(40\,\%\) choisissent la spécialité maths ; parmi les garçons, \(50\,\%\). On choisit un élève au hasard. \(F\) : « fille », \(S\) : « spécialité maths ». Calcule \(P(S)\) ; \(F\) et \(S\) sont-ils indépendants ?
Voir la solution
\begin{align} P(S) &= P(F) \times P_F(S) + P(\overline{F}) \times P_{\overline{F}}(S) \\ &= 0{,}6 \times 0{,}4 + 0{,}4 \times 0{,}5 \\ &= 0{,}24 + 0{,}20 = 0{,}44 \end{align}\(P(F \cap S) = 0{,}24\) mais \(P(F) \times P(S) = 0{,}6 \times 0{,}44 = 0{,}264\). Les deux nombres sont différents : \(F\) et \(S\) ne sont pas indépendants (on le voit aussi car \(P_F(S) = 0{,}4 \neq P(S) = 0{,}44\)).
\(P(A) = 0{,}5\), \(P(B) = 0{,}4\) et \(P(A \cap B) = 0{,}2\). Alors…
3. Succession d'épreuves indépendantes
Quand les épreuves sont indépendantes (le résultat de l'une n'influence pas les autres), les branches de l'arbre portent les mêmes probabilités à chaque niveau, et la probabilité d'une liste de résultats est le produit des probabilités de chaque résultat :
\[ P\big((x_1, x_2, \dots, x_n)\big) = P(x_1) \times P(x_2) \times \dots \times P(x_n). \]Exemple résolu : les deux feux
Probabilité que les deux feux soient verts ? Qu'au moins un soit vert ?
Fais varier \(p\) et observe comment la probabilité d'avoir au moins un succès grandit avec le nombre \(n\) d'épreuves (en abscisse) :
Répétition d'une même épreuve à deux issues
On répète \(3\) fois, de façon indépendante, une épreuve qui donne « succès » avec probabilité \(p = 0{,}3\). Quelle est la probabilité d'obtenir exactement un succès ?
Voir la solution
Trois chemins donnent exactement un succès : \(S\overline{S}\,\overline{S}\), \(\overline{S}S\overline{S}\), \(\overline{S}\,\overline{S}S\). Chacun a pour probabilité \(0{,}3 \times 0{,}7 \times 0{,}7 = 0{,}147\).
\[ P(\text{un seul succès}) = 3 \times 0{,}147 = 0{,}441. \]On lance 3 fois une pièce équilibrée. Probabilité d'obtenir au moins une fois « pile » ?
Erreurs fréquentes
- Additionner au lieu de multiplier le long d'un chemin (on multiplie le long d'un chemin, on additionne entre chemins).
- Confondre « indépendants » et « incompatibles ».
- Oublier qu'un tirage sans remise rend les tirages dépendants.
- Calculer « au moins un » chemin par chemin au lieu de passer par l'événement contraire.
Récapitulatif
- Arbre pondéré : produit le long d'un chemin, somme des chemins menant à un même événement.
- Probabilités totales : \(P(B) = P(A)P_A(B) + P(\overline{A})P_{\overline{A}}(B)\).
- Indépendance : \(P(A \cap B) = P(A) \times P(B)\), ou \(P_A(B) = P(B)\).
- Épreuves indépendantes successives : on multiplie les probabilités de chaque résultat.
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