Le système nerveux et le comportement
Le système nerveux et le comportement
SVT, classe de Terminale, thème : La fonction de relation
Nos comportements, du réflexe le plus rapide au geste volontaire, reposent sur des messages nerveux électriques qui circulent dans les neurones et passent d'une cellule à l'autre grâce à des messagers chimiques au niveau des synapses.
Objectifs
- Décrire l'organisation du système nerveux et la structure d'un neurone.
- Identifier les éléments d'un arc réflexe et expliquer un réflexe inné.
- Expliquer la nature du message nerveux : potentiel de repos, potentiel d'action, codage.
- Comprendre la transmission synaptique et l'intégration par le neurone.
- Distinguer réflexe inné, réflexe conditionné et mouvement volontaire.
1. Organisation du système nerveux
- Le système nerveux central (SNC) : l'encéphale (cerveau, cervelet, tronc cérébral), protégé par la boîte crânienne, et la moelle épinière, protégée par la colonne vertébrale.
- Le système nerveux périphérique : les nerfs crâniens et rachidiens qui relient le SNC aux organes des sens, aux muscles et aux glandes.
Un nerf rachidien est relié à la moelle épinière par deux racines : la racine dorsale (porte un ganglion spinal) est sensitive, la racine ventrale est motrice. C'est ce qu'ont montré les expériences de section et de stimulation des racines (expériences de Magendie, XIXe siècle).
Le neurone, unité du système nerveux
Le neurone est une cellule spécialisée : un corps cellulaire contenant le noyau, des dendrites courtes et ramifiées qui reçoivent les messages, un axone qui les conduit, souvent entouré d'une gaine de myéline, et des terminaisons axonales qui transmettent le message à la cellule suivante. La substance grise contient surtout des corps cellulaires ; la substance blanche, surtout des fibres myélinisées.
À toi : place les noms des parties du neurone sur le schéma.
On sectionne la racine dorsale d'un nerf rachidien chez un animal. Que constate-t-on dans le territoire de ce nerf ?
2. Le réflexe inné et l'arc réflexe
Un réflexe est une réponse involontaire, rapide et stéréotypée à une stimulation. Un réflexe inné existe dès la naissance chez tous les individus de l'espèce (réflexe de retrait, réflexe myotatique déclenché par le choc du marteau sous le genou, réflexe pupillaire).
Le trajet suivi par le message nerveux s'appelle l'arc réflexe. Découvre-le étape par étape :
Le récepteur sensoriel de la peau est stimulé par la chaleur et fait naître un message nerveux.
Le neurone sensitif conduit ce message vers la moelle épinière par la racine dorsale.
La moelle épinière, centre nerveux du réflexe, reçoit le message et le transmet grâce à des synapses.
Le neurone moteur (motoneurone) part par la racine ventrale et conduit un message moteur.
Le muscle effecteur se contracte : la main se retire. Le cerveau n'est informé qu'ensuite, d'où la douleur ressentie après le geste.
Chez une grenouille dont on a détruit la moelle épinière, on pince la patte : il n'y a plus de réflexe de retrait. Pourquoi ?
3. La nature du message nerveux
Avec deux électrodes, l'une à la surface, l'autre à l'intérieur de l'axone, on mesure une différence de potentiel :
- Au repos, l'intérieur est négatif par rapport à l'extérieur : c'est le potentiel de repos, de l'ordre de \( -70 \text{ mV} \). Il est dû à une répartition inégale des ions \( \ce{Na+} \) (plus nombreux dehors) et \( \ce{K+} \) (plus nombreux dedans), entretenue par la pompe \( \ce{Na+}/\ce{K+} \).
- Stimulé au-delà d'un seuil, la membrane s'inverse brièvement (environ 1 à 2 ms) : c'est le potentiel d'action. Dépolarisation (entrée de \( \ce{Na+} \)), puis repolarisation (sortie de \( \ce{K+} \)), puis retour au repos.
Le potentiel d'action obéit à la loi du tout ou rien : en dessous du seuil, pas de potentiel d'action ; au-dessus, son amplitude est toujours la même. L'intensité de la stimulation est donc codée par la fréquence des potentiels d'action, pas par leur amplitude.
flowchart LR A[Potentiel de repos] -->|stimulation au dessus du seuil| B[Dépolarisation entrée de sodium] B --> C[Repolarisation sortie de potassium] C --> D[Hyperpolarisation] D --> A
La vitesse de propagation est plus grande dans les fibres myélinisées (conduction « saltatoire » de nœud de Ranvier en nœud de Ranvier) et dans les fibres de grand diamètre.
Exemple résolu 1 : calculer une vitesse de conduction
On stimule un nerf et on enregistre le potentiel d'action en deux points distants de \( d = 4{,}0 \text{ cm} \). Il arrive au second point \( \Delta t = 0{,}80 \text{ ms} \) après le premier. Calcule la vitesse de conduction. Cherche d'abord.
On augmente l'intensité de la stimulation d'une fibre nerveuse isolée au-dessus du seuil. Qu'observe-t-on ?
4. La synapse et l'intégration du message
Une synapse est la zone de contact entre un neurone et une autre cellule (neurone, fibre musculaire). La transmission se fait en plusieurs temps :
La transmission est donc chimique et unidirectionnelle (du présynaptique vers le postsynaptique). Elle entraîne un court délai synaptique. Le message postsynaptique est codé en concentration de neurotransmetteur.
Un neurone reçoit des milliers de synapses, excitatrices ou inhibitrices. Il fait la « somme » des PPSE et des PPSI (sommation spatiale : plusieurs synapses en même temps ; temporelle : une même synapse sollicitée rapidement). Si la somme atteint le seuil au niveau du segment initial de l'axone, il émet des potentiels d'action : c'est l'intégration.
Exemple résolu 2 : analyser une expérience
On applique sur une jonction neuromusculaire un produit qui bloque l'acétylcholinestérase. Que se passe-t-il pour le muscle ? Cherche d'abord.
Voir la solution
L'acétylcholine n'est plus dégradée : elle reste fixée sur ses récepteurs. La membrane du muscle reste stimulée, le muscle se contracte de façon prolongée (contractures, puis paralysie). Cela montre que l'élimination du neurotransmetteur est indispensable pour arrêter le message.
Pourquoi le message nerveux ne traverse-t-il une synapse que dans un seul sens ?
5. Du réflexe au comportement volontaire
- Réflexe conditionné : acquis par apprentissage. Pavlov a montré qu'un chien associe un stimulus neutre (un son) à un stimulus absolu (la nourriture qui fait saliver). Après plusieurs associations, le son seul déclenche la salivation. Ce réflexe fait intervenir le cortex cérébral ; il s'éteint s'il n'est plus renforcé.
- Mouvement volontaire : décidé et contrôlé consciemment. Il naît dans l'aire motrice du cortex cérébral ; le message descend par la moelle épinière jusqu'aux motoneurones. Les voies motrices se croisent : l'hémisphère gauche commande la moitié droite du corps.
Exemple résolu 3 : interpréter une observation
Après un accident vasculaire cérébral touchant l'aire motrice de l'hémisphère gauche, un patient ne peut plus bouger volontairement la main droite, mais son réflexe de retrait de cette main est conservé. Explique.
Voir la solution
Le mouvement volontaire de la main droite est commandé par l'aire motrice gauche (croisement des voies) : elle est lésée, il est perdu. Le réflexe de retrait n'a besoin que de la moelle épinière comme centre nerveux, qui est intacte : il persiste.
Lequel de ces comportements est un réflexe conditionné ?
Récapitulatif
- Le système nerveux comprend un SNC (encéphale, moelle épinière) et des nerfs ; le neurone en est l'unité.
- Un réflexe inné suit un arc réflexe : récepteur, neurone sensitif, centre nerveux, neurone moteur, effecteur.
- Le message nerveux est une suite de potentiels d'action (tout ou rien) codée en fréquence.
- À la synapse, le message devient chimique (neurotransmetteur) et est codé en concentration ; le neurone intègre PPSE et PPSI.
- Réflexes conditionnés et mouvements volontaires font intervenir le cortex cérébral.
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