Modèle du gaz parfait
Modèle du gaz parfait
Un gaz, c'est une foule de minuscules billes qui foncent dans tous les sens et cognent les parois : en les comptant, on relie pression, volume et température par une seule loi, \(PV = nRT\).
Objectifs
- Décrire un gaz à l'échelle microscopique (molécules en mouvement désordonné) et à l'échelle macroscopique (pression, volume, température, quantité de matière).
- Expliquer la pression par les chocs des molécules et la température par leur agitation.
- Connaître et utiliser l'équation d'état du gaz parfait \(PV = nRT\) avec les bonnes unités.
- Savoir quand le modèle est valable et quand il ne l'est plus.
1. Deux regards sur un même gaz
L'échelle microscopique
Un gaz est formé d'un nombre immense de molécules (par exemple \(\ce{N2}\) et \(\ce{O2}\) dans l'air). Elles sont très éloignées les unes des autres, se déplacent en ligne droite à grande vitesse, dans toutes les directions, et changent de direction quand elles se cognent entre elles ou contre les parois. Ce mouvement permanent et désordonné s'appelle l'agitation thermique.
L'échelle macroscopique
À notre échelle, on ne suit pas chaque molécule. On décrit le gaz par quatre grandeurs mesurables, appelées variables d'état :
- la pression \(P\), en pascal (Pa) ;
- le volume \(V\), en mètre cube (\(\text{m}^3\)) ;
- la température absolue \(T\), en kelvin (K) ;
- la quantité de matière \(n\), en mole (mol).
Le lien entre les deux échelles
La pression vient des chocs des molécules sur les parois : chaque choc pousse un tout petit peu la paroi ; des milliards de chocs par seconde donnent une force pressante \(F\) répartie sur la surface \(S\) :
\[ P = \frac{F}{S} \]La température mesure l'agitation : plus les molécules vont vite en moyenne, plus la température absolue est élevée. À \(T = 0\ \text{K}\) (le zéro absolu), l'agitation serait minimale : c'est pourquoi aucune température ne peut descendre en dessous.
\[ T\ (\text{K}) = \theta\ (^\circ\text{C}) + 273{,}15 \]Les molécules sont minuscules et très éloignées les unes des autres : le gaz est presque vide.
Chacune file en ligne droite dans une direction au hasard : c'est l'agitation thermique, d'autant plus vive que la température est élevée.
En cognant la paroi, elles exercent une force pressante F : rapportée à la surface, c'est la pression du gaz.
D'où vient la pression d'un gaz enfermé dans un ballon ?
À Tombouctou, il fait 37 °C. Quelle est la température absolue ?
2. Le modèle du gaz parfait
Le gaz parfait est un modèle, c'est-à-dire une description simplifiée de la réalité. On suppose que :
- les molécules sont ponctuelles : leur volume propre est négligeable devant le volume du récipient ;
- elles n'interagissent pas à distance (ni attraction, ni répulsion) : elles ne font que se cogner ;
- les chocs sont élastiques : ils ne font pas perdre d'énergie cinétique.
L'équation d'état du gaz parfait
Pour un gaz parfait, les quatre variables d'état sont liées par :
\[ PV = nRT \]- \(P\) : pression en pascal (Pa) ;
- \(V\) : volume en mètre cube (\(\text{m}^3\)) ;
- \(n\) : quantité de matière en mole (mol) ;
- \(T\) : température absolue en kelvin (K) ;
- \(R \approx 8{,}314\ \text{J}\cdot\text{mol}^{-1}\cdot\text{K}^{-1}\) : la constante des gaz parfaits.
Explorer la loi
Le graphique trace la pression \(P = \frac{nRT}{V}\) en fonction du volume. Pour garder des nombres simples, \(V\) est en litres et \(P\) en kilopascals (\(1\ \text{kPa}\cdot\text{L} = 1\ \text{J}\)). Bouge les curseurs : que devient la courbe si tu doubles \(n\) ? si tu augmentes \(T\) ?
À \(n\) et \(T\) fixés, quand le volume double, la pression est divisée par deux : \(P\) et \(V\) sont inversement proportionnels. Plus il y a de molécules ou plus elles sont agitées, plus la courbe monte.
Lois particulières qui en découlent
Pour une quantité de gaz fixée (\(n\) constant) :
- à température constante : \(PV = \text{constante}\), donc \(P_1V_1 = P_2V_2\) (loi de Boyle-Mariotte) ;
- à volume constant : \(\dfrac{P}{T} = \text{constante}\), donc \(\dfrac{P_1}{T_1} = \dfrac{P_2}{T_2}\) ;
- à pression constante : \(\dfrac{V}{T} = \text{constante}\), donc \(\dfrac{V_1}{T_1} = \dfrac{V_2}{T_2}\).
Le volume molaire
D'après \(PV = nRT\), le volume occupé par une mole de gaz, \(V_m = \dfrac{V}{n} = \dfrac{RT}{P}\), ne dépend pas de la nature du gaz : à même \(P\) et même \(T\), une mole d'air, de dioxygène ou de dioxyde de carbone occupe le même volume.
Dans le modèle du gaz parfait, que néglige-t-on ?
On comprime lentement l'air d'une seringue bouchée à température constante, de 60 mL à 20 mL. La pression…
3. Exemples résolus
Exemple 1 : le volume molaire à 25 °C
Exemple 2 : le pneu de moto sous le soleil de Niamey
Voir la solution
La quantité d'air et le volume sont constants, donc \(\dfrac{P}{T}\) est constant :
\begin{align} \frac{P_1}{T_1} &= \frac{P_2}{T_2} \\ P_2 &= P_1 \times \frac{T_2}{T_1} = 2{,}0 \times 10^5 \times \frac{318{,}15}{293{,}15} \\ P_2 &\approx 2{,}17 \times 10^5\ \text{Pa} \end{align}La pression augmente d'environ 8,5 %. C'est pourquoi on vérifie la pression des pneus « à froid », le matin.
Exemple 3 : combien d'air dans la salle de classe ?
Un élève calcule \(n = \frac{PV}{RT}\) avec \(V = 2\ \text{L}\) écrit « 2 » et \(T = 27\) écrit en °C. Quelle est son erreur ?
4. Limites du modèle
Le modèle du gaz parfait décrit bien les gaz réels à basse pression (molécules très éloignées). À haute pression ou à basse température, les molécules se rapprochent : leur volume propre et leurs attractions ne sont plus négligeables, et \(PV = nRT\) devient une approximation de moins en moins bonne. À très basse température, le gaz peut même se liquéfier, ce que le modèle ne prévoit pas.
Dans quelle situation le modèle du gaz parfait est-il le moins fiable ?
Récapitulatif
- Un gaz = des molécules éloignées en agitation désordonnée permanente.
- Pression = effet des chocs sur les parois, \(P = \frac{F}{S}\) ; température absolue = mesure de l'agitation, \(T = \theta + 273{,}15\).
- Gaz parfait : molécules ponctuelles, sans interaction, chocs élastiques.
- Équation d'état : \(PV = nRT\), en Pa, \(\text{m}^3\), mol, K, avec \(R \approx 8{,}314\ \text{J}\cdot\text{mol}^{-1}\cdot\text{K}^{-1}\).
- Modèle valable à basse pression ; il s'écarte du réel quand le gaz est très comprimé ou froid.
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