Le système nerveux et le comportement

TleSVTLa Fonction de relationLe système nerveux et le comportement~10 min de lecture

Le système nerveux et le comportement

SVT, classe de Terminale, thème : La fonction de relation

Nos comportements, du réflexe le plus rapide au geste volontaire, reposent sur des messages nerveux électriques qui circulent dans les neurones et passent d'une cellule à l'autre grâce à des messagers chimiques au niveau des synapses.

Objectifs

  • Décrire l'organisation du système nerveux et la structure d'un neurone.
  • Identifier les éléments d'un arc réflexe et expliquer un réflexe inné.
  • Expliquer la nature du message nerveux : potentiel de repos, potentiel d'action, codage.
  • Comprendre la transmission synaptique et l'intégration par le neurone.
  • Distinguer réflexe inné, réflexe conditionné et mouvement volontaire.

1. Organisation du système nerveux

  • Le système nerveux central (SNC) : l'encéphale (cerveau, cervelet, tronc cérébral), protégé par la boîte crânienne, et la moelle épinière, protégée par la colonne vertébrale.
  • Le système nerveux périphérique : les nerfs crâniens et rachidiens qui relient le SNC aux organes des sens, aux muscles et aux glandes.

Un nerf rachidien est relié à la moelle épinière par deux racines : la racine dorsale (porte un ganglion spinal) est sensitive, la racine ventrale est motrice. C'est ce qu'ont montré les expériences de section et de stimulation des racines (expériences de Magendie, XIXe siècle).

Le neurone, unité du système nerveux

Le neurone est une cellule spécialisée : un corps cellulaire contenant le noyau, des dendrites courtes et ramifiées qui reçoivent les messages, un axone qui les conduit, souvent entouré d'une gaine de myéline, et des terminaisons axonales qui transmettent le message à la cellule suivante. La substance grise contient surtout des corps cellulaires ; la substance blanche, surtout des fibres myélinisées.

À toi : place les noms des parties du neurone sur le schéma.

Schéma d'un neurone myélinisé sans légende

On sectionne la racine dorsale d'un nerf rachidien chez un animal. Que constate-t-on dans le territoire de ce nerf ?

  1. Une paralysie mais une sensibilité conservée
  2. Une perte de sensibilité mais une motricité conservée
  3. Aucune modification
La racine dorsale contient les fibres sensitives : les messages venant de la peau n'arrivent plus à la moelle. Les fibres motrices passent par la racine ventrale, intacte.

2. Le réflexe inné et l'arc réflexe

Un réflexe est une réponse involontaire, rapide et stéréotypée à une stimulation. Un réflexe inné existe dès la naissance chez tous les individus de l'espèce (réflexe de retrait, réflexe myotatique déclenché par le choc du marteau sous le genou, réflexe pupillaire).

Le trajet suivi par le message nerveux s'appelle l'arc réflexe. Découvre-le étape par étape :

Arc réflexe de retrait de la main : récepteur, neurone sensitif, moelle épinière, neurone moteur, muscle moelle épinière récepteur (peau) neurone sensitif centre nerveux neurone moteur muscle (effecteur)

Le récepteur sensoriel de la peau est stimulé par la chaleur et fait naître un message nerveux.

Le neurone sensitif conduit ce message vers la moelle épinière par la racine dorsale.

La moelle épinière, centre nerveux du réflexe, reçoit le message et le transmet grâce à des synapses.

Le neurone moteur (motoneurone) part par la racine ventrale et conduit un message moteur.

Le muscle effecteur se contracte : la main se retire. Le cerveau n'est informé qu'ensuite, d'où la douleur ressentie après le geste.

Chez une grenouille dont on a détruit la moelle épinière, on pince la patte : il n'y a plus de réflexe de retrait. Pourquoi ?

  1. Le récepteur de la peau a été détruit
  2. Le muscle ne peut plus se contracter
  3. Le centre nerveux du réflexe a été détruit
La moelle épinière est le centre nerveux du réflexe : sans elle, le message sensitif n'est plus transmis au neurone moteur.

3. La nature du message nerveux

Avec deux électrodes, l'une à la surface, l'autre à l'intérieur de l'axone, on mesure une différence de potentiel :

  • Au repos, l'intérieur est négatif par rapport à l'extérieur : c'est le potentiel de repos, de l'ordre de \( -70 \text{ mV} \). Il est dû à une répartition inégale des ions \( \ce{Na+} \) (plus nombreux dehors) et \( \ce{K+} \) (plus nombreux dedans), entretenue par la pompe \( \ce{Na+}/\ce{K+} \).
  • Stimulé au-delà d'un seuil, la membrane s'inverse brièvement (environ 1 à 2 ms) : c'est le potentiel d'action. Dépolarisation (entrée de \( \ce{Na+} \)), puis repolarisation (sortie de \( \ce{K+} \)), puis retour au repos.

Le potentiel d'action obéit à la loi du tout ou rien : en dessous du seuil, pas de potentiel d'action ; au-dessus, son amplitude est toujours la même. L'intensité de la stimulation est donc codée par la fréquence des potentiels d'action, pas par leur amplitude.

flowchart LR
A[Potentiel de repos] -->|stimulation au dessus du seuil| B[Dépolarisation entrée de sodium]
B --> C[Repolarisation sortie de potassium]
C --> D[Hyperpolarisation]
D --> A

La vitesse de propagation est plus grande dans les fibres myélinisées (conduction « saltatoire » de nœud de Ranvier en nœud de Ranvier) et dans les fibres de grand diamètre.

Exemple résolu 1 : calculer une vitesse de conduction

On stimule un nerf et on enregistre le potentiel d'action en deux points distants de \( d = 4{,}0 \text{ cm} \). Il arrive au second point \( \Delta t = 0{,}80 \text{ ms} \) après le premier. Calcule la vitesse de conduction. Cherche d'abord.

On convertit en unités du Système international : \( d = 0{,}040 \text{ m} \) et \( \Delta t = 0{,}80 \times 10^{-3} \text{ s} \).
\[ v = \frac{d}{\Delta t} = \frac{0{,}040}{0{,}80 \times 10^{-3}} = 50 \text{ m/s} \]
Une vitesse aussi élevée indique une fibre myélinisée.

On augmente l'intensité de la stimulation d'une fibre nerveuse isolée au-dessus du seuil. Qu'observe-t-on ?

  1. La fréquence des potentiels d'action augmente, leur amplitude reste la même
  2. L'amplitude des potentiels d'action augmente
  3. Le potentiel de repos devient positif
Loi du tout ou rien : l'amplitude d'un potentiel d'action est fixe pour une fibre. Le message est codé en fréquence.

4. La synapse et l'intégration du message

Une synapse est la zone de contact entre un neurone et une autre cellule (neurone, fibre musculaire). La transmission se fait en plusieurs temps :

Le potentiel d'action arrive à la terminaison du neurone présynaptique et provoque l'entrée d'ions \( \ce{Ca^2+} \).
Les vésicules libèrent un neurotransmetteur (par exemple l'acétylcholine à la jonction neuromusculaire) dans la fente synaptique par exocytose.
Le neurotransmetteur se fixe sur des récepteurs spécifiques de la membrane postsynaptique.
Cela modifie le potentiel postsynaptique : excitation (PPSE, dépolarisation) ou inhibition (PPSI, hyperpolarisation).
Le neurotransmetteur est ensuite dégradé par une enzyme (l'acétylcholinestérase pour l'acétylcholine) ou recapté : le message s'arrête.

La transmission est donc chimique et unidirectionnelle (du présynaptique vers le postsynaptique). Elle entraîne un court délai synaptique. Le message postsynaptique est codé en concentration de neurotransmetteur.

Un neurone reçoit des milliers de synapses, excitatrices ou inhibitrices. Il fait la « somme » des PPSE et des PPSI (sommation spatiale : plusieurs synapses en même temps ; temporelle : une même synapse sollicitée rapidement). Si la somme atteint le seuil au niveau du segment initial de l'axone, il émet des potentiels d'action : c'est l'intégration.

Exemple résolu 2 : analyser une expérience

On applique sur une jonction neuromusculaire un produit qui bloque l'acétylcholinestérase. Que se passe-t-il pour le muscle ? Cherche d'abord.

Voir la solution

L'acétylcholine n'est plus dégradée : elle reste fixée sur ses récepteurs. La membrane du muscle reste stimulée, le muscle se contracte de façon prolongée (contractures, puis paralysie). Cela montre que l'élimination du neurotransmetteur est indispensable pour arrêter le message.

Pourquoi le message nerveux ne traverse-t-il une synapse que dans un seul sens ?

  1. Parce que l'axone est entouré de myéline
  2. Parce que les vésicules sont dans l'élément présynaptique et les récepteurs sur l'élément postsynaptique
  3. Parce que le potentiel d'action change d'amplitude
Seul l'élément présynaptique libère le neurotransmetteur, et seul l'élément postsynaptique possède les récepteurs.

5. Du réflexe au comportement volontaire

  • Réflexe conditionné : acquis par apprentissage. Pavlov a montré qu'un chien associe un stimulus neutre (un son) à un stimulus absolu (la nourriture qui fait saliver). Après plusieurs associations, le son seul déclenche la salivation. Ce réflexe fait intervenir le cortex cérébral ; il s'éteint s'il n'est plus renforcé.
  • Mouvement volontaire : décidé et contrôlé consciemment. Il naît dans l'aire motrice du cortex cérébral ; le message descend par la moelle épinière jusqu'aux motoneurones. Les voies motrices se croisent : l'hémisphère gauche commande la moitié droite du corps.

Exemple résolu 3 : interpréter une observation

Après un accident vasculaire cérébral touchant l'aire motrice de l'hémisphère gauche, un patient ne peut plus bouger volontairement la main droite, mais son réflexe de retrait de cette main est conservé. Explique.

Voir la solution

Le mouvement volontaire de la main droite est commandé par l'aire motrice gauche (croisement des voies) : elle est lésée, il est perdu. Le réflexe de retrait n'a besoin que de la moelle épinière comme centre nerveux, qui est intacte : il persiste.

Lequel de ces comportements est un réflexe conditionné ?

  1. Retirer la main d'une flamme
  2. Cligner des yeux quand une poussière approche
  3. Saliver en entendant le bruit de la friture de l'alloco
Le bruit de la friture n'est pas un stimulus naturel de la salivation : son effet a été appris par association avec le goût de l'alloco.

Récapitulatif

  • Le système nerveux comprend un SNC (encéphale, moelle épinière) et des nerfs ; le neurone en est l'unité.
  • Un réflexe inné suit un arc réflexe : récepteur, neurone sensitif, centre nerveux, neurone moteur, effecteur.
  • Le message nerveux est une suite de potentiels d'action (tout ou rien) codée en fréquence.
  • À la synapse, le message devient chimique (neurotransmetteur) et est codé en concentration ; le neurone intègre PPSE et PPSI.
  • Réflexes conditionnés et mouvements volontaires font intervenir le cortex cérébral.
Arc réflexe
Récepteur, neurone sensitif, centre nerveux, neurone moteur, effecteur.
Potentiel de repos
Différence de potentiel de l'ordre de -70 mV, intérieur négatif, entretenue par la pompe Na+/K+.
Potentiel d'action
Inversion brève de la polarité de la membrane, selon la loi du tout ou rien.
Synapse chimique
Zone de contact où un neurotransmetteur libéré transmet le message dans un seul sens.
Intégration
Sommation spatiale et temporelle des PPSE et PPSI par le neurone postsynaptique.
Réflexe conditionné
Réflexe acquis par association d'un stimulus neutre à un stimulus absolu (Pavlov).

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