Habitats et microhabitats : enquête sur les adaptations des êtres vivants

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Habitats et microhabitats : enquête sur les adaptations des êtres vivants

Chaque être vivant vit dans un habitat (et souvent dans un microhabitat plus petit) dont les conditions de lumière, d'humidité, de température et de sol lui conviennent ; ses adaptations sont les caractères de son corps et de son comportement qui lui permettent d'y vivre.

Objectifs

  • Définir un habitat, un microhabitat et un facteur du milieu.
  • Décrire quelques habitats d'Afrique de l'Ouest et les microhabitats qu'on y trouve.
  • Observer et décrire les caractères d'un être vivant en relation avec son milieu de vie.
  • Expliquer comment une adaptation permet de vivre dans un milieu.
  • Réaliser et interpréter une expérience simple sur le choix d'un milieu par un animal.

1. Habitat, microhabitat et facteurs du milieu

L'habitat d'un être vivant est le lieu où il vit : il y trouve sa nourriture, un abri et des conditions qui lui conviennent. Exemples : la savane, la forêt, la mare, le fleuve, la mangrove, le champ, le village.

Un microhabitat est une petite partie d'un habitat, avec ses propres conditions : le dessous d'une pierre, l'écorce d'un arbre, la litière de feuilles mortes, l'intérieur d'une termitière, la surface d'une mare.

Les facteurs du milieu sont les conditions qui caractérisent un lieu : la lumière, la température, l'humidité, la présence d'eau, la nature du sol, la nourriture disponible.

flowchart TD
  A[Savane] --> B[Sous une pierre]
  A --> C[Termitiere]
  A --> D[Ecorce du karite]
  E[Mare] --> F[Surface de l eau]
  E --> G[Vase du fond]
  B --> H[Sombre frais humide]
  C --> I[Abri regulier]
  F --> J[Eclaire chaud]

Le dessous d'une pierre dans un jardin est :

  1. un habitat aussi vaste que la savane
  2. un microhabitat
  3. un facteur du milieu
C'est une petite partie de l'habitat « jardin », avec ses propres conditions (sombre, frais, humide) : c'est un microhabitat. L'humidité, elle, serait un facteur du milieu.

2. Observer les caractères d'un être vivant

Pour comprendre comment un être vivant vit dans son milieu, on observe ses caractères :

  • la forme du corps et la taille ;
  • le revêtement (poils, plumes, écailles, coquille, peau nue, cuticule cireuse des feuilles) ;
  • les organes de déplacement (pattes, ailes, nageoires) ;
  • les organes de la respiration (poumons, branchies) ;
  • le comportement (se cacher le jour, s'enfouir, se chauffer au soleil, migrer).

Une adaptation est un caractère qui permet à un être vivant de vivre, de se nourrir, de respirer, de se déplacer ou de se reproduire dans son milieu.

Être vivantMilieuCaractère observéÀ quoi il sert
Poisson (tilapia)Eau douceBranchies, nageoires, corps allongéRespirer le dioxygène dissous, se déplacer dans l'eau
MargouillatMurs et rochers ensoleillésPeau écailleuse, se chauffe au soleilLimiter les pertes d'eau, réchauffer son corps pour être actif
CanardMarePattes palmées, plumes graisséesNager, ne pas être mouillé jusqu'à la peau
Ver de terreSol humideCorps allongé, peau humideS'enfoncer dans le sol, respirer à travers la peau

La bosse du dromadaire, qui vit dans les zones désertiques du Sahel et du Sahara, est surtout :

  1. une poche remplie d'eau
  2. un muscle pour porter les charges
  3. une réserve de graisse
La bosse est une réserve de graisse que l'animal utilise quand la nourriture manque. Contrairement à une idée répandue, ce n'est pas un réservoir d'eau.

3. Des adaptations à des milieux très différents

3.1 Vivre avec peu d'eau

  • Le dromadaire : longs cils et narines qu'il peut fermer contre le sable, larges pieds qui ne s'enfoncent pas dans le sable, bosse de graisse.
  • Le baobab : tronc très épais qui stocke de l'eau, feuilles qui tombent en saison sèche, ce qui limite les pertes d'eau.
  • L'escargot : en saison sèche, il s'enferme dans sa coquille, qu'il bouche avec un voile durci (l'épiphragme), et reste inactif jusqu'au retour de l'humidité.

3.2 Vivre dans l'eau ou dans la vase

  • Le nénuphar : grandes feuilles qui flottent à la surface pour capter la lumière, tiges souples pleines de cavités remplies d'air.
  • Le protoptère (poisson des mares et marais d'Afrique de l'Ouest) : il possède des poumons en plus de ses branchies et peut respirer l'air ; quand la mare s'assèche, il s'enfouit dans la vase et s'entoure d'un cocon de mucus jusqu'au retour des pluies.
  • Les palétuviers de la mangrove : racines en échasses qui les ancrent dans la vase mouvante, et chez certaines espèces, racines dressées hors de la vase (pneumatophores) qui permettent aux racines de respirer dans une vase pauvre en dioxygène.

3.3 Vivre caché

  • Le cloporte : il perd facilement son eau ; il vit sous les pierres et les feuilles mortes, dans des microhabitats sombres et humides, et sort surtout la nuit.
  • La chouette : grands yeux qui voient dans la pénombre, vol silencieux, chasse la nuit.

À quoi servent les racines dressées hors de la vase (pneumatophores) de certains palétuviers ?

  1. À permettre aux racines de respirer dans une vase pauvre en dioxygène
  2. À attraper les poissons
  3. À stocker du sel pour l'hiver
La vase de la mangrove contient très peu de dioxygène : les pneumatophores, qui sortent à l'air libre, aident les racines à respirer.

4. Exemples résolus : enquêter sur le choix d'un milieu

Exemple 1 : les cloportes préfèrent-ils l'humidité ?

Ismaël veut savoir pourquoi les cloportes vivent sous les pierres. Il pense qu'ils recherchent l'humidité. Il place des cloportes au centre d'une boîte : une moitié contient du papier mouillé, l'autre du papier sec ; la boîte est couverte pour que les deux côtés soient aussi sombres l'un que l'autre.

Boîte de choix pour cloportes : côté humide à gauche, côté sec à droite, cloportes au centre puis regroupés du côté humide Côté humide Côté sec papier mouillé papier sec

Au départ, les cloportes sont posés au centre de la boîte, entre le côté humide et le côté sec. Seule l'humidité diffère entre les deux côtés.

Après quelques minutes, la plupart des cloportes se sont regroupés du côté humide ; très peu restent du côté sec.

Problème : les cloportes choisissent-ils un milieu humide ?
Hypothèse : les cloportes recherchent l'humidité.
Expérience : une boîte à deux côtés qui ne diffèrent que par l'humidité (même obscurité, même température, même papier).
Résultat : la plupart des cloportes se regroupent du côté humide.
Conclusion : l'hypothèse est validée ; les cloportes recherchent l'humidité, qui les protège du dessèchement. Cela explique qu'on les trouve sous les pierres et les feuilles mortes. On peut refaire l'expérience avec un côté éclairé et un côté sombre pour tester l'effet de la lumière.

Exemple 2 : expliquer une adaptation

Explique pourquoi le protoptère survit à l'assèchement de sa mare alors qu'un tilapia y mourrait. Cherche d'abord, puis vérifie.

Voir la solution

Le problème : quand la mare s'assèche, il n'y a plus d'eau pour respirer avec des branchies.

Les caractères du protoptère : il a des poumons et peut respirer l'air ; il s'enfouit dans la vase et s'entoure d'un cocon de mucus qui limite son dessèchement ; il reste inactif jusqu'aux pluies.

Conclusion : ces caractères sont des adaptations à un milieu qui s'assèche une partie de l'année. Le tilapia, qui respire seulement avec ses branchies, ne possède pas ces adaptations.

Dans l'expérience des cloportes, quel est le seul facteur qui doit différer entre les deux côtés de la boîte ?

  1. La lumière
  2. L'humidité
  3. La température
On teste l'hypothèse « les cloportes recherchent l'humidité » : seule l'humidité change, tout le reste (lumière, température) est identique.

Erreurs fréquentes

  • Croire qu'un animal « décide » de s'adapter : un individu ne fabrique pas une adaptation parce qu'il en a besoin ; il possède des caractères qui lui permettent de vivre dans son milieu.
  • Confondre habitat et microhabitat : la forêt est un habitat ; le tronc pourri d'un arbre de cette forêt est un microhabitat.
  • Oublier le comportement : sortir la nuit ou s'enfouir sont aussi des adaptations.
  • Penser que la bosse du dromadaire contient de l'eau : c'est de la graisse.
  • Changer plusieurs facteurs à la fois dans une expérience : la conclusion devient impossible.

Récapitulatif

L'habitat est le lieu de vie d'un être vivant ; il contient des microhabitats aux conditions particulières. Les facteurs du milieu (lumière, température, humidité, eau, sol, nourriture) diffèrent d'un lieu à l'autre. En observant les caractères d'un être vivant (forme, revêtement, déplacement, respiration, comportement), on comprend ses adaptations : elles lui permettent de vivre dans son milieu, comme les branchies du poisson, la bosse de graisse du dromadaire, les pneumatophores des palétuviers ou la vie cachée du cloporte. Une expérience bien construite, qui ne change qu'un facteur à la fois, permet de tester le choix d'un milieu par un animal.

Habitat
Lieu où vit un être vivant, qui lui offre nourriture, abri et conditions favorables.
Microhabitat
Petite partie d'un habitat aux conditions particulières : dessous d'une pierre, écorce, litière.
Facteurs du milieu
Lumière, température, humidité, eau, sol, nourriture.
Adaptation
Caractère de forme, de fonctionnement ou de comportement qui permet de vivre dans un milieu.
Expérience de choix
Deux côtés qui ne diffèrent que par un facteur ; on observe où les animaux se regroupent.

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