Les principales écoles de pensée
Les principales écoles de pensée en psychologie
La psychologie étudie le comportement et le fonctionnement de l'esprit, et chaque grande école de pensée (psychanalyse, béhaviorisme, Gestalt, humanisme, cognitivisme…) éclaire une facette différente de l'être humain, comme plusieurs photographes qui prennent le même baobab sous des angles différents.
Objectifs
- Définir la psychologie et comprendre pourquoi il existe plusieurs écoles de pensée.
- Situer les grandes écoles dans le temps et connaître quelques fondateurs.
- Expliquer l'idée centrale de la psychanalyse, du béhaviorisme, de la Gestalt, de l'humanisme et du cognitivisme.
- Reconnaître comment chaque école expliquerait une même situation de la vie courante.
1. Qu'est-ce que la psychologie ?
Notions clés
- La psychologie est l'étude scientifique du comportement (ce qu'on fait, ce qu'on voit de l'extérieur) et des processus mentaux (pensées, émotions, mémoire, perception).
- Une école de pensée est un groupe de chercheurs qui partagent une même idée de départ et une même méthode pour étudier l'esprit.
- Les écoles se sont souvent construites en réaction les unes aux autres : chacune corrige ce qu'elle juge oublié par la précédente.
- 1879Wilhelm Wundt ouvre à Leipzig (Allemagne) un laboratoire de psychologie expérimentale : on date souvent de là la naissance de la psychologie scientifique.
- 1890William James publie Les Principes de psychologie aux États-Unis : naissance du fonctionnalisme.
- 1900Sigmund Freud publie L'Interprétation du rêve à Vienne : la psychanalyse prend son essor.
- 1912Max Wertheimer publie ses travaux sur la perception du mouvement : début de la psychologie de la Gestalt.
- 1913John B. Watson publie le texte fondateur du béhaviorisme.
- Années 1950Abraham Maslow et Carl Rogers développent la psychologie humaniste.
- 1967Ulric Neisser publie Cognitive Psychology, qui donne son nom au cognitivisme.
Que désigne le mot « comportement » en psychologie ?
2. Les débuts : structuralisme et fonctionnalisme
- Le structuralisme (Wundt, puis son élève Edward Titchener) cherche à décomposer la conscience en éléments simples (sensations, sentiments) grâce à l'introspection : la personne décrit elle-même ce qu'elle ressent.
- Le fonctionnalisme (William James) se demande plutôt à quoi sert l'esprit : comment il nous aide à nous adapter à notre environnement.
Quelle question est typique du fonctionnalisme ?
3. La psychanalyse : l'inconscient
Fondée par Sigmund Freud, médecin autrichien, la psychanalyse repose sur quelques idées :
- Une grande partie de notre vie mentale est inconsciente, comme la partie d'un iceberg cachée sous l'eau.
- Le psychisme serait organisé en trois instances : le ça (les pulsions, les envies), le surmoi (les interdits et la morale intériorisés) et le moi, qui cherche un compromis entre les deux et la réalité.
- Les rêves, les lapsus et certains symptômes seraient des expressions de cet inconscient.
- Méthode : la cure par la parole (association libre), où le patient dit ce qui lui vient à l'esprit.
Dans la théorie de Freud, quelle instance cherche un compromis entre les envies et les interdits ?
4. Le béhaviorisme : apprendre par conditionnement
Pour John B. Watson, la psychologie doit étudier seulement ce qui s'observe : le comportement, en réponse à des stimulations de l'environnement. On parle de béhaviorisme (de l'anglais behavior, comportement).
Le conditionnement classique (Pavlov)
Le physiologiste russe Ivan Pavlov a montré qu'un chien peut apprendre à saliver en entendant un son. Dévoile les étapes :
Au départ, la nourriture fait saliver le chien : c'est un réflexe, il n'a rien appris.
On fait entendre un son juste avant de donner la nourriture, plusieurs fois de suite : le chien associe le son et le repas.
Le son seul, sans nourriture, suffit maintenant à faire saliver : le chien a été conditionné.
Le conditionnement opérant (Skinner)
Pour B. F. Skinner, un comportement suivi d'une conséquence agréable (un renforcement) a tendance à se répéter ; un comportement suivi d'une conséquence désagréable a tendance à diminuer.
Saïd range sa chambre et sa mère le félicite ; depuis, il la range plus souvent. De quoi s'agit-il ?
5. La Gestalt : percevoir des formes globales
La psychologie de la Gestalt (mot allemand qui signifie « forme »), avec Max Wertheimer, Wolfgang Köhler et Kurt Koffka, affirme que le tout est différent de la somme de ses parties : nous percevons des ensembles organisés. Nous regroupons par exemple ce qui est proche, ce qui se ressemble, et nous complétons une forme incomplète (un cercle presque fermé est vu comme un cercle).
Des élèves en rang de deux, vus de loin, apparaissent comme des « paires ». Quel principe de la Gestalt est en jeu ?
6. L'humanisme et le cognitivisme
La psychologie humaniste
- Avec Abraham Maslow et Carl Rogers, elle met l'accent sur la liberté, la valeur de chaque personne et son désir de se développer pleinement.
- Maslow décrit une hiérarchie des besoins, souvent dessinée en pyramide : besoins physiologiques (manger, dormir), sécurité, appartenance, estime, puis accomplissement de soi.
- Rogers insiste sur l'écoute bienveillante et l'empathie dans l'accompagnement des personnes.
Le cognitivisme
- Il étudie les processus mentaux internes : attention, perception, mémoire, langage, raisonnement, résolution de problèmes.
- Il compare souvent l'esprit à un système qui traite l'information : entrée, traitement, stockage, sortie.
- Les travaux de Jean Piaget sur le développement de l'intelligence chez l'enfant ont beaucoup compté pour la psychologie cognitive et l'éducation.
flowchart LR A[Information recue] --> B[Attention] B --> C[Traitement] C --> D[Memoire] D --> E[Reponse ou action]
Une chercheuse étudie comment les élèves retiennent une liste de mots selon qu'ils l'ont lue ou récitée. De quelle école son travail relève-t-il le plus ?
7. Une même situation, plusieurs regards
Exemple résolu
Adama, élève de Première à Abidjan, a très peur de parler devant la classe. Avant d'ouvrir la solution, essaie de dire comment chaque école pourrait expliquer cette peur.
Voir la solution
- Psychanalyse : cette peur pourrait être liée à des expériences anciennes ou à des conflits inconscients, que l'on chercherait à comprendre en en parlant.
- Béhaviorisme : Adama a peut-être associé la prise de parole à une moquerie passée (conditionnement) ; on l'aiderait par de petites prises de parole progressives, récompensées.
- Cognitivisme : ce sont ses pensées (« je vais forcément me tromper ») qui alimentent la peur ; on l'aiderait à les repérer et à les remplacer par des pensées plus réalistes.
- Humanisme : Adama a besoin d'un climat d'écoute et d'estime pour prendre confiance et se développer.
Aucune explication n'exclut les autres : chacune éclaire une partie du problème, comme les photographes du baobab.
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