Raisonnement par disjonction de cas ou par l’absurde
Raisonnement par disjonction de cas et raisonnement par l'absurde
Disjonction de cas : on découpe le problème en morceaux qui couvrent toutes les possibilités et on traite chacun ; absurde : on suppose le contraire de ce qu'on veut prouver et on montre que cela mène à une impossibilité.
Objectifs
- Savoir mener un raisonnement par disjonction de cas (pair ou impair, positif ou négatif…).
- Savoir mener un raisonnement par l'absurde et rédiger sa conclusion.
- Choisir le bon type de raisonnement selon la situation.
1. Le raisonnement par disjonction de cas
Découpages classiques :
- un entier \( n \) est pair (\( n = 2k \)) ou impair (\( n = 2k + 1 \)), avec \( k \) entier ;
- un réel \( x \) vérifie \( x \geq 0 \) ou \( x < 0 \) ;
- un réel \( x \) vérifie \( x \geq a \) ou \( x < a \) (utile avec les valeurs absolues).
Exemple résolu 1
Démontrer que, pour tout entier naturel \( n \), le nombre \( n(n + 1) \) est pair.
Exemple résolu 2 : équation avec valeur absolue
Résoudre dans \( \mathbb{R} \) l'équation \( |x - 3| = 5 \).
Vérifie sur le graphique : la courbe de \( y = |x - c| \) et la droite horizontale \( y = k \). Avec \( c = 3 \) et \( k = 5 \), elles se coupent en \( x = -2 \) et \( x = 8 \). Que se passe-t-il si \( k \) devient négatif ?
Exercice : démontre que pour tout entier \( n \), le nombre \( n^2 + 3n \) est pair.
Voir la solution
On écrit \( n^2 + 3n = n(n + 3) \).
Cas 1 : \( n \) pair, donc \( n = 2k \) et \( n(n+3) = 2 \times \big(k(2k+3)\big) \) est pair.
Cas 2 : \( n \) impair, donc \( n = 2k + 1 \) et \( n + 3 = 2k + 4 = 2(k + 2) \) ; ainsi \( n(n+3) = 2 \times \big((2k+1)(k+2)\big) \) est pair.
Dans les deux cas \( n^2 + 3n \) est pair.
Pour prouver une propriété de tous les réels \( x \), Kofi traite seulement le cas \( x > 0 \) et le cas \( x < 0 \). Que manque-t-il ?
2. Le raisonnement par l'absurde
flowchart LR A[On veut prouver P] --> B[On suppose P fausse] B --> C[Deductions correctes] C --> D[Contradiction] D --> E[Donc P est vraie]
Exemple résolu 1 : il n'existe pas de plus grand entier naturel
Exemple résolu 2 : si \( n^2 \) est pair, alors \( n \) est pair
Exemple résolu 3 : \( \sqrt{2} \) n'est pas un nombre rationnel
Essaie de suivre la démonstration étape par étape avant de la dévoiler entièrement.
Exercice : démontre par l'absurde que l'équation \( x^2 + 1 = 0 \) n'a pas de solution réelle.
Voir la solution
On suppose qu'il existe un réel \( x \) tel que \( x^2 + 1 = 0 \). Alors \( x^2 = -1 \). Or un carré est toujours positif ou nul : \( x^2 \geq 0 \), donc \( x^2 \neq -1 \). Contradiction. L'équation n'a donc pas de solution réelle.
Pour démontrer par l'absurde que « \( \sqrt{3} \) est irrationnel », on commence par supposer que :
Quel raisonnement est le plus adapté pour prouver que « pour tout entier \( n \), \( n^2 - n \) est pair » ?
Erreurs fréquentes
- Disjonction de cas : oublier un cas, ou des cas qui ne couvrent pas tout.
- Disjonction de cas : garder une solution qui ne respecte pas la condition de son cas.
- Absurde : mal écrire la négation de la proposition.
- Absurde : oublier d'écrire la conclusion (« la supposition est fausse, donc… »).
- Croire qu'un exemple démontre une propriété générale : un exemple ne sert qu'à illustrer, ou à montrer qu'une propriété est fausse (contre-exemple).
Récapitulatif
- Disjonction de cas : on découpe en cas couvrant toutes les possibilités, on démontre dans chacun, on conclut pour tous.
- Absurde : on suppose le contraire, on déduit correctement, on obtient une contradiction, on conclut que la proposition est vraie.
- Résultats à connaître : \( n(n+1) \) est pair ; si \( n^2 \) est pair alors \( n \) est pair ; \( \sqrt{2} \) est irrationnel.
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