La concordance des temps

3èmeFrancaisConjugaisonConcordance des temps~9 min de lecture

La concordance des temps

Français · 3e · Thème : Conjugaison

La concordance des temps, c'est l'accord entre le temps du verbe principal et celui du verbe subordonné : quand la principale passe au passé, la subordonnée « recule » elle aussi d'un cran, selon que son action se passe avant, en même temps ou après.

Objectifs du cours

  • Repérer la relation entre une principale et sa subordonnée : antériorité, simultanéité, postériorité.
  • Choisir le temps du verbe subordonné à l'indicatif et au subjonctif selon le temps de la principale.
  • Construire correctement les phrases avec si (système hypothétique).
  • Transformer un discours direct en discours indirect en changeant les temps, les personnes et les indicateurs de temps et de lieu.

Notions clés

1. Trois relations dans le temps

  • Antériorité : l'action de la subordonnée a lieu avant celle de la principale.
  • Simultanéité : elle a lieu en même temps.
  • Postériorité : elle a lieu après.

2. Subordonnée à l'indicatif

Principale au présent ou au futur : la subordonnée prend le temps qui correspond logiquement à son action.

  • Antériorité → passé composé (ou imparfait) : Je sais qu'il est venu.
  • Simultanéité → présent : Je sais qu'il vient.
  • Postériorité → futur : Je sais qu'il viendra.

Principale à un temps du passé (imparfait, passé simple, passé composé, plus-que-parfait) : la subordonnée change de temps.

  • Antériorité → plus-que-parfait : Je savais qu'il était venu.
  • Simultanéité → imparfait : Je savais qu'il venait.
  • Postériorité → conditionnel présent (le « futur dans le passé ») : Je savais qu'il viendrait.
flowchart LR
  A[Je sais que] --> B[il est venu]
  A --> C[il vient]
  A --> D[il viendra]
  E[Je savais que] --> F[il etait venu]
  E --> G[il venait]
  E --> H[il viendrait]
  B -. recule .-> F
  C -. recule .-> G
  D -. recule .-> H

Complète : « Le chauffeur annonça que le car … à midi. » (le départ est après l'annonce)

  1. partira
  2. part
  3. partirait
  4. était parti
La principale est au passé (« annonça ») et l'action est postérieure : on emploie le conditionnel présent, futur dans le passé : « partirait ».

3. Subordonnée au subjonctif

  • Simultanéité ou postériorité → subjonctif présent : Je veux qu'il parte. Je voulais qu'il parte.
  • Antériorité → subjonctif passé (auxiliaire au subjonctif présent + participe passé) : Je suis content qu'il soit arrivé. J'étais content qu'il soit arrivé.

Dans la langue littéraire, après une principale au passé, on rencontre le subjonctif imparfait (Je voulais qu'il partît) et le subjonctif plus-que-parfait (J'étais content qu'il fût arrivé). Il faut savoir les reconnaître dans les textes, mais l'usage courant emploie le subjonctif présent et passé.

4. Les phrases avec « si »

  • Condition possible, dans le futur : si + présent → futur.
  • Condition imaginée, dans le présent (irréel du présent) ou peu probable : si + imparfait → conditionnel présent.
  • Condition non réalisée dans le passé (irréel du passé) : si + plus-que-parfait → conditionnel passé.

Complète : « Si nous … plus tôt, nous n'aurions pas raté le bus. »

  1. partions
  2. étions partis
  3. serions partis
  4. partirons
La principale est au conditionnel passé (« n'aurions pas raté ») : c'est l'irréel du passé, donc si + plus-que-parfait : « si nous étions partis ».

5. Du discours direct au discours indirect

Pour rapporter des paroles au discours indirect, on supprime les guillemets et les deux-points, on introduit les paroles par un verbe de parole suivi de que, si (question fermée) ou d'un mot interrogatif (où, quand, pourquoi, ce que…), et on fait trois types de changements :

  1. Les personnes : je → il / elle, mon → son, etc.
  2. Les temps, si le verbe introducteur est au passé :
    • présent → imparfait ;
    • passé composé → plus-que-parfait ;
    • futur → conditionnel présent ;
    • futur antérieur → conditionnel passé ;
    • impératif → de + infinitif (ou que + subjonctif).
    L'imparfait, le plus-que-parfait et le conditionnel ne changent pas.
  3. Les indicateurs de temps et de lieu : aujourd'hui → ce jour-là ; hier → la veille ; demain → le lendemain ; maintenant → à ce moment-là ; ici → là ; la semaine prochaine → la semaine suivante.

Transforme : Fatou a dit : « J'ai vendu tous mes beignets hier. »

  1. Fatou a dit qu'elle a vendu tous ses beignets hier.
  2. Fatou a dit qu'elle vendrait tous ses beignets la veille.
  3. Fatou a dit que j'avais vendu tous mes beignets la veille.
  4. Fatou a dit qu'elle avait vendu tous ses beignets la veille.
Le passé composé devient plus-que-parfait (« avait vendu »), « je » devient « elle », « mes » devient « ses » et « hier » devient « la veille ».

Exemples résolus

Exemple 1 : mettre une phrase au passé

Réécris en commençant par « Le maître expliqua que… » : « Le maître explique que la réunion commence à 9 h, que les parents ont reçu la convocation et que les bulletins seront distribués ensuite. »

Étape 1 : la principale passe au passé simple : « Le maître expliqua ».
Étape 2 : « commence » exprime la simultanéité → imparfait : « que la réunion commençait à 9 h ».
Étape 3 : « ont reçu » exprime l'antériorité → plus-que-parfait : « que les parents avaient reçu la convocation ».
Étape 4 : « seront distribués » exprime la postériorité → conditionnel présent : « que les bulletins seraient distribués ensuite ».

Exemple 2 : rapporter une question et un ordre

Mets au discours indirect avec « La mère demanda… » puis « Elle ordonna… » : « Où as-tu mis la clé ? » ; « Range ta chambre maintenant ! »

Voir la solution

« La mère demanda où j'avais mis la clé. » (passé composé → plus-que-parfait, pas d'inversion, pas de point d'interrogation).

« Elle m'ordonna de ranger ma chambre à ce moment-là. » (impératif → de + infinitif ; maintenant → à ce moment-là ; ta → ma, puisque c'est moi qui rapporte l'ordre que j'ai reçu).

Exemple 3 : un texte complet à transformer

Kossi a déclaré : « Je suis heureux. Ma sœur a réussi son examen et nous fêterons cela demain à Lomé. »

Voir la solution

Kossi a déclaré qu'il était heureux, que sa sœur avait réussi son examen et qu'ils fêteraient cela le lendemain à Lomé.

Présent → imparfait ; passé composé → plus-que-parfait ; futur → conditionnel présent ; « nous » → « ils » ; « demain » → « le lendemain ».

Quelle phrase respecte la concordance des temps ?

  1. Elle espérait que tu viendrais à la fête.
  2. Elle espérait que tu viendras à la fête.
  3. Elle espérait que tu viens à la fête.
La principale est à l'imparfait et la venue est postérieure : on emploie le conditionnel présent, « viendrais ».

Erreurs fréquentes

  • Laisser le futur après une principale au passé : « Il a dit qu'il viendra » → « Il a dit qu'il viendrait ».
  • Mettre le conditionnel après si : « Si j'aurais su » → « Si j'avais su ».
  • Oublier de changer « demain », « hier », « ici » au discours indirect.
  • Garder l'inversion et le point d'interrogation dans une question rapportée.
  • Oublier de changer les pronoms et les possessifs (« je », « mon ») en passant au discours indirect.
  • Confondre « viendrai » (futur) et « viendrais » (conditionnel) : remplacer par « nous » (« viendrons » / « viendrions »).

Récapitulatif

  • Se demander d'abord si l'action subordonnée est avant, pendant ou après celle de la principale.
  • Principale au passé : plus-que-parfait (avant), imparfait (pendant), conditionnel présent (après).
  • Subjonctif courant : subjonctif présent (pendant ou après), subjonctif passé (avant).
  • Si + présent → futur ; si + imparfait → conditionnel présent ; si + plus-que-parfait → conditionnel passé.
  • Discours indirect : changer les personnes, les temps et les indicateurs de temps et de lieu.
Concordance des temps
Règle qui accorde le temps du verbe subordonné avec celui du verbe principal.
Futur dans le passé
Conditionnel présent après une principale au passé. Ex. Il a dit qu'il viendrait.
Antériorité au passé
Plus-que-parfait. Ex. Je savais qu'il était venu.
Irréel du passé
Si + plus-que-parfait, puis conditionnel passé. Ex. Si j'avais su, je serais venu.
Discours indirect
Paroles rapportées sans guillemets ; on change personnes, temps et indicateurs (demain devient le lendemain).
Impératif rapporté
Devient de + infinitif. Ex. Range ! devient Il m'ordonna de ranger.

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