Hérédité mendélienne

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Hérédité mendélienne

SVT, classe de Terminale, thème : Hérédité

Chaque caractère simple est gouverné par un gène présent en deux exemplaires (deux allèles) ; chaque parent n'en transmet qu'un seul au hasard, ce qui explique les proportions prévisibles observées par Mendel dans les descendances.

Objectifs

  • Maîtriser le vocabulaire de la génétique : gène, allèle, génotype, phénotype, homozygote, hétérozygote, dominant, récessif.
  • Énoncer et expliquer les lois de Mendel (uniformité de la F1, pureté des gamètes, ségrégation indépendante).
  • Construire un échiquier de croisement et prévoir les proportions d'une descendance.
  • Interpréter un monohybridisme (dominance, codominance), un croisement test et un dihybridisme.

1. Mendel et le vocabulaire de l'hérédité

  1. 1822Naissance de Gregor Mendel en Silésie (actuelle République tchèque).
  2. 1856-1863Mendel croise des milliers de plants de pois dans le jardin de son monastère à Brno.
  3. 1865Il présente ses résultats à la Société des sciences naturelles de Brno (publiés en 1866).
  4. 1900Ses lois sont redécouvertes par Hugo de Vries, Carl Correns et Erich von Tschermak.

Mendel a choisi le pois car il pousse vite, se reproduit en grand nombre, et possède des caractères bien tranchés (graine lisse ou ridée, jaune ou verte). Il partait de lignées pures : des plants qui, croisés entre eux, donnent toujours le même caractère.

  • Gène : portion d'ADN qui gouverne un caractère, située à un endroit précis (locus) d'un chromosome.
  • Allèles : versions différentes d'un même gène (allèle « lisse » L, allèle « ridé » l).
  • Génotype : les deux allèles que possède l'individu, noté par exemple L//l (un allèle sur chaque chromosome de la paire).
  • Phénotype : le caractère observable, noté entre crochets, par exemple [lisse].
  • Homozygote : deux allèles identiques (L//L) ; hétérozygote : deux allèles différents (L//l).
  • Dominant : allèle qui s'exprime chez l'hétérozygote (majuscule) ; récessif : allèle masqué chez l'hétérozygote (minuscule).

Un pois de génotype L//l a des graines lisses. Que peut-on en déduire ?

  1. L'allèle l est dominant
  2. L'allèle L est dominant et l'allèle l récessif
  3. Le pois est homozygote
L'hétérozygote exprime le caractère lisse : c'est donc l'allèle L qui domine, l est masqué.

2. Le monohybridisme avec dominance

Mendel croise une lignée pure à graines lisses (P1) avec une lignée pure à graines ridées (P2). Suis le croisement étape par étape :

Croisement de monohybridisme : parents, gamètes, F1 et F2 avec les proportions trois quarts et un quart Parents [lisse] L//L [ridé] l//l Gamètes L l F1 100 % [lisse] L//l F1 x F1 gamètes : ½ L et ½ l F2 ¾ [lisse] (L//L, L//l) ¼ [ridé] l//l

Chaque parent de lignée pure est homozygote : il ne produit qu'un seul type de gamète (L pour l'un, l pour l'autre).

Toute la F1 est L//l et a des graines lisses : c'est la 1re loi, l'uniformité des hybrides de première génération. L'allèle L est dominant.

Lors de la méiose, les deux allèles de la F1 se séparent : chaque gamète n'en reçoit qu'un. C'est la 2e loi, la pureté des gamètes (ou disjonction des allèles).

La rencontre au hasard des gamètes donne ¾ de [lisse] et ¼ de [ridé] : le caractère récessif réapparaît en F2.

L'échiquier de croisement (F1 x F1)

gamètes½ L½ l
½ L¼ L//L [lisse]¼ L//l [lisse]
½ l¼ L//l [lisse]¼ l//l [ridé]

Génotypes : \( \frac{1}{4} \) L//L, \( \frac{1}{2} \) L//l, \( \frac{1}{4} \) l//l. Phénotypes : \( \frac{3}{4} \) [lisse], \( \frac{1}{4} \) [ridé].

Exemple résolu 1 : les vrais chiffres de Mendel

En F2, Mendel a obtenu 5 474 graines lisses et 1 850 graines ridées. Ces résultats confirment-ils les proportions prévues ? Cherche d'abord.

Total : \( 5474 + 1850 = 7324 \) graines.
Proportion de lisses : \( \dfrac{5474}{7324} \approx 0{,}747 \), très proche de \( \dfrac{3}{4} = 0{,}75 \).
Rapport : \( \dfrac{5474}{1850} \approx 2{,}96 \), soit environ 3 lisses pour 1 ridée. Les résultats confirment l'hypothèse d'un gène à deux allèles avec dominance de L.

Dans une F2 de 400 plants issus de F1 hétérozygotes (dominance complète), combien de plants à phénotype récessif attend-on environ ?

  1. 100
  2. 200
  3. 300
Le phénotype récessif représente ¼ de la F2 : 400 × ¼ = 100.

3. Le croisement test et la codominance

Le croisement test (ou test-cross) consiste à croiser l'individu de phénotype dominant avec un homozygote récessif. Comme ce dernier ne donne que des gamètes l, le phénotype des descendants révèle directement les gamètes de l'individu testé.

  • 100 % [lisse] : l'individu testé est homozygote L//L.
  • 50 % [lisse] et 50 % [ridé] : l'individu testé est hétérozygote L//l.

Exemple résolu 2 : un cobaye mystère

Un éleveur de Bouaké possède un cobaye à pelage noir (allèle N dominant sur l'allèle b, blanc). Il le croise avec un cobaye blanc et obtient 9 petits noirs et 8 petits blancs. Quel est le génotype du cobaye noir ?

Voir la solution

Le cobaye blanc est b//b (récessif, donc homozygote) : il ne donne que des gamètes b. L'apparition de petits blancs b//b prouve que le cobaye noir a aussi transmis un allèle b. Il est donc hétérozygote N//b. Les proportions observées (9 et 8) sont proches de 50 % / 50 %, ce qui confirme.

La codominance

Parfois, aucun allèle ne domine : l'hétérozygote a un phénotype différent des deux parents. Chez la Belle-de-nuit, croiser une lignée à fleurs rouges et une lignée à fleurs blanches donne une F1 à fleurs roses. En F2, on obtient \( \frac{1}{4} \) [rouge], \( \frac{1}{2} \) [rose], \( \frac{1}{4} \) [blanc] : chaque génotype a son propre phénotype. Chez l'être humain, le groupe sanguin AB est un cas de codominance des allèles A et B.

On croise deux Belles-de-nuit à fleurs roses. Quelle proportion de fleurs roses attend-on ?

  1. Toutes les fleurs
  2. Un quart des fleurs
  3. La moitié des fleurs
Les fleurs roses sont hétérozygotes ; leur croisement donne ¼ rouges, ½ roses et ¼ blanches.

4. Le dihybridisme : deux caractères à la fois

Mendel croise des pois à graines lisses et jaunes (L//L J//J) avec des pois à graines ridées et vertes (l//l j//j). Toute la F1 est L//l J//j, [lisse, jaune] : les allèles L et J sont dominants.

La F1 produit quatre types de gamètes équiprobables : L J, L j, l J, l j (chacun \( \frac{1}{4} \)). C'est la 3e loi de Mendel, la ségrégation indépendante des couples d'allèles.

Échiquier de croisement F1 x F1 :

gamètesL JL jl Jl j
L JL//L J//J
[lisse, jaune]
L//L J//j
[lisse, jaune]
L//l J//J
[lisse, jaune]
L//l J//j
[lisse, jaune]
L jL//L j//J
[lisse, jaune]
L//L j//j
[lisse, verte]
L//l j//J
[lisse, jaune]
L//l j//j
[lisse, verte]
l Jl//L J//J
[lisse, jaune]
l//L J//j
[lisse, jaune]
l//l J//J
[ridée, jaune]
l//l J//j
[ridée, jaune]
l jl//L j//J
[lisse, jaune]
l//L j//j
[lisse, verte]
l//l j//J
[ridée, jaune]
l//l j//j
[ridée, verte]

On compte : 9 [lisse, jaune], 3 [lisse, verte], 3 [ridée, jaune], 1 [ridée, verte] sur 16 cases.

\[ \text{F2 : } \frac{9}{16} \; ; \; \frac{3}{16} \; ; \; \frac{3}{16} \; ; \; \frac{1}{16} \]

Exemple résolu 3 : comparer avec les résultats de Mendel

Mendel a obtenu 315 [lisse, jaune], 108 [lisse, verte], 101 [ridée, jaune] et 32 [ridée, verte]. Calcule les effectifs théoriques et conclus. Cherche d'abord.

Total : \( 315 + 108 + 101 + 32 = 556 \).
Effectifs théoriques : \( 556 \times \frac{9}{16} \approx 313 \) ; \( 556 \times \frac{3}{16} \approx 104 \) (deux fois) ; \( 556 \times \frac{1}{16} \approx 35 \).
Les effectifs observés (315, 108, 101, 32) sont très proches des effectifs théoriques : les deux gènes sont indépendants (portés par des chromosomes différents).

Le croisement test en dihybridisme

F1 (L//l J//j) croisée avec un double récessif (l//l j//j) : on obtient 4 phénotypes en proportions égales, \( \frac{1}{4} \) chacun. Ces proportions reflètent directement les 4 types de gamètes de la F1.

flowchart TD
A[Résultats d'un croisement] --> B{Combien de caractères}
B -->|un| C{F1 uniforme comme un parent}
C -->|oui| D[Dominance F2 en 3 et 1]
C -->|non phénotype nouveau| E[Codominance F2 en 1 2 1]
B -->|deux| F{F2 en 9 3 3 1 ou test en 1 1 1 1}
F -->|oui| G[Gènes indépendants]
F -->|non| H[Gènes liés]

Combien de types de gamètes produit un individu de génotype L//l J//j si les deux gènes sont indépendants ?

  1. 2
  2. 4
  3. 16
Chaque gamète reçoit un allèle de chaque gène : L ou l, et J ou j, soit 2 × 2 = 4 combinaisons équiprobables.

Un croisement test d'un dihybride donne 4 phénotypes à environ 25 % chacun. Que conclut-on ?

  1. Les deux gènes sont indépendants
  2. Les deux gènes sont liés
  3. Il y a codominance
Quatre classes égales traduisent quatre types de gamètes équiprobables, donc une ségrégation indépendante.

Récapitulatif

  • 1re loi : croisement de deux lignées pures, F1 uniforme.
  • 2e loi : chaque gamète ne reçoit qu'un allèle de chaque gène (pureté des gamètes).
  • Monohybridisme : F2 en ¾ / ¼ (dominance) ou ¼ / ½ / ¼ (codominance) ; croisement test d'un hétérozygote : ½ / ½.
  • 3e loi : deux gènes indépendants se répartissent indépendamment ; F2 en 9/16, 3/16, 3/16, 1/16 et croisement test en 4 x ¼.
Allèle
Version d'un gène ; chaque individu en porte deux, un sur chaque chromosome de la paire.
Génotype et phénotype
Génotype : les allèles (L//l). Phénotype : le caractère visible ([lisse]).
Pureté des gamètes
Chaque gamète reçoit un seul allèle de chaque gène.
Croisement test
Croisement avec un homozygote récessif pour révéler le génotype d'un individu.
Codominance
Les deux allèles s'expriment chez l'hétérozygote ; F2 en ¼, ½, ¼.
Ségrégation indépendante
Deux gènes sur des chromosomes différents donnent 4 types de gamètes équiprobables ; F2 en 9, 3, 3, 1.

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