Prévention et vaccination (HPV, hépatite B)
Prévention et vaccination contre les cancers d'origine virale : HPV et hépatite B
Certains virus, comme les papillomavirus humains (HPV) et le virus de l'hépatite B, peuvent provoquer des altérations du génome qui mènent au cancer ; la vaccination, le dépistage et des gestes simples permettent d'empêcher une grande partie de ces cancers.
Objectifs
- Rappeler comment l'accumulation de mutations conduit à la cancérisation.
- Expliquer comment les HPV et le virus de l'hépatite B (VHB) favorisent certains cancers.
- Comprendre le principe de la vaccination à partir de la mémoire immunitaire.
- Connaître les moyens de prévention : vaccination, dépistage, protection contre la transmission.
1. Rappel : du gène altéré au cancer
- Un cancer résulte de l'accumulation, dans une même lignée de cellules, de plusieurs mutations qui dérèglent le cycle cellulaire. Il faut en général de nombreuses années.
- Les agents mutagènes augmentent la fréquence des mutations : rayons UV, fumée de tabac, certaines substances chimiques… et certains virus.
- Parmi les gènes « freins », celui de la protéine p53 est surnommé le « gardien du génome » : il arrête le cycle si l'ADN est abîmé, ou déclenche la mort de la cellule.
2. Les papillomavirus humains (HPV) et le cancer du col de l'utérus
- Les HPV sont des virus très fréquents, transmis par contact intime de peau et de muqueuses, surtout lors des rapports sexuels. La plupart des infections disparaissent d'elles-mêmes.
- Certains types dits « à haut risque » (notamment les types 16 et 18, selon l'OMS) peuvent persister. Leur ADN produit les protéines virales E6 et E7 qui inactivent les protéines « freins » p53 et Rb de la cellule.
- Privées de freins, les cellules du col de l'utérus se divisent et accumulent des mutations : lésions précancéreuses, puis éventuellement cancer, après de nombreuses années. Les HPV peuvent aussi causer d'autres cancers (anus, gorge, pénis), chez les femmes comme chez les hommes.
Place les noms des organes de l'appareil génital féminin sur le schéma : le cancer lié aux HPV touche surtout le col.
flowchart LR A[Infection par un HPV a haut risque] --> B[Persistance du virus] B --> C[Lesions precancereuses du col] C --> D[Cancer du col] V[Vaccin] -. bloque .-> A S[Depistage] -. repere et traite .-> C
Comment les protéines E6 et E7 des HPV favorisent-elles le cancer ?
3. Le virus de l'hépatite B (VHB) et le cancer du foie
- Le VHB se transmet par le sang (objets tranchants partagés, matériel non stérile), par voie sexuelle et de la mère à l'enfant au moment de la naissance.
- Selon l'OMS, plus l'infection survient tôt, plus elle risque de devenir chronique : un nourrisson infecté devient bien plus souvent porteur chronique qu'un adulte.
- L'hépatite chronique peut évoluer vers la cirrhose (foie cicatriciel) puis le cancer du foie (carcinome hépatocellulaire). L'ADN du virus peut aussi s'intégrer dans le génome des cellules du foie et y provoquer des altérations.
flowchart LR A[Infection par le VHB] --> B[Hepatite chronique] B --> C[Inflammation et divisions repetees] C --> D[Cirrhose] D --> E[Cancer du foie]
Pourquoi la vaccination contre l'hépatite B est-elle faite dès la naissance ?
4. Le principe de la vaccination
- Un vaccin contient un antigène inoffensif du microbe : pour le HPV, des pseudo-particules virales vides (la « coque » du virus, sans ADN) ; pour le VHB, une protéine de surface du virus produite par génie génétique.
- Première rencontre : réponse primaire, lente et modérée ; elle forme des lymphocytes mémoire.
- Rencontre suivante (rappel ou vrai virus) : réponse secondaire, plus rapide, plus forte et plus durable, grâce à la mémoire immunitaire. Les anticorps neutralisent le virus avant qu'il infecte les cellules.
Après la première dose, la réponse primaire est lente et faible : peu d'anticorps, mais des lymphocytes mémoire sont formés.
Au rappel, les lymphocytes mémoire réagissent vite : la réponse secondaire produit beaucoup plus d'anticorps, plus longtemps.
Dans cet exemple, seule la réponse secondaire dépasse durablement le seuil de protection : c'est le rôle des doses de rappel.
Qu'est-ce qui rend la réponse secondaire plus efficace que la réponse primaire ?
5. Prévenir : vacciner, dépister, se protéger
| HPV | Hépatite B | |
|---|---|---|
| Vaccin | Recommandé par l'OMS surtout pour les filles de 9 à 14 ans, avant tout contact avec le virus ; plusieurs pays d'Afrique de l'Ouest, comme le Sénégal, l'ont introduit dans leur programme de vaccination. | Dose à la naissance (dans les 24 heures) puis doses chez le nourrisson, dans le Programme élargi de vaccination. |
| Dépistage | Examen du col (test HPV, frottis ou inspection visuelle après application d'acide acétique) chez les femmes adultes, pour traiter les lésions avant le cancer. | Test sanguin, notamment chez la femme enceinte, pour protéger le bébé à la naissance. |
| Autres gestes | Le préservatif réduit le risque sans l'annuler (le virus est sur la peau autour). | Ne pas partager rasoir, brosse à dents ou lames ; matériel stérile pour soins, tatouages, scarifications ; préservatif. |
Exemples résolus
Cherche d'abord, puis déroule le raisonnement.
Voir la solution
Le bébé peut être contaminé au moment de la naissance. Il doit recevoir la dose de vaccin contre l'hépatite B dans les 24 heures suivant la naissance (et, selon l'avis médical, d'autres traitements préventifs), puis les doses suivantes du calendrier. Ainsi, ses lymphocytes produisent des anticorps qui neutralisent le virus avant qu'une infection chronique, source de cirrhose et de cancer du foie, ne s'installe.
Erreurs fréquentes
- Croire que le cancer du col « s'attrape » directement : c'est l'infection persistante par un HPV qui, après des années, peut mener au cancer.
- Penser qu'un vaccin soigne : il prévient.
- Confondre anticorps et antibiotique.
- Croire que le préservatif suffit contre les HPV : il réduit le risque mais ne remplace ni le vaccin ni le dépistage.
Récapitulatif
Les HPV à haut risque (protéines E6 et E7 qui inactivent p53 et Rb) et le VHB (inflammation chronique, intégration de l'ADN viral) favorisent l'accumulation de mutations à l'origine des cancers du col de l'utérus et du foie. La vaccination, fondée sur la mémoire immunitaire, empêche l'infection ; le dépistage repère les lésions avant le cancer ; des gestes simples limitent la transmission.
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