Organisation du réflexe

1èreSVTLes réflexes nerveuxOrganisation du réflexe~9 min de lecture

Organisation du réflexe nerveux

Un réflexe est une réponse involontaire et rapide : un message nerveux part d'un récepteur, passe par la moelle épinière et revient commander un muscle, en suivant un circuit appelé arc réflexe.

Objectifs

  • Définir un réflexe et le distinguer d'un mouvement volontaire.
  • Identifier les cinq éléments de l'arc réflexe : récepteur, voie sensitive, centre nerveux, voie motrice, effecteur.
  • Décrire l'organisation de la moelle épinière et des nerfs rachidiens.
  • Interpréter des expériences de section et de stimulation pour retrouver le trajet du message nerveux.
  • Expliquer le réflexe myotatique et le rôle des synapses.

1. Qu'est-ce qu'un réflexe ?

Un réflexe est une réponse involontaire, rapide, stéréotypée (toujours la même pour un même stimulus) et innée, provoquée par une stimulation. Autres exemples : retirer vivement la main d'une marmite brûlante, cligner des yeux quand un objet s'approche, le réflexe achilléen (le pied s'étend quand on frappe le tendon d'Achille).

Un mouvement volontaire, au contraire, est décidé par le cerveau : on peut le choisir, le retarder ou l'arrêter.

Lequel de ces mouvements est un réflexe ?

  1. Lever la main pour répondre au professeur
  2. Taper dans un ballon de football
  3. Écrire son nom au tableau
  4. Retirer brusquement le pied après avoir marché sur une épine
Le retrait du pied est involontaire, rapide et déclenché par une stimulation douloureuse : c'est un réflexe. Les autres mouvements sont décidés : ils sont volontaires.

2. Les éléments de l'arc réflexe

Tout réflexe met en jeu un circuit nerveux, l'arc réflexe, formé de cinq éléments :

flowchart LR
A[Stimulus] --> B[Récepteur]
B --> C[Neurone sensitif]
C --> D[Centre nerveux moelle épinière]
D --> E[Motoneurone]
E --> F[Effecteur muscle]
F --> G[Réponse mouvement]
  1. Le récepteur : il capte la stimulation et la transforme en message nerveux. Dans le réflexe rotulien, ce sont les fuseaux neuromusculaires, sensibles à l'étirement du muscle.
  2. La voie sensitive (afférente) : le neurone sensitif conduit le message du récepteur vers la moelle épinière.
  3. Le centre nerveux : la moelle épinière, où le message sensitif est transmis à d'autres neurones par des synapses.
  4. La voie motrice (efférente) : le motoneurone conduit le message de la moelle vers le muscle.
  5. L'effecteur : le muscle qui se contracte et produit le mouvement.

Suis le trajet du message nerveux pendant le réflexe rotulien :

Arc réflexe du réflexe rotulien : récepteur dans le muscle extenseur, neurone sensitif jusqu'à la moelle épinière, synapse, motoneurone qui revient au muscle Moelle épinière Muscle extenseur Récepteur Neurone sensitif Synapse Motoneurone Contraction du muscle

Le coup de marteau étire le muscle extenseur de la cuisse : ses fuseaux neuromusculaires (récepteurs) produisent un message nerveux.

Le neurone sensitif conduit ce message jusqu'à la moelle épinière ; son corps cellulaire se trouve dans le ganglion spinal (le petit renflement).

Dans la substance grise de la moelle, le neurone sensitif transmet le message au motoneurone par une synapse.

Le motoneurone conduit le message jusqu'au muscle extenseur, qui se contracte : la jambe se lève.

Dans le réflexe rotulien, quel est le rôle du motoneurone ?

  1. Capter l'étirement du muscle
  2. Conduire le message de la moelle épinière vers le muscle
  3. Conduire le message du muscle vers la moelle épinière
  4. Décider du mouvement à la place du cerveau
Le motoneurone forme la voie motrice (efférente) : il part de la moelle épinière et commande la contraction du muscle effecteur.

3. La moelle épinière et les nerfs rachidiens

En coupe transversale, la moelle épinière montre :

  • au centre, la substance grise, en forme de papillon ou de H : elle contient les corps cellulaires des motoneurones (dans les cornes ventrales, ou antérieures), les interneurones et les synapses ;
  • autour, la substance blanche, formée de fibres nerveuses qui montent vers le cerveau ou en descendent.

Chaque nerf rachidien est relié à la moelle par deux racines :

  • la racine dorsale (postérieure), qui porte le ganglion spinal où se trouvent les corps cellulaires des neurones sensitifs : c'est la voie d'entrée des messages sensitifs ;
  • la racine ventrale (antérieure), qui contient les fibres des motoneurones : c'est la voie de sortie des messages moteurs.

Le nerf rachidien est donc un nerf mixte : il contient à la fois des fibres sensitives et des fibres motrices.

Place les noms sur la coupe de moelle épinière (face dorsale en haut).

Coupe transversale de la moelle épinière avec la substance grise en forme de H, la substance blanche autour, la racine dorsale avec son ganglion, la racine ventrale et le nerf rachidien

Les expériences qui le prouvent

On travaille sur une grenouille dont le cerveau a été détruit (grenouille « spinale ») : elle garde ses réflexes, ce qui montre que la moelle épinière suffit comme centre nerveux. Pour chaque expérience, propose une conclusion, puis vérifie.

Expérience 1 : on détruit la moelle épinière. Aucun réflexe n'est plus possible.

Voir la conclusion

La moelle épinière est le centre nerveux indispensable du réflexe.

Expérience 2 : on sectionne la racine dorsale d'un nerf de la patte. Quand on pince cette patte, plus aucun réflexe ne se produit. Si on stimule électriquement le bout relié à la moelle (bout central), on obtient une réponse réflexe ; si on stimule l'autre bout (bout périphérique), rien ne se passe.

Voir la conclusion

La racine dorsale conduit les messages sensitifs, de la périphérie vers la moelle (sens centripète).

Expérience 3 : on sectionne la racine ventrale. Pincer la patte ne provoque plus de réflexe de cette patte. Stimuler le bout périphérique fait contracter ses muscles ; stimuler le bout central ne fait pas bouger cette patte.

Voir la conclusion

La racine ventrale conduit les messages moteurs, de la moelle vers les muscles (sens centrifuge).

Où se trouvent les corps cellulaires des neurones sensitifs ?

  1. Dans la substance blanche de la moelle
  2. Dans la corne ventrale de la substance grise
  3. Dans le ganglion spinal de la racine dorsale
  4. Dans le muscle
Les neurones sensitifs ont leur corps cellulaire dans le ganglion spinal, sur la racine dorsale. Les corps cellulaires des motoneurones sont dans la corne ventrale.

4. Le réflexe myotatique, un réflexe monosynaptique

Dans le réflexe myotatique (comme le réflexe rotulien), le récepteur et l'effecteur sont le même muscle. Entre le neurone sensitif et le motoneurone du muscle étiré, il n'y a qu'une seule synapse : on dit que ce réflexe est monosynaptique. C'est pour cela qu'il est très rapide.

En même temps, le neurone sensitif agit aussi sur un interneurone inhibiteur dans la moelle, qui empêche le muscle antagoniste (le fléchisseur) de se contracter. Cette voie compte deux synapses (elle est polysynaptique). Ainsi, l'extenseur se contracte pendant que le fléchisseur se relâche : le mouvement se fait sans opposition.

Le temps qui sépare la stimulation de la réponse s'appelle le temps de latence du réflexe : il est surtout dû au trajet du message le long des neurones et au passage des synapses. Plus il y a de synapses, plus il est long.

Pourquoi dit-on que le réflexe myotatique est monosynaptique ?

  1. Une seule synapse relie le neurone sensitif au motoneurone du muscle étiré.
  2. Il ne fait intervenir qu'un seul neurone.
  3. Il ne concerne qu'un seul muscle du corps.
  4. Il passe par une seule racine du nerf rachidien.
Le circuit compte au moins deux neurones (sensitif et moteur), reliés par une seule synapse dans la moelle épinière : d'où le nom monosynaptique.

5. Exemples résolus

Exemple 1 : identifier les éléments d'un réflexe

Mariam touche une marmite brûlante et retire aussitôt la main. Identifie les cinq éléments de l'arc réflexe.

Stimulus : la chaleur de la marmite. Récepteur : les récepteurs de la peau de la main, sensibles à la chaleur et à la douleur.
Voie sensitive : les neurones sensitifs du nerf du bras, qui entrent dans la moelle épinière par la racine dorsale.
Centre nerveux : la moelle épinière, où des interneurones relaient le message (réflexe polysynaptique).
Voie motrice : les motoneurones, qui sortent par la racine ventrale. Effecteur : les muscles fléchisseurs du bras, qui se contractent et retirent la main.

Exemple 2 : diagnostiquer une lésion

Un patient a une jambe sensible au toucher, mais il ne peut plus la bouger, et le réflexe rotulien a disparu de ce côté. Quelle partie de l'arc réflexe est probablement atteinte ? Cherche d'abord.

Voir la solution

La sensibilité est conservée : la voie sensitive fonctionne. Le mouvement volontaire et le réflexe ont disparu : c'est la voie motrice commune qui est atteinte, par exemple les motoneurones ou la racine ventrale correspondante. C'est la même situation que l'expérience 3 (section de la racine ventrale).

Récapitulatif

  • Un réflexe est une réponse involontaire, rapide, stéréotypée et innée à une stimulation.
  • L'arc réflexe comprend : récepteur, neurone sensitif, centre nerveux (moelle épinière), motoneurone, effecteur.
  • Le message sensitif entre par la racine dorsale (ganglion spinal) ; le message moteur sort par la racine ventrale.
  • Le réflexe myotatique est monosynaptique ; un interneurone inhibiteur relâche en même temps le muscle antagoniste.
Réflexe
Réponse involontaire, rapide, stéréotypée et innée à une stimulation.
Arc réflexe
Récepteur, neurone sensitif, centre nerveux, motoneurone, effecteur.
Racine dorsale
Voie sensitive, porte le ganglion spinal ; message de la périphérie vers la moelle.
Racine ventrale
Voie motrice ; message de la moelle vers les muscles.
Réflexe myotatique
Contraction d'un muscle en réponse à son propre étirement ; monosynaptique.
Synapse
Zone de contact où le message passe d'un neurone à une autre cellule.

Teste tes connaissances sur ce cours

Crée ton compte gratuitement pour accéder aux quiz associés et suivre ta progression.