La traduction
La traduction : de l'ARN messager à la protéine
Dans le cytoplasme, le ribosome lit l'ARN messager trois lettres à la fois (un codon) et, grâce aux ARN de transfert, accroche un à un les acides aminés qui forment la protéine.
Objectifs
- Situer la traduction dans la synthèse des protéines (après la transcription).
- Connaître les acteurs de la traduction : ARNm, ribosomes, ARNt, acides aminés, énergie.
- Utiliser le code génétique pour traduire une séquence d'ARNm en séquence d'acides aminés.
- Décrire les trois étapes : initiation, élongation, terminaison.
- Expliquer les conséquences d'une mutation sur la protéine.
1. Où et quand a lieu la traduction ?
La synthèse d'une protéine se fait en deux grandes étapes :
flowchart LR A[ADN dans le noyau] -- transcription --> B[ARN messager] B -- sortie par les pores nucleaires --> C[Cytoplasme] C -- traduction par les ribosomes --> D[Proteine]
La traduction est le passage d'une séquence de nucléotides de l'ARNm (langage à 4 lettres : A, U, G, C) à une séquence d'acides aminés (langage à 20 « lettres ») qui forme une protéine. Elle se déroule dans le cytoplasme, sur les ribosomes.
Dans une cellule eucaryote, où se déroule la traduction ?
2. Les acteurs de la traduction
- L'ARN messager (ARNm) : copie d'un gène, lue dans le sens \(5' \rightarrow 3'\), par groupes de trois nucléotides appelés codons.
- Les ribosomes : formés d'une petite et d'une grande sous-unité, ils se déplacent le long de l'ARNm et relient les acides aminés.
- Les ARN de transfert (ARNt) : petites molécules en forme de trèfle. Chacun porte d'un côté un acide aminé précis et de l'autre un anticodon, trois nucléotides complémentaires d'un codon.
- Les acides aminés : 20 sortes, présents dans le cytoplasme (ils viennent de l'alimentation).
- L'énergie (ATP) et des enzymes qui permettent de fixer les acides aminés sur les ARNt et de les relier.
Place les noms sur le schéma d'un ribosome en pleine traduction.
3. Le code génétique
Le code génétique est le système de correspondance entre les codons de l'ARNm et les acides aminés. Avec 4 nucléotides pris 3 par 3, on obtient :
\[ 4^3 = 4 \times 4 \times 4 = 64 \text{ codons} \]Ses propriétés :
- 61 codons ont un sens (ils codent un acide aminé) ; 3 codons stop (UAA, UAG, UGA) ne codent aucun acide aminé et arrêtent la traduction.
- Le codon AUG est le codon d'initiation : il code la méthionine et marque le début de la lecture.
- Il est redondant (on dit aussi dégénéré) : un même acide aminé peut être codé par plusieurs codons (GCU, GCC, GCA et GCG codent tous l'alanine).
- Il est univoque (non ambigu) : un codon donné ne code qu'un seul acide aminé.
- Il est universel (à de rares exceptions près) : le même code chez les bactéries, les plantes, les animaux et l'Homme.
- La lecture se fait sans chevauchement et sans espace, codon après codon, à partir de AUG.
Extrait du code génétique utile pour ce cours :
| Codon | Acide aminé | Codon | Acide aminé |
|---|---|---|---|
| AUG | Méthionine (Met), initiation | GAA, GAG | Acide glutamique (Glu) |
| GCU, GCC, GCA, GCG | Alanine (Ala) | GUA, GUG | Valine (Val) |
| AAA, AAG | Lysine (Lys) | UUU, UUC | Phénylalanine (Phe) |
| UGG | Tryptophane (Trp) | GGU, GGC | Glycine (Gly) |
| CCA, CCU | Proline (Pro) | UAA, UAG, UGA | Stop |
Le fait que GAA et GAG codent tous les deux l'acide glutamique montre que le code génétique est…
4. Les trois étapes de la traduction
Initiation : la petite sous-unité se fixe sur l'ARNm et se place sur le codon AUG ; l'ARNt d'anticodon UAC y apporte la méthionine, puis la grande sous-unité s'assemble.
Élongation : le ribosome avance codon par codon. À chaque codon, l'ARNt portant l'anticodon complémentaire apporte son acide aminé, qui est relié au précédent par une liaison peptidique ; l'ARNt vide repart.
Terminaison : le ribosome arrive sur un codon stop (ici UAA). Aucun ARNt ne lui correspond : la chaîne d'acides aminés est libérée et les deux sous-unités se séparent.
Les acides aminés sont reliés par une liaison peptidique : la chaîne formée s'appelle un polypeptide. Elle se replie ensuite pour donner une protéine fonctionnelle.
Que se passe-t-il quand le ribosome arrive sur le codon UGA ?
5. Exemples résolus
Exemple 1 : traduire un ARNm
Traduis l'ARNm suivant en séquence d'acides aminés : 5' AUG GCU AAA UGG GAA UAA 3'. Cherche d'abord avec le tableau.
Exemple 2 : de l'ADN à la protéine
Le brin transcrit d'un fragment d'ADN est : 3' TAC CGA TTT ACC CTT ATT 5'. Écris l'ARNm, puis les anticodons des ARNt et la séquence d'acides aminés. Cherche d'abord.
Voir la solution
ARNm (complémentaire du brin transcrit, U à la place de T) : 5' AUG GCU AAA UGG GAA UAA 3'.
Anticodons des ARNt (complémentaires des codons) : UAC, CGA, UUU, ACC, CUU ; aucun ARNt pour UAA.
Séquence d'acides aminés : Met-Ala-Lys-Trp-Glu. On retrouve le résultat de l'exemple 1 : les anticodons ont la même séquence que le brin transcrit d'ADN, avec U à la place de T.
Exemple 3 : une mutation et la drépanocytose
Quelle est la conséquence sur la protéine ? Cherche d'abord.
Une mutation transforme le codon AAA (Lys) en UAA. Quelle est la conséquence ?
6. Erreurs fréquentes
Quel est l'anticodon de l'ARNt qui reconnaît le codon GCU ?
Récapitulatif
- La traduction se fait dans le cytoplasme, sur les ribosomes, à partir de l'ARNm.
- L'ARNm est lu par codons ; chaque ARNt apporte l'acide aminé correspondant grâce à son anticodon.
- Le code génétique compte 64 codons : 61 codent les 20 acides aminés, 3 sont des codons stop ; AUG est le codon d'initiation.
- Trois étapes : initiation (sur AUG), élongation (liaisons peptidiques), terminaison (codon stop).
- Une mutation peut changer un acide aminé (drépanocytose) ou arrêter la protéine trop tôt.
Teste tes connaissances sur ce cours
Crée ton compte gratuitement pour accéder aux quiz associés et suivre ta progression.
