Rôle évolutif et physiologique

1èreSVTLes réflexes nerveuxRôle évolutif et physiologique~11 min de lecture

Les réflexes nerveux : rôle physiologique et rôle évolutif

Les réflexes protègent le corps en un éclair, règlent sans y penser la posture et le fonctionnement des organes, et, hérités ou appris, ils aident chaque être vivant à survivre et à s'adapter à son milieu.

Objectifs

  • Expliquer pourquoi la rapidité d'un réflexe protège l'organisme.
  • Décrire le rôle des réflexes dans la posture et dans la régulation des fonctions (cœur, respiration, digestion, pupille).
  • Expliquer l'intérêt des réflexes innés pour la survie de l'espèce et celui des réflexes conditionnels pour l'adaptation de l'individu.
  • Calculer une durée de trajet d'un message nerveux avec la relation \(t = \dfrac{d}{v}\).
  • Comprendre que le cerveau peut moduler certains réflexes.

1. Un rôle de protection : la vitesse avant tout

Beaucoup de réflexes sont des réflexes de protection :

  • le retrait de la main ou du pied face à une brûlure ou une piqûre ;
  • le clignement des paupières quand un objet ou de la poussière approche de l'œil ;
  • le réflexe pupillaire : la pupille se rétrécit sous une forte lumière et protège la rétine ;
  • la toux et l'éternuement, qui chassent ce qui gêne les voies respiratoires ;
  • le vomissement, qui expulse un aliment toxique.

Leur efficacité vient de leur rapidité : le message nerveux suit un trajet court (récepteur, moelle épinière ou tronc cérébral, effecteur), avec peu de synapses, sans attendre une décision du cortex cérébral.

Trajet du message lors du retrait de la main : boucle courte par la moelle épinière, puis information envoyée au cerveau Cerveau Moelle épinière Peau du doigt Muscle du bras message sensitif message moteur vers le cerveau douleur ressentie

La chaleur excite des récepteurs de la peau : un message sensitif part vers la moelle épinière.

Dans la moelle, le message passe à des neurones moteurs : le muscle du bras se contracte et la main se retire. La boucle est courte, donc rapide.

En même temps, des neurones montent l'information vers le cerveau, par un trajet plus long.

La douleur n'est ressentie qu'ensuite, quand le cerveau reçoit le message : le geste protecteur a déjà eu lieu.

Pourquoi le retrait de la main a-t-il lieu avant que l'on ressente la douleur ?

  1. Parce que la douleur n'existe pas lors d'un réflexe
  2. Parce que la boucle réflexe passe par la moelle épinière, plus près et plus rapide que le trajet vers le cerveau
  3. Parce que le muscle décide seul de se contracter
Le centre du réflexe de retrait est la moelle épinière : le trajet est court et compte peu de synapses. Le message qui monte au cerveau arrive plus tard, d'où la douleur ressentie après le geste.

2. Calculer la durée d'un trajet nerveux

Si le message parcourt une distance \(d\) (en mètres) à la vitesse \(v\) (en mètres par seconde), la durée du trajet est :

\[ t = \frac{d}{v} \]

Il faut y ajouter un petit délai à chaque synapse traversée : un réflexe avec peu de synapses est donc plus rapide qu'une réponse qui passe par de nombreux neurones du cerveau.

Fais varier la vitesse de conduction \(v\) (en m/s). En abscisse, la distance parcourue en mètres ; en ordonnée, la durée du trajet en millisecondes.

Dans cet exercice, un message parcourt \(0{,}9\ \mathrm{m}\) à \(v = 60\ \mathrm{m\,s^{-1}}\). Quelle est la durée du trajet ?

  1. \(0{,}015\ \mathrm{s}\), soit \(15\ \mathrm{ms}\)
  2. \(54\ \mathrm{s}\)
  3. \(0{,}15\ \mathrm{s}\)
\(t = \dfrac{d}{v} = \dfrac{0{,}9}{60} = 0{,}015\ \mathrm{s} = 15\ \mathrm{ms}\).

3. Un rôle physiologique : régler le corps sans y penser

3.1 La posture et le tonus musculaire

Le réflexe myotatique fait se contracter un muscle quand il est étiré. Si le corps penche vers l'avant, les muscles de l'arrière de la jambe sont étirés et se contractent aussitôt, ce qui redresse le corps. Ces petites corrections permanentes entretiennent le tonus musculaire (un léger état de contraction des muscles) et maintiennent l'équilibre et la posture, debout comme assis.

3.2 Le fonctionnement des organes

Des réflexes végétatifs règlent en permanence nos organes, sans intervention de la volonté :

  • la pression artérielle et le cœur : quand la pression du sang augmente, des capteurs de la paroi des artères (au niveau du sinus carotidien et de la crosse aortique) informent le bulbe rachidien, qui ralentit le cœur ; la pression redescend ;
  • la respiration : son rythme s'ajuste automatiquement ;
  • la digestion : salivation, déglutition, sécrétions de l'estomac ;
  • la vision : la pupille s'adapte à la quantité de lumière.
flowchart LR
A[Pression artérielle trop haute] --> B[Barorécepteurs des artères]
B --> C[Bulbe rachidien]
C --> D[Cœur ralenti]
D --> E[Pression artérielle diminue]
E --> A

Quand on est debout et que le corps penche légèrement en avant, qu'est-ce qui le redresse sans qu'on y pense ?

  1. Un réflexe conditionnel appris à l'école
  2. Une décision volontaire du cortex cérébral
  3. Le réflexe myotatique des muscles étirés de l'arrière de la jambe
Les muscles étirés se contractent par réflexe myotatique : le corps se redresse. C'est ainsi que la posture est maintenue en permanence.

4. Un rôle évolutif : survivre et s'adapter

4.1 Les réflexes innés, un héritage utile à l'espèce

Les réflexes innés sont héréditaires : ils sont présents chez tous les individus d'une espèce dès la naissance. Au cours de l'évolution, les individus dont les réflexes protégeaient le mieux (fuite rapide, retrait, toux) ont plus souvent survécu et se sont davantage reproduits : ces réflexes se sont maintenus dans l'espèce par sélection naturelle. On retrouve d'ailleurs des réflexes de fuite et de protection chez de très nombreux animaux.

Chez le nouveau-né, les réflexes de succion et de déglutition lui permettent de téter et de se nourrir dès les premières heures, avant tout apprentissage.

4.2 Les réflexes conditionnels, une adaptation de l'individu

Les réflexes innés sont fixes. Les réflexes conditionnels, eux, s'acquièrent selon l'expérience de chacun : un animal apprend à associer un signal (une odeur, un bruit) à un danger ou à de la nourriture et réagit avant même que l'événement arrive. Comme ils s'éteignent s'ils ne sont plus renforcés, ils suivent les changements du milieu : c'est une adaptation souple à l'environnement.

À l'inverse, l'habituation est la diminution d'une réponse à un stimulus répété et sans danger : une personne qui s'installe près d'un marché bruyant sursaute de moins en moins aux bruits habituels. L'organisme économise ainsi son énergie et son attention pour les vraies menaces.

Quel avantage un réflexe conditionnel apporte-t-il par rapport à un réflexe inné ?

  1. Il est toujours plus rapide
  2. Il s'adapte à l'expérience de l'individu et permet d'anticiper un événement
  3. Il est transmis aux descendants
Le réflexe conditionnel est acquis selon l'histoire de chacun : il permet de réagir à un signal annonciateur. Il n'est pas héréditaire.

5. Le cerveau peut moduler certains réflexes

Le cortex cérébral peut freiner (inhiber) ou renforcer certains réflexes. Aïcha retient le réflexe de retrait parce qu'elle sait que lâcher le plat serait pire. De même, un enfant apprend à contrôler le réflexe de la vessie (miction). Ce contrôle n'est possible que pour certains réflexes et demande du temps ; les réflexes végétatifs comme la régulation du cœur échappent presque entièrement à la volonté.

Qu'est-ce qui permet à Aïcha de ne pas lâcher le plat chaud ?

  1. Le cortex cérébral, qui inhibe en partie le réflexe de retrait
  2. La disparition des récepteurs de la chaleur dans ses mains
  3. Un réflexe bulbaire de protection
Les récepteurs fonctionnent toujours (elle sent la chaleur), mais le cerveau envoie des messages qui freinent la réponse réflexe de la moelle.

6. Exemples résolus

Réflexe : \(t_1 = \dfrac{d_1}{v} = \dfrac{1{,}2}{60} = 0{,}020\ \mathrm{s} = 20\ \mathrm{ms}\).
Geste commandé par le cerveau : \(t_2 = \dfrac{d_2}{v} = \dfrac{2{,}4}{60} = 0{,}040\ \mathrm{s} = 40\ \mathrm{ms}\).
Le trajet par le cerveau dure deux fois plus longtemps, sans compter le temps de traitement dans le cortex et les nombreuses synapses supplémentaires : le réflexe protège beaucoup plus vite.
Voir la solution

Ce sont deux réflexes de protection. Le clignement ferme les paupières dès qu'une particule approche, ce qui protège la cornée ; il étale aussi les larmes qui nettoient l'œil. L'éternuement expulse avec force les poussières qui irritent le nez et protège les voies respiratoires. Tous deux sont innés, rapides et involontaires.

Voir la solution

Le bruit du seau était devenu un stimulus conditionnel, associé à la nourriture. Comme il n'est plus suivi de nourriture, le réflexe conditionnel n'est plus renforcé : il s'éteint. Le chien s'adapte ainsi au nouveau fonctionnement de la maison et ne dépense plus d'énergie pour rien.

7. Erreurs fréquentes

Récapitulatif

  • Protection : retrait, clignement, toux, éternuement, réflexe pupillaire ; leur force est leur rapidité (trajet court, peu de synapses).
  • Durée de conduction : \(t = \dfrac{d}{v}\).
  • Rôle physiologique : posture et tonus (réflexe myotatique), régulation du cœur, de la respiration, de la digestion, de la pupille.
  • Rôle évolutif : réflexes innés héréditaires conservés par la sélection naturelle ; réflexes conditionnels et habituation pour s'adapter au milieu.
  • Le cortex peut freiner ou renforcer certains réflexes.
Réflexe de protection
Réponse rapide qui évite une lésion : retrait, clignement, toux, éternuement.
Durée de trajet
\(t = \dfrac{d}{v}\), plus le délai de chaque synapse.
Tonus et posture
Le réflexe myotatique corrige sans cesse la position du corps.
Régulation réflexe
Ex. pression artérielle trop haute : le bulbe ralentit le cœur.
Rôle évolutif
Les réflexes innés utiles à la survie sont héréditaires et conservés par la sélection naturelle.
Habituation
Diminution de la réponse à un stimulus répété et sans danger.

Teste tes connaissances sur ce cours

Crée ton compte gratuitement pour accéder aux quiz associés et suivre ta progression.