Relations syntaxiques dans la phrase complexe
Les relations syntaxiques dans la phrase complexe
Une phrase complexe contient plusieurs propositions, que l'on relie de trois façons : on les pose côte à côte (juxtaposition), on les relie d'égal à égal (coordination) ou on en fait dépendre une de l'autre (subordination), et ce choix change le sens et le rythme du texte.
Objectifs
- Distinguer phrase simple et phrase complexe, et découper une phrase en propositions.
- Identifier la juxtaposition, la coordination et la subordination.
- Reconnaître les principales subordonnées : relative, conjonctive complétive, conjonctive circonstancielle, interrogative indirecte, infinitive et participiale.
- Exprimer une relation logique (cause, conséquence, but, opposition, condition, temps) de plusieurs façons.
- Analyser l'effet de ces choix dans un texte (rythme, argumentation).
1. Phrase simple, phrase complexe, proposition
- Une proposition est un groupe de mots organisé autour d'un verbe (en général conjugué).
- Une phrase simple contient une seule proposition : « Awa révise sa leçon. »
- Une phrase complexe en contient plusieurs : « Awa révise sa leçon parce que l'examen approche. »
Combien de propositions dans : « Le car est arrivé, les voyageurs sont descendus et le chauffeur s'est reposé » ?
2. Trois façons de relier les propositions
flowchart TD A[Phrase complexe] --> B[Juxtaposition] A --> C[Coordination] A --> D[Subordination] B --> B1[Virgule point virgule deux points] C --> C1[Mais ou et donc or ni car] D --> D1[Principale et subordonnee]
La juxtaposition
Les propositions sont placées côte à côte, séparées par une ponctuation (virgule, point-virgule, deux-points), sans mot de liaison. Elles sont grammaticalement indépendantes. Le lien logique est implicite : c'est au lecteur de le deviner.
Exemple : « Le soleil se couche ; les pêcheurs de Joal rentrent au port. »
La coordination
Les propositions sont reliées par une conjonction de coordination (mais, ou, et, donc, or, ni, car) ou par un adverbe de liaison (puis, ensuite, pourtant, cependant, en effet, ainsi…). Elles restent de même niveau : aucune ne dépend de l'autre.
Exemple : « Moussa voulait venir, mais son vélo était crevé. »
La subordination
Une proposition, la subordonnée, dépend d'une autre, la principale. Elle est introduite par un mot subordonnant (pronom relatif, conjonction de subordination, mot interrogatif) et ne peut généralement pas fonctionner seule.
Exemple : « Quand la pluie s'arrêtera, nous irons au marché. » La subordonnée « Quand la pluie s'arrêtera » complète la principale « nous irons au marché ».
« Fatou a fermé sa boutique car il était tard. » Comment les propositions sont-elles reliées ?
3. Les différentes propositions subordonnées
La subordonnée relative
Introduite par un pronom relatif (qui, que, quoi, dont, où, lequel, auquel, duquel…), elle complète un nom ou un pronom, son antécédent. Le pronom relatif a une fonction dans la subordonnée.
Exemple : « Le marché que ma tante tient à Adjamé est très animé. » Antécédent : marché ; « que » est COD de « tient ».
La subordonnée conjonctive complétive
Introduite par la conjonction que (sans antécédent), elle est le plus souvent COD du verbe principal.
Exemple : « Le professeur pense que nous réussirons. » (pense quoi ? que nous réussirons : COD)
La subordonnée conjonctive circonstancielle
Introduite par une conjonction ou locution conjonctive (quand, parce que, pour que, bien que, si, de sorte que…), elle est complément circonstanciel : elle peut souvent être déplacée.
Exemple : « Bien qu'il soit fatigué, Ibrahim termine l'installation des panneaux solaires. » (opposition, concession)
La subordonnée interrogative indirecte
Elle rapporte une question à l'intérieur d'une phrase, sans point d'interrogation, après un verbe comme demander, savoir, ignorer. Elle est introduite par si, qui, ce que, où, quand, pourquoi, comment…
Exemple : « Le directeur demande si nous avons compris. »
L'infinitive et la participiale
- Infinitive : verbe à l'infinitif avec son propre sujet, après un verbe de perception (voir, entendre, sentir) ou laisser, faire : « J'entends les oiseaux chanter. »
- Participiale : participe avec son propre sujet, sans mot introducteur, valeur circonstancielle : « La nuit tombée, les pêcheurs rentrèrent. »
Exemple résolu : analyser une phrase complexe
« Quand la pluie a cessé, Awa est sortie et elle a couru au marché que sa tante tient à Adjamé. » Cherche d'abord, puis dévoile chaque étape.
Dans « Je me demande pourquoi Kofi est parti si tôt », quelle est la subordonnée ?
Dans « Le cadeau que Nadia a reçu lui plaît », « que » est :
4. Exprimer les relations logiques
Une même relation logique peut s'exprimer par juxtaposition, coordination ou subordination :
- Cause : parce que, puisque, comme, étant donné que (subordination) ; car, en effet (coordination).
- Conséquence : si bien que, de sorte que, si… que, tellement… que (subordination) ; donc, c'est pourquoi, ainsi (coordination).
- But : pour que, afin que (+ subjonctif).
- Opposition ou concession : bien que, quoique (+ subjonctif), alors que, tandis que, même si (subordination) ; mais, pourtant, cependant, or (coordination).
- Condition : si, à condition que, pourvu que.
- Temps : quand, lorsque, dès que, avant que (+ subjonctif), après que (+ indicatif).
- Comparaison : comme, ainsi que, de même que.
Exemple résolu : transformer une phrase
« Kofi a révisé toute la nuit ; il a raté l'examen. » Identifie le lien logique implicite, puis réécris la phrase avec une coordination, puis avec une subordination.
Voir la solution
Lien implicite : opposition (on s'attendait à la réussite).
Coordination : « Kofi a révisé toute la nuit, mais il a raté l'examen. » ou « … pourtant il a raté l'examen. »
Subordination : « Bien que Kofi ait révisé toute la nuit, il a raté l'examen. » (subjonctif passé après « bien que »), ou « Même si Kofi a révisé toute la nuit, il a raté l'examen. » (indicatif après « même si »).
Effet : la juxtaposition laisse le lecteur ressentir la surprise ; la subordination explique et met l'accent sur la contradiction.
« Sa mère travaille dur pour que ses enfants aillent à l'école. » Quelle relation logique exprime la subordonnée ?
5. Analyser l'effet dans un texte
- La parataxe (juxtaposition et coordination dominantes) crée un effet de rapidité, de tension, d'accumulation, ou laisse au lecteur le soin de faire les liens. Exemple célèbre attribué à Jules César : « Je suis venu, j'ai vu, j'ai vaincu. »
- L'hypotaxe (subordination dominante) crée un effet de raisonnement construit, de nuance, de hiérarchie des idées : c'est le style de l'argumentation.
Exemple : dans un récit, « Il ouvrit la porte, il entendit un bruit, il courut. » La succession de propositions courtes juxtaposées traduit la précipitation du personnage et accélère la lecture.
Un auteur écrit : « Le feu prit, la foule cria, les enfants s'enfuirent. » Quel effet produit surtout cette construction ?
Erreurs fréquentes
Récapitulatif
- Une phrase complexe compte plusieurs propositions, repérables par les verbes conjugués.
- Juxtaposition : ponctuation seule, lien implicite. Coordination : conjonction ou adverbe, propositions de même niveau. Subordination : une subordonnée dépend d'une principale.
- Subordonnées : relative (antécédent), complétive (que conjonction), circonstancielle (cause, but, temps…), interrogative indirecte, infinitive, participiale.
- Une relation logique peut s'exprimer de plusieurs façons ; attention au mode (subjonctif après bien que, pour que, avant que).
- Parataxe : rapidité, tension ; hypotaxe : raisonnement, nuance.
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