Les cycles économiques
Les cycles économiques
L'activité économique d'un pays ne monte pas en ligne droite : elle alterne des périodes de croissance, de ralentissement ou de crise, puis de reprise, autour d'une tendance de long terme.
Objectifs
- Comprendre ce qu'est la croissance économique et comment on la mesure avec le PIB.
- Connaître les phases d'un cycle : expansion, pic, récession, creux, reprise.
- Expliquer les causes des cycles et leurs effets sur l'emploi, les prix et la vie quotidienne.
- Connaître les principaux outils des pouvoirs publics pour atténuer les cycles.
- Reconnaître quelques grandes crises de l'histoire économique.
1. Mesurer l'activité : le PIB et la croissance
Pour suivre l'activité d'un pays, les économistes utilisent le produit intérieur brut (PIB) : la valeur de tous les biens et services produits sur le territoire pendant une période (un trimestre ou une année).
La croissance économique est l'augmentation du PIB d'une période à l'autre. On la mesure par un taux, en pourcentage :
\[\text{taux de croissance} = \frac{\text{PIB}_{n} - \text{PIB}_{n-1}}{\text{PIB}_{n-1}} \times 100\]Si ce taux est positif, l'économie produit plus qu'avant ; s'il est négatif, l'activité recule.
Exemple résolu
Dans un pays imaginaire, le PIB vaut \(10\,000\) milliards de F CFA en 2022, \(10\,600\) milliards en 2023 et \(10\,388\) milliards en 2024. Calcule le taux de croissance en 2023 puis en 2024.
Le PIB d'un pays passe de \(8\,000\) à \(8\,400\) milliards de F CFA. Quel est le taux de croissance ?
2. Les phases d'un cycle économique
Un cycle économique est la succession de phases de hausse et de baisse de l'activité autour d'une tendance de long terme (la croissance moyenne sur de nombreuses années).
Expansion : la production, les ventes, l'emploi et les revenus augmentent ; les entreprises investissent et embauchent.
Pic (ou sommet) : l'activité atteint son point le plus haut ; souvent, les prix montent vite et les entreprises ont du mal à produire davantage.
Récession (contraction) : l'activité ralentit puis recule ; les ventes baissent, les entreprises réduisent leurs achats et certaines licencient.
Creux puis reprise : l'activité touche son point le plus bas, puis repart à la hausse ; un nouveau cycle commence.
- Une récession désigne un recul de l'activité. Une convention souvent utilisée parle de récession lorsque le PIB baisse pendant au moins deux trimestres consécutifs.
- Une dépression est une récession très profonde et très longue.
- Une crise est le moment de retournement brutal, souvent au passage du pic à la récession.
Quelle phase suit immédiatement le creux d'un cycle ?
3. Pourquoi l'économie connaît-elle des cycles ?
Les cycles s'expliquent par plusieurs mécanismes qui se renforcent :
- La demande : quand les ménages et les entreprises dépensent plus, la production augmente ; quand ils dépensent moins, elle baisse.
- L'investissement et le crédit : en période d'optimisme, on emprunte et on investit beaucoup, parfois trop ; quand la confiance se retourne, les investissements s'arrêtent et les dettes deviennent difficiles à rembourser.
- Les innovations : une nouvelle technologie (électricité, automobile, téléphone mobile, internet) peut porter une longue période d'expansion.
- Les chocs extérieurs : variation brutale du prix du pétrole ou des matières premières, sécheresse qui réduit les récoltes, pandémie… Pour les pays d'Afrique de l'Ouest qui exportent du cacao, du coton, de l'or ou du pétrole, la variation des cours mondiaux de ces produits pèse fortement sur l'activité.
Le mécanisme de la récession peut s'auto-entretenir, comme un cercle vicieux :
flowchart LR A[Baisse des achats] --> B[Baisse des ventes] B --> C[Moins de production et licenciements] C --> D[Baisse des revenus des ménages] D --> A
En phase d'expansion, le même cercle fonctionne dans l'autre sens : plus d'achats, plus de production, plus d'emplois, plus de revenus.
Une forte baisse du prix mondial du cacao peut provoquer un ralentissement dans un pays producteur parce que…
4. Les effets des cycles sur la société
- Emploi : en expansion, les entreprises embauchent et le chômage tend à baisser ; en récession, il tend à augmenter.
- Prix : en forte expansion, la demande pousse souvent les prix à la hausse (inflation) ; en récession, la hausse des prix ralentit, et les prix peuvent même baisser.
- Revenus et pauvreté : une récession réduit les revenus de nombreuses familles, en particulier celles qui vivent de petits métiers ou de l'économie informelle.
- Finances publiques : quand l'activité baisse, l'État perçoit moins d'impôts et de taxes, alors que les besoins de la population augmentent.
Les grandes crises de l'histoire
- 1929Krach de la Bourse de New York, suivi de la Grande Dépression des années 1930, qui touche le monde entier.
- 1973Premier choc pétrolier : le prix du pétrole augmente brutalement et freine la croissance de nombreux pays importateurs.
- 2008Crise financière partie des États-Unis (crédits immobiliers à risque), suivie d'une récession mondiale en 2009.
- 2020Récession mondiale provoquée par la pandémie de Covid-19 et les mesures de confinement.
En période de récession, que se passe-t-il le plus souvent pour l'emploi ?
5. Atténuer les cycles : les politiques économiques
Une politique est dite contracyclique lorsqu'elle va dans le sens inverse du cycle : soutenir l'activité en récession, la freiner quand elle s'emballe.
- La politique budgétaire (menée par l'État) : en récession, l'État peut augmenter ses dépenses (routes, écoles, aides) ou baisser certains impôts pour relancer la demande ; en surchauffe, il peut faire l'inverse.
- La politique monétaire (menée par la banque centrale) : en baissant ses taux d'intérêt, la banque centrale rend le crédit moins cher et encourage l'investissement ; en les relevant, elle freine le crédit et lutte contre l'inflation. Pour les pays de l'UEMOA, c'est la BCEAO (Banque centrale des États de l'Afrique de l'Ouest) qui conduit la politique monétaire.
Cas pratique
Le pays imaginaire de l'exemple résolu est en récession en 2024 (\(-2\ \%\)). Propose une mesure de politique budgétaire et une mesure de politique monétaire pour soutenir l'activité, et explique leur effet attendu.
Voir une réponse possible
Politique budgétaire : l'État lance des travaux de construction de routes ou d'écoles. Les entreprises du bâtiment embauchent, les ouvriers dépensent leurs salaires au marché, ce qui relance la demande.
Politique monétaire : la banque centrale baisse ses taux d'intérêt. Les banques prêtent à un coût plus faible ; une commerçante peut emprunter pour agrandir sa boutique, une entreprise pour acheter des machines. L'investissement repart.
En pleine récession, quelle mesure est contracyclique ?
Teste-toi : légende le cycle
Place chaque nom au bon endroit de la courbe : le point le plus haut, la descente, le point le plus bas, la remontée et la ligne de tendance en pointillés.
Erreurs fréquentes
- Confondre ralentissement (croissance plus faible mais positive) et récession (activité qui recule).
- Croire que les cycles sont parfaitement réguliers et prévisibles : leur durée et leur ampleur varient beaucoup.
- Diviser par le mauvais PIB dans le calcul du taux de croissance : on divise toujours par le PIB de l'année de départ.
- Penser qu'une politique économique peut supprimer toute crise : elle peut seulement en atténuer les effets.
Récapitulatif
L'activité économique, mesurée par le PIB, progresse en suivant une tendance de long terme mais en alternant expansion, pic, récession, creux et reprise. Ces cycles viennent des variations de la demande, de l'investissement et du crédit, des innovations et des chocs extérieurs ; ils touchent l'emploi, les prix, les revenus et les finances publiques. Les politiques budgétaire et monétaire, menées de façon contracyclique, cherchent à en atténuer les effets. Le taux de croissance se calcule par \(\frac{\text{PIB}_{n} - \text{PIB}_{n-1}}{\text{PIB}_{n-1}} \times 100\).
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