Neurone, synapse et transmission : fiche de révision pas à pas et QCM type bac
Neurone, synapse et transmission : fiche de révision pas à pas et QCM type bac
Le neurone transmet l'information sous forme électrique (potentiels d'action codés en fréquence le long de l'axone) puis chimique à la synapse (neurotransmetteur codé en concentration), et l'efficacité des synapses peut se renforcer avec l'usage.
Objectifs de la fiche
- Décrire la morphologie d'un neurone et reconnaître les grands types de neurones.
- Expliquer le potentiel de repos et le potentiel d'action par les mouvements d'ions.
- Décrire, dans l'ordre, les étapes de la transmission dans une synapse chimique.
- Calculer l'effet d'une sommation de potentiels postsynaptiques.
- Expliquer les bases de la plasticité synaptique.
Étape 1 : la morphologie du neurone
Notions clés
Le neurone est la cellule spécialisée du tissu nerveux. Il comprend :
- un corps cellulaire (péricaryon) avec le noyau ;
- des dendrites, courts prolongements ramifiés qui reçoivent les messages ;
- un axone, prolongement unique qui conduit le message loin du corps cellulaire ; il naît au niveau du cône d'émergence (segment initial) ;
- souvent une gaine de myéline autour de l'axone, interrompue par les nœuds de Ranvier ;
- des terminaisons synaptiques (boutons) qui transmettent le message à une autre cellule.
| Type | Forme | Exemple |
|---|---|---|
| Multipolaire | Nombreuses dendrites, un axone | Motoneurone de la moelle épinière |
| Bipolaire | Un prolongement de chaque côté du corps cellulaire | Neurones de la rétine |
| Pseudo-unipolaire (en T) | Un prolongement qui se divise en deux branches | Neurone sensitif dont le corps est dans le ganglion spinal |
Le prolongement qui conduit le message nerveux en s'éloignant du corps cellulaire est :
Étape 2 : potentiel de repos et potentiel d'action
Le potentiel de repos
Au repos, l'intérieur de l'axone est négatif par rapport à l'extérieur : la différence de potentiel est d'environ \(-70\ \text{mV}\) (valeur usuelle chez les mammifères). Elle s'explique par :
- une répartition inégale des ions : beaucoup de \(\ce{K+}\) à l'intérieur, beaucoup de \(\ce{Na+}\) à l'extérieur ;
- des canaux de fuite qui laissent surtout sortir des ions \(\ce{K+}\) ;
- la pompe Na+/K+ qui, en consommant de l'ATP, fait sortir 3 ions \(\ce{Na+}\) et entrer 2 ions \(\ce{K+}\) à chaque cycle, maintenant ces différences de concentration.
Le potentiel d'action (PA)
Si une stimulation dépolarise la membrane jusqu'au seuil, un potentiel d'action se déclenche :
Dépolarisation : au seuil, des canaux à Na+ dépendants du voltage s'ouvrent ; les ions Na+ entrent en masse et l'intérieur devient positif, jusqu'à environ +30 mV.
Repolarisation : les canaux à Na+ se ferment, des canaux à K+ dépendants du voltage s'ouvrent ; les ions K+ sortent et la membrane redevient négative.
Hyperpolarisation puis retour au repos : les canaux à K+ se ferment lentement, le potentiel descend un instant sous −70 mV, puis la pompe et les canaux de fuite rétablissent le repos.
Le PA obéit à la loi du tout ou rien : sous le seuil, pas de PA ; au-dessus, un PA d'amplitude toujours identique. Juste après un PA, la membrane passe par une période réfractaire où un nouveau PA est impossible ou plus difficile : le PA ne repart donc pas en arrière.
Une stimulation plus forte ne donne pas un PA plus grand mais des PA plus fréquents : le message nerveux est codé en fréquence de potentiels d'action.
Propagation : dans une fibre sans myéline, le PA se propage de proche en proche (propagation continue) ; dans une fibre myélinisée, il « saute » d'un nœud de Ranvier au suivant (conduction saltatoire), ce qui est beaucoup plus rapide.
Exemple résolu : fréquence des potentiels d'action
Sur un enregistrement, on mesure un intervalle de \(\Delta t = 5\ \text{ms}\) entre deux potentiels d'action successifs. Calculer la fréquence.
Voir la solution
La phase de dépolarisation du potentiel d'action est due principalement :
Étape 3 : la transmission synaptique
Deux types de synapses
- Synapse électrique : les deux cellules sont reliées par des jonctions communicantes ; le courant passe directement, très vite. Elle est rare chez les mammifères.
- Synapse chimique : les cellules sont séparées par une fente synaptique ; le message passe grâce à un neurotransmetteur. C'est le cas le plus fréquent, par exemple la synapse neuromusculaire (plaque motrice) qui utilise l'acétylcholine.
Les étapes de la synapse chimique
flowchart LR PA[PA presynaptique] --> CA[Entree de calcium] CA --> EX[Exocytose] EX --> NT[Neurotransmetteur dans la fente] NT --> R[Fixation sur recepteurs] R --> PPS[Potentiel postsynaptique] NT --> EL[Degradation ou recapture]
Le message est ici codé en concentration de neurotransmetteur : plus la fréquence des PA présynaptiques est élevée, plus la quantité libérée est grande. La transmission est unidirectionnelle (les vésicules ne sont que du côté présynaptique) et prend un petit délai : le délai synaptique.
L'entrée des ions Ca2+ dans la terminaison présynaptique provoque directement :
Étape 4 : intégration et plasticité synaptique
Sommation au cône d'émergence
Un neurone postsynaptique reçoit de nombreuses synapses. Les PPSE et PPSI s'additionnent au niveau du cône d'émergence : sommation spatiale (synapses différentes en même temps) et sommation temporelle (même synapse, messages rapprochés). Un PA naît seulement si la somme atteint le seuil.
Exemple résolu : atteindre le seuil
Un neurone a un potentiel de repos de \(-70\ \text{mV}\) et un seuil de \(-50\ \text{mV}\). Chaque PPSE vaut \(+5\ \text{mV}\) et chaque PPSI \(-5\ \text{mV}\). Combien de PPSE simultanés faut-il pour déclencher un PA ? Et si un PPSI arrive en même temps ?
Voir la solution
Plasticité synaptique
L'efficacité d'une synapse n'est pas fixe. Quand une synapse est souvent et fortement utilisée, sa transmission peut se renforcer durablement (potentialisation à long terme) : plus de neurotransmetteur libéré, plus de récepteurs postsynaptiques, voire formation de nouvelles synapses. À l'inverse, des synapses peu utilisées peuvent s'affaiblir. Cette plasticité est la base cellulaire de l'apprentissage et de la mémoire.
Deux PPSE produits par la même synapse, très rapprochés dans le temps, s'additionnent. On parle de :
QCM type bac : entraînement final
1. La pompe Na+/K+ :
2. On ajoute un inhibiteur de l'acétylcholinestérase au niveau d'une plaque motrice. On observe :
3. Dans une fibre myélinisée, le potentiel d'action :
4. Un PPSI est provoqué notamment par :
Erreurs fréquentes
- Confondre codage en fréquence (le long de l'axone) et codage en concentration (à la synapse).
- Attribuer la repolarisation à la pompe Na+/K+ : c'est la sortie de K+ par les canaux dépendants du voltage.
- Penser que le message électrique traverse la fente d'une synapse chimique.
- Oublier le rôle du calcium dans l'exocytose.
- Croire que PPSE et PA sont la même chose : le PPSE est local et d'amplitude variable, le PA obéit au tout ou rien.
Récapitulatif
- Neurone : corps cellulaire, dendrites, axone (myéline, nœuds de Ranvier), terminaisons.
- Repos : environ −70 mV, maintenu par la pompe Na+/K+ et les canaux de fuite.
- PA : entrée de Na+ puis sortie de K+, tout ou rien, codage en fréquence, conduction saltatoire si myéline.
- Synapse chimique : Ca2+, exocytose, neurotransmetteur, récepteurs-canaux, PPSE ou PPSI, élimination.
- Intégration par sommation spatiale et temporelle ; plasticité synaptique, base de l'apprentissage.
Sources
- Valeurs usuelles du potentiel de repos, du pic du potentiel d'action et de la stœchiométrie de la pompe Na+/K+ : Purves et al., Neurosciences, 6e édition, De Boeck ; Kandel et al., Principles of Neural Science, 6e édition, 2021.
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