Littérature française du XIVe au XVIIe siècle

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Littérature française du XIVe au XVIIe siècle

En quatre siècles, la littérature française passe des poètes et des farces de la fin du Moyen Âge à l'humanisme de la Renaissance, puis au classicisme du XVIIe siècle, avec Molière, Racine, Corneille et La Fontaine.

Objectifs

  • Situer dans le temps trois grandes périodes : la fin du Moyen Âge, la Renaissance (XVIe siècle) et le XVIIe siècle classique.
  • Associer les principaux auteurs à leurs œuvres et à leur mouvement.
  • Reconnaître quelques caractéristiques : ballade, humanisme, Pléiade, règle des trois unités, fable.
  • Compter les syllabes d'un alexandrin et repérer la morale d'une fable.
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A[XIVe et XVe siecles Fin du Moyen Age] --> B[XVIe siecle Renaissance et humanisme]
B --> C[Debut XVIIe Baroque]
C --> D[XVIIe Classicisme]

1. La fin du Moyen Âge (XIVe et XVe siècles)

La langue est le moyen français, ancêtre du français moderne. Les poètes aiment les formes fixes : la ballade (trois strophes et un envoi, avec un refrain) et le rondeau.

  • Christine de Pizan (vers 1364 – vers 1430) : l'une des premières femmes en Europe à vivre de sa plume ; dans La Cité des dames, elle défend la dignité et l'intelligence des femmes.
  • Charles d'Orléans (1394 – 1465) : prince poète, auteur de rondeaux comme « Le temps a laissé son manteau ».
  • François Villon (né en 1431) : poète à la vie agitée, auteur du Testament et de la Ballade des pendus, où il parle de la mort et demande la pitié des vivants.
  • Le théâtre comique : les farces, courtes pièces pour faire rire, comme La Farce de maître Pathelin (vers 1460), où un avocat rusé se fait lui-même duper par un berger.

Qui a écrit la Ballade des pendus ?

  1. Pierre de Ronsard
  2. François Villon
  3. Jean Racine
François Villon, poète du XVe siècle. Ronsard appartient au XVIe siècle et Racine au XVIIe.

2. La Renaissance et l'humanisme (XVIe siècle)

L'humanisme est un mouvement d'idées qui place l'être humain au centre : on redécouvre les auteurs grecs et latins, on croit au pouvoir de l'éducation et de la connaissance. En 1539, l'ordonnance de Villers-Cotterêts impose le français (et non plus le latin) dans les actes officiels du royaume.

  • François Rabelais : Pantagruel (1532) et Gargantua (1534), histoires de géants pleines d'humour, qui présentent aussi un idéal d'éducation complète (corps et esprit).
  • La Pléiade : un groupe de sept poètes qui veut enrichir la langue française. Joachim du Bellay publie son manifeste, Défense et illustration de la langue française (1549), et les Regrets (« Heureux qui, comme Ulysse, a fait un beau voyage »). Pierre de Ronsard chante l'amour et le temps qui passe (« Mignonne, allons voir si la rose », années 1550).
  • Louise Labé : poétesse lyonnaise, autrice de sonnets amoureux.
  • Michel de Montaigne : les Essais (1580), où il s'observe lui-même pour comprendre l'être humain : « Je suis moi-même la matière de mon livre ».

Exemple résolu 1 : reconnaître le thème d'un poème

Dans l'ode de Ronsard « Mignonne, allons voir si la rose », le poète montre une rose belle le matin et fanée le soir, puis conseille à la jeune femme de profiter de sa jeunesse. Quel est le thème ? Cherche d'abord.

Voir la solution

C'est le thème du temps qui passe et de la beauté éphémère, avec l'invitation à profiter du moment présent (en latin carpe diem, « cueille le jour »). La rose est une image (une métaphore) de la jeunesse.

Que met d'abord en avant l'humanisme ?

  1. Le retour aux formes fixes du Moyen Âge
  2. Le refus des auteurs anciens
  3. L'être humain, l'éducation et la redécouverte des textes grecs et latins
Les humanistes comme Rabelais ou Montaigne placent l'être humain au centre et s'appuient sur les auteurs de l'Antiquité.

3. Le XVIIe siècle : du baroque au classicisme

Au début du siècle, l'esthétique baroque aime le mouvement, l'illusion et le changement. Puis s'impose le classicisme, qui recherche l'ordre, la clarté et la mesure. En 1635 est fondée l'Académie française, chargée de fixer la langue et de rédiger un dictionnaire. Le but des classiques : plaire et instruire.

Le théâtre

  • La règle des trois unités en tragédie : une seule action, en un seul lieu, en une seule journée. Boileau la résume dans L'Art poétique (1674) : « Qu'en un lieu, qu'en un jour, un seul fait accompli / Tienne jusqu'à la fin le théâtre rempli. »
  • Pierre Corneille : Le Cid (1637), où le héros doit choisir entre son amour et son honneur.
  • Jean Racine : tragédies de la passion, comme Andromaque (1667) et Phèdre (1677).
  • Molière (1622 – 1673) : comédies qui font rire des défauts humains, comme L'Avare (1668), Le Misanthrope (1666) ou Le Bourgeois gentilhomme (1670).

La poésie, la fable, la prose

  • Jean de La Fontaine : les Fables (premier recueil en 1668), petites histoires d'animaux avec une morale, comme Le Loup et l'Agneau ou Le Corbeau et le Renard.
  • Nicolas Boileau : L'Art poétique, qui fixe les règles du bon goût : « Ce que l'on conçoit bien s'énonce clairement ».
  • René Descartes : le Discours de la méthode (1637), écrit en français pour être lu par le plus grand nombre.
  • Madame de La Fayette : La Princesse de Clèves (1678), souvent considéré comme l'un des premiers romans psychologiques.
  • Charles Perrault : les Contes (1697), avec Le Petit Chaperon rouge et Cendrillon.

Exemple résolu 2 : compter les syllabes d'un alexandrin

L'alexandrin est le vers de 12 syllabes, préféré du théâtre classique. Vérifions-le sur ce vers du Cid de Corneille : « À vaincre sans péril, on triomphe sans gloire. »

Étape 1 : on découpe en syllabes prononcées : À / vain / cre / sans / pé / ril — soit 6 syllabes. Le « e » de « vaincre » se prononce, car il est suivi d'une consonne.
Étape 2 : seconde moitié : on / tri / om / phe / sans / gloi(re) — encore 6 syllabes. Le « e » final de « gloire », en fin de vers, ne compte pas.
Étape 3 : total : \(6 + 6 = 12\) syllabes : c'est bien un alexandrin, coupé en deux moitiés égales (les hémistiches) par une pause, la césure, après « péril ».

Exemple résolu 3 : trouver la morale d'une fable

Dans Le Loup et l'Agneau, le loup accuse l'agneau de fautes impossibles, puis le mange « sans autre forme de procès ». La Fontaine place la morale dès le premier vers. Retrouve-la avant d'ouvrir.

Voir la solution

« La raison du plus fort est toujours la meilleure. » La Fontaine ne dit pas que c'est juste : il constate, avec ironie, que le plus fort impose souvent sa loi. C'est ainsi qu'il « instruit » en faisant réfléchir.

Que dit la règle des trois unités ?

  1. Une seule action, en un seul lieu, en une seule journée
  2. Trois actes, trois personnages, trois décors
  3. Trois auteurs pour une même pièce
Unité d'action, de lieu et de temps : c'est la règle de la tragédie classique, résumée par Boileau.

Qui a écrit L'Avare ?

  1. Jean Racine
  2. Pierre Corneille
  3. Molière
Molière, en 1668 : la comédie d'Harpagon, un homme obsédé par son argent.

4. La frise des œuvres

  1. vers 1405Christine de Pizan, La Cité des dames.
  2. vers 1460La Farce de maître Pathelin ; poèmes de Villon.
  3. 1532Rabelais, Pantagruel.
  4. 1549Du Bellay, Défense et illustration de la langue française.
  5. 1580Montaigne, premiers livres des Essais.
  6. 1635Fondation de l'Académie française.
  7. 1637Corneille, Le Cid ; Descartes, Discours de la méthode.
  8. 1668La Fontaine, premier recueil des Fables ; Molière, L'Avare.
  9. 1677Racine, Phèdre.
  10. 1697Perrault, Contes.

Dans quel ordre ces œuvres ont-elles paru ?

  1. Le Cid, puis Pantagruel, puis Phèdre
  2. Pantagruel, puis Le Cid, puis Phèdre
  3. Phèdre, puis Le Cid, puis Pantagruel
Pantagruel date de 1532, Le Cid de 1637 et Phèdre de 1677.

Erreurs fréquentes

  • Placer Ronsard ou Rabelais au XVIIe siècle : ils sont du XVIe siècle (Renaissance).
  • Confondre humanisme (XVIe siècle, l'homme et le savoir) et classicisme (XVIIe siècle, ordre et règles).
  • Compter le « e » final d'un vers comme une syllabe.
  • Attribuer les Contes de Perrault aux frères Grimm (ceux-ci sont allemands et du XIXe siècle).

Récapitulatif

  • XIVe–XVe siècles : poésie à formes fixes (Christine de Pizan, Charles d'Orléans, Villon) et farces.
  • XVIe siècle : imprimerie, humanisme (Rabelais, Montaigne), Pléiade (Du Bellay, Ronsard), le français s'impose dans les actes officiels.
  • XVIIe siècle : baroque puis classicisme ; règle des trois unités ; Corneille, Racine, Molière, La Fontaine, Boileau, Madame de La Fayette, Perrault.
  • Le but classique : plaire et instruire, avec clarté.
Humanisme
Mouvement du XVIe siècle qui place l'être humain, l'éducation et les textes antiques au centre (Rabelais, Montaigne).
La Pléiade
Groupe de sept poètes du XVIe siècle (Ronsard, Du Bellay) qui veut enrichir la langue française.
Classicisme
Esthétique du XVIIe siècle : ordre, clarté, mesure ; plaire et instruire.
Règle des trois unités
Une action, un lieu, une journée : règle de la tragédie classique.
Alexandrin
Vers de 12 syllabes, coupé en deux hémistiches de 6 par la césure.
Fable
Court récit, souvent avec des animaux, qui illustre une morale (La Fontaine, 1668).

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