Raisonnement par disjonction de cas ou par l’absurde

2ndeMathematiquesNotions et raisonnements logiquesRaisonnement par disjonction de cas ou par l’absurde~10 min de lecture

Raisonnement par disjonction de cas et raisonnement par l'absurde

Disjonction de cas : on découpe le problème en morceaux qui couvrent toutes les possibilités et on traite chacun ; absurde : on suppose le contraire de ce qu'on veut prouver et on montre que cela mène à une impossibilité.

Objectifs

  • Savoir mener un raisonnement par disjonction de cas (pair ou impair, positif ou négatif…).
  • Savoir mener un raisonnement par l'absurde et rédiger sa conclusion.
  • Choisir le bon type de raisonnement selon la situation.

1. Le raisonnement par disjonction de cas

Découpages classiques :

  • un entier \( n \) est pair (\( n = 2k \)) ou impair (\( n = 2k + 1 \)), avec \( k \) entier ;
  • un réel \( x \) vérifie \( x \geq 0 \) ou \( x < 0 \) ;
  • un réel \( x \) vérifie \( x \geq a \) ou \( x < a \) (utile avec les valeurs absolues).

Exemple résolu 1

Démontrer que, pour tout entier naturel \( n \), le nombre \( n(n + 1) \) est pair.

Les cas : tout entier \( n \) est pair ou impair. Ces deux cas couvrent toutes les possibilités.
Cas 1 : \( n \) pair. Alors \( n = 2k \) et \( n(n + 1) = 2k(2k + 1) = 2 \times \big(k(2k+1)\big) \) : c'est un multiple de 2, donc pair.
Cas 2 : \( n \) impair. Alors \( n = 2k + 1 \), donc \( n + 1 = 2k + 2 = 2(k + 1) \) et \( n(n + 1) = 2 \times \big((2k+1)(k+1)\big) \) : pair.
Conclusion : dans les deux cas \( n(n + 1) \) est pair, donc il est pair pour tout entier naturel \( n \). (Analogie : de deux entiers qui se suivent, l'un est toujours pair.)

Exemple résolu 2 : équation avec valeur absolue

Résoudre dans \( \mathbb{R} \) l'équation \( |x - 3| = 5 \).

Cas 1 : \( x \geq 3 \). Alors \( x - 3 \geq 0 \) et \( |x - 3| = x - 3 \). L'équation devient \( x - 3 = 5 \), soit \( x = 8 \), qui vérifie bien \( 8 \geq 3 \).
Cas 2 : \( x < 3 \). Alors \( |x - 3| = 3 - x \). L'équation devient \( 3 - x = 5 \), soit \( x = -2 \), qui vérifie bien \( -2 < 3 \).
Conclusion : \( S = \{-2\,;8\} \). Interprétation : ce sont les deux nombres situés à une distance 5 de 3 sur la droite graduée.

Vérifie sur le graphique : la courbe de \( y = |x - c| \) et la droite horizontale \( y = k \). Avec \( c = 3 \) et \( k = 5 \), elles se coupent en \( x = -2 \) et \( x = 8 \). Que se passe-t-il si \( k \) devient négatif ?

Exercice : démontre que pour tout entier \( n \), le nombre \( n^2 + 3n \) est pair.

Voir la solution

On écrit \( n^2 + 3n = n(n + 3) \).

Cas 1 : \( n \) pair, donc \( n = 2k \) et \( n(n+3) = 2 \times \big(k(2k+3)\big) \) est pair.

Cas 2 : \( n \) impair, donc \( n = 2k + 1 \) et \( n + 3 = 2k + 4 = 2(k + 2) \) ; ainsi \( n(n+3) = 2 \times \big((2k+1)(k+2)\big) \) est pair.

Dans les deux cas \( n^2 + 3n \) est pair.

Pour prouver une propriété de tous les réels \( x \), Kofi traite seulement le cas \( x > 0 \) et le cas \( x < 0 \). Que manque-t-il ?

  1. Rien, c'est complet
  2. Le cas \( x > 1 \)
  3. Le cas \( x = 0 \)
Les cas \( x > 0 \) et \( x < 0 \) oublient \( x = 0 \). Il faut traiter \( x \geq 0 \) et \( x < 0 \), ou ajouter le cas \( x = 0 \).

2. Le raisonnement par l'absurde

flowchart LR
  A[On veut prouver P] --> B[On suppose P fausse]
  B --> C[Deductions correctes]
  C --> D[Contradiction]
  D --> E[Donc P est vraie]

Exemple résolu 1 : il n'existe pas de plus grand entier naturel

On suppose le contraire : il existe un plus grand entier naturel, notons-le \( N \).
Alors \( N + 1 \) est aussi un entier naturel, et \( N + 1 > N \).
Contradiction : on a trouvé un entier plus grand que le plus grand.
Conclusion : la supposition est fausse, il n'existe pas de plus grand entier naturel.

Exemple résolu 2 : si \( n^2 \) est pair, alors \( n \) est pair

Soit \( n \) un entier tel que \( n^2 \) est pair. On suppose par l'absurde que \( n \) est impair : \( n = 2k + 1 \).
Alors \( n^2 = (2k + 1)^2 = 4k^2 + 4k + 1 = 2(2k^2 + 2k) + 1 \) : \( n^2 \) est impair.
Contradiction avec l'hypothèse « \( n^2 \) est pair ». Donc \( n \) est pair.

Exemple résolu 3 : \( \sqrt{2} \) n'est pas un nombre rationnel

Essaie de suivre la démonstration étape par étape avant de la dévoiler entièrement.

On suppose le contraire : \( \sqrt{2} = \dfrac{p}{q} \) avec \( p \) et \( q \) entiers naturels non nuls, et la fraction irréductible (on l'a simplifiée au maximum : \( p \) et \( q \) ne sont pas tous les deux pairs).
En élevant au carré : \( 2 = \dfrac{p^2}{q^2} \), donc \( p^2 = 2q^2 \). Ainsi \( p^2 \) est pair, donc \( p \) est pair (exemple 2) : \( p = 2m \).
On remplace : \( (2m)^2 = 2q^2 \), soit \( 4m^2 = 2q^2 \), donc \( q^2 = 2m^2 \). Ainsi \( q^2 \) est pair, donc \( q \) est pair.
Contradiction : \( p \) et \( q \) sont tous les deux pairs, alors que la fraction était irréductible.
Conclusion : \( \sqrt{2} \) n'est pas rationnel.

Exercice : démontre par l'absurde que l'équation \( x^2 + 1 = 0 \) n'a pas de solution réelle.

Voir la solution

On suppose qu'il existe un réel \( x \) tel que \( x^2 + 1 = 0 \). Alors \( x^2 = -1 \). Or un carré est toujours positif ou nul : \( x^2 \geq 0 \), donc \( x^2 \neq -1 \). Contradiction. L'équation n'a donc pas de solution réelle.

Pour démontrer par l'absurde que « \( \sqrt{3} \) est irrationnel », on commence par supposer que :

  1. \( \sqrt{3} \) est irrationnel
  2. \( \sqrt{3} \) est rationnel
  3. \( \sqrt{3} \) est un entier pair
On suppose le contraire de ce qu'on veut prouver : \( \sqrt{3} \) est rationnel, puis on cherche une contradiction.

Quel raisonnement est le plus adapté pour prouver que « pour tout entier \( n \), \( n^2 - n \) est pair » ?

  1. La disjonction de cas (n pair ou n impair)
  2. L'absurde en supposant \( n = 0 \)
  3. Un seul exemple, avec \( n = 3 \)
On traite \( n \) pair puis \( n \) impair : \( n^2 - n = n(n - 1) \) est le produit de deux entiers consécutifs, pair dans chaque cas. Un exemple ne prouve jamais une propriété « pour tout ».

Erreurs fréquentes

  • Disjonction de cas : oublier un cas, ou des cas qui ne couvrent pas tout.
  • Disjonction de cas : garder une solution qui ne respecte pas la condition de son cas.
  • Absurde : mal écrire la négation de la proposition.
  • Absurde : oublier d'écrire la conclusion (« la supposition est fausse, donc… »).
  • Croire qu'un exemple démontre une propriété générale : un exemple ne sert qu'à illustrer, ou à montrer qu'une propriété est fausse (contre-exemple).

Récapitulatif

  • Disjonction de cas : on découpe en cas couvrant toutes les possibilités, on démontre dans chacun, on conclut pour tous.
  • Absurde : on suppose le contraire, on déduit correctement, on obtient une contradiction, on conclut que la proposition est vraie.
  • Résultats à connaître : \( n(n+1) \) est pair ; si \( n^2 \) est pair alors \( n \) est pair ; \( \sqrt{2} \) est irrationnel.
Disjonction de cas
Séparer en cas qui couvrent toutes les possibilités et démontrer la propriété dans chacun.
Raisonnement par l'absurde
Supposer le contraire et aboutir à une contradiction.
Entier pair, entier impair
Pair : \( n = 2k \) ; impair : \( n = 2k + 1 \), avec \( k \) entier.
Contradiction
Résultat impossible ou contraire à une hypothèse ; elle prouve que la supposition était fausse.
\( \sqrt{2} \)
Nombre irrationnel : il ne s'écrit pas comme une fraction d'entiers (preuve par l'absurde).

Teste tes connaissances sur ce cours

Crée ton compte gratuitement pour accéder aux quiz associés et suivre ta progression.