Origines économiques

LibreCulture GéneraleExplique les raisons sur l'extension de la crise économique de 1929Origines économiques~8 min de lecture

Les origines économiques de la crise de 1929

Dans les années 1920, les États-Unis produisent plus qu'ils ne peuvent vendre et achètent des actions à crédit en croyant que les prix monteront toujours : quand la Bourse de New York s'effondre en octobre 1929, tout l'édifice s'écroule.

Objectifs

  • Décrire la prospérité américaine des années 1920 et ses fragilités.
  • Expliquer ce qu'est la spéculation et l'achat d'actions à crédit.
  • Raconter le krach boursier d'octobre 1929 (le « jeudi noir »).
  • Comprendre comment le krach se transforme en crise bancaire, puis en crise économique.
  • Calculer et interpréter une baisse en pourcentage.

1. Une prospérité fragile dans les années 1920

Notions clés

Après la Première Guerre mondiale, les États-Unis deviennent la première puissance économique du monde. Les années 1920 y sont appelées les « années folles » : les usines produisent en masse des automobiles, des radios, des réfrigérateurs, et beaucoup de ménages achètent à crédit.

Mais cette prospérité cache des fragilités :

  • La surproduction : les usines et les fermes produisent plus que ce que la population peut acheter. Les stocks s'accumulent.
  • Des salaires qui montent moins vite que la production : une grande partie des richesses profite à une minorité ; beaucoup de ménages ne peuvent pas consommer davantage.
  • Les agriculteurs en difficulté : les prix agricoles baissent pendant les années 1920, et beaucoup de fermiers sont endettés.
  • Le crédit facile : on emprunte pour consommer et pour acheter des actions, ce qui gonfle l'activité de façon artificielle.

Qu'appelle-t-on la surproduction ?

  1. Le fait de produire de meilleure qualité
  2. Le fait de produire plus que ce que les acheteurs peuvent acheter
  3. Le fait de vendre à l'étranger
Il y a surproduction quand l'offre dépasse la demande solvable : les marchandises restent invendues.

2. La spéculation en Bourse

Notions clés

Une action est une petite part d'une entreprise, qui s'achète et se vend en Bourse. La Bourse de New York se trouve à Wall Street.

La spéculation consiste à acheter un bien non pas pour son utilité, mais pour le revendre plus cher. À la fin des années 1920, des millions d'Américains achètent des actions en pensant que leur prix montera toujours.

Beaucoup achètent à crédit (on dit « sur marge ») : ils ne paient qu'une partie du prix et empruntent le reste à leur courtier ou à leur banque, en comptant rembourser grâce à la hausse.

Qu'est-ce qu'acheter une action « sur marge » ?

  1. L'acheter au prix le plus bas
  2. L'acheter en payant tout comptant
  3. L'acheter en payant une partie et en empruntant le reste
Acheter sur marge, c'est acheter à crédit : on avance une partie du prix et on emprunte le reste en comptant sur la hausse.

3. Le krach d'octobre 1929

Un krach boursier est un effondrement brutal et rapide du prix des actions. En octobre 1929, des investisseurs commencent à vendre ; la panique gagne et tout le monde veut vendre en même temps.

  1. Années 1920Prospérité américaine, crédit facile et hausse continue des actions.
  2. 3 sept. 1929L'indice Dow Jones, qui résume le prix des grandes actions américaines, atteint un sommet.
  3. 24 oct. 1929Le « jeudi noir » : vague de ventes paniquées à Wall Street.
  4. 29 oct. 1929Le « mardi noir » : nouvel effondrement, les cours plongent.
  5. 1930 à 1933Faillites de banques et d'entreprises, chômage massif aux États-Unis.
  6. Juillet 1932Le Dow Jones touche son point le plus bas.

Comment appelle-t-on la journée du 24 octobre 1929 ?

  1. Le jeudi noir
  2. Le lundi rouge
  3. Le vendredi saint
Le 24 octobre 1929 est le « jeudi noir », premier jour de panique massive à la Bourse de New York.

4. Du krach à la crise : l'effet domino

Le krach déclenche une réaction en chaîne. Découvre-la étape par étape.

Réaction en chaîne du krach boursier à la crise économiqueKrach boursierEmprunteurs ruinésBanques en failliteAchats en baisseUsines fermées, chômage, prix en baisse

Les prix des actions s'effondrent : ceux qui les détiennent perdent une grande partie de leur valeur.

Ceux qui avaient acheté à crédit ne peuvent plus rembourser leurs dettes.

Les banques qui avaient prêté perdent leur argent ; inquiets, les épargnants viennent retirer leurs dépôts, et de nombreuses banques font faillite.

Les banques prêtent moins, les ménages appauvris achètent moins.

Les entreprises vendent moins, réduisent la production et licencient : c'est la crise économique.

Cette chaîne forme un cercle vicieux : plus de chômeurs signifie moins d'acheteurs, donc encore moins de ventes et encore plus de chômeurs.

flowchart LR
  A[Moins de ventes] --> B[Moins de production]
  B --> C[Plus de chomage]
  C --> D[Moins de revenus]
  D --> A

Pourquoi la faillite des banques aggrave-t-elle la crise ?

  1. Parce que les banques fabriquent les automobiles
  2. Parce que les épargnants perdent leur argent et que les entreprises ne trouvent plus de crédit
  3. Parce que la Bourse ferme pour toujours
Sans banques, l'argent ne circule plus : l'épargne disparaît et les entreprises ne peuvent plus emprunter pour produire.

Exemples résolus

Exemple 1 : mesurer la chute de la Bourse

L'indice Dow Jones valait environ \(381\) points le 3 septembre 1929 et environ \(41\) points le 8 juillet 1932 (source : S&P Dow Jones Indices). De combien de pourcents a-t-il baissé ? Cherche d'abord.

On calcule la baisse en points : \[381 - 41 = 340\]
On rapporte la baisse à la valeur de départ : \[\frac{340}{381} \approx 0{,}892\]
On convertit en pourcentage : \[0{,}892 \times 100 \approx 89\,\%\]
Interprétation : une action qui valait \(10\,000\) F CFA ne vaudrait plus qu'environ \(1\,080\) F CFA. Les actions ont perdu près des neuf dixièmes de leur valeur.

Exemple 2 : l'achat à crédit qui ruine

Un épargnant achète des actions pour \(1\,000\) dollars. Il paie \(100\) dollars avec son argent et emprunte \(900\) dollars. Les actions perdent \(30\,\%\) de leur valeur. Que se passe-t-il ? (Exemple fictif.)

Voir la solution
Nouvelle valeur des actions : \[1\,000 \times (1 - 0{,}30) = 700 \text{ dollars}\]
Il doit toujours rembourser \(900\) dollars. S'il vend tout, il lui manque : \[900 - 700 = 200 \text{ dollars}\]
Conclusion : il a perdu ses \(100\) dollars et il reste endetté de \(200\) dollars. Le crédit transforme une baisse de \(30\,\%\) en ruine, et sa banque risque de ne pas être remboursée.

Un indice passe de \(200\) à \(150\) points. Quelle est sa baisse en pourcentage ?

  1. \(50\,\%\)
  2. \(33\,\%\)
  3. \(25\,\%\)
La baisse est de \(50\) points sur \(200\) : \(\frac{50}{200} = 0{,}25\), soit \(25\,\%\).

Erreurs fréquentes

  • Confondre krach et crise : le krach boursier est le déclencheur ; la crise est l'effondrement de toute l'économie qui suit.
  • Croire que la crise arrive « par surprise » : ses causes (surproduction, inégalités, crédit, spéculation) s'installent pendant toute la décennie.
  • Calculer un pourcentage de baisse sur la valeur d'arrivée : on divise toujours la baisse par la valeur de départ.
  • Penser que seuls les riches sont touchés : par les faillites de banques et le chômage, toute la population subit la crise.

Récapitulatif

  • Les États-Unis des années 1920 sont prospères mais fragiles : surproduction, salaires trop faibles, agriculteurs endettés, crédit facile.
  • La spéculation fait monter le prix des actions comme une bulle, souvent avec de l'argent emprunté.
  • En octobre 1929 (jeudi noir puis mardi noir), la bulle éclate : c'est le krach de Wall Street.
  • Par effet domino, le krach provoque des faillites de banques, la chute du crédit et de la consommation, puis le chômage de masse.
  • La baisse en pourcentage se calcule ainsi : \(\dfrac{\text{valeur de départ} - \text{valeur d'arrivée}}{\text{valeur de départ}} \times 100\).
Surproduction
Produire plus que ce que les acheteurs peuvent acheter ; les stocks s'accumulent.
Spéculation
Acheter un bien pour le revendre plus cher, et non pour s'en servir.
Achat sur marge
Acheter des actions en payant une partie et en empruntant le reste.
Jeudi noir
24 octobre 1929 : panique à la Bourse de New York, début du krach.
Baisse en pourcentage
\(\dfrac{\text{départ} - \text{arrivée}}{\text{départ}} \times 100\)

Teste tes connaissances sur ce cours

Crée ton compte gratuitement pour accéder aux quiz associés et suivre ta progression.