Types de raisonnement : disjonction de cas, absurde, contraposée
Types de raisonnement : disjonction de cas, absurde, contraposée
Quand une preuve directe bloque, on a trois outils : découper le problème en cas (disjonction de cas), supposer le contraire pour aboutir à une impossibilité (absurde), ou démontrer l’énoncé équivalent « si non B alors non A » (contraposée).
Objectifs
- Distinguer une implication, sa réciproque et sa contraposée, et écrire la négation d’une proposition simple.
- Rédiger une démonstration par disjonction de cas.
- Rédiger une démonstration par l’absurde.
- Rédiger une démonstration par contraposée.
- Choisir le type de raisonnement adapté à un énoncé.
0. Rappels : implication, négation, réciproque, contraposée
Soit \(A\) et \(B\) deux propositions. L’implication \(A \Rightarrow B\) signifie : chaque fois que \(A\) est vraie, \(B\) est vraie.
- Sa réciproque est \(B \Rightarrow A\). Elle peut être vraie ou fausse, indépendamment de l’implication de départ.
- Sa contraposée est \(\text{non } B \Rightarrow \text{non } A\). Elle est toujours équivalente à \(A \Rightarrow B\) : les deux sont vraies ensemble ou fausses ensemble.
Négations utiles : la négation de « \(n\) est pair » est « \(n\) est impair » ; la négation de « \(x > 3\) » est « \(x \leq 3\) » ; la négation de « pour tout \(x\), \(P(x)\) » est « il existe \(x\) tel que non \(P(x)\) ».
Quelle est la contraposée de « si \(x = 2\), alors \(x^2 = 4\) » ?
1. Le raisonnement par disjonction de cas
Principe : pour démontrer une propriété, on sépare toutes les situations possibles en plusieurs cas qui couvrent toutes les possibilités, et on démontre la propriété dans chaque cas.
Découpages fréquents : \(n\) pair ou \(n\) impair ; \(x \geq 0\) ou \(x < 0\) (valeurs absolues) ; reste de la division par 3 égal à 0, 1 ou 2.
Exemple résolu 1 : le produit de deux entiers consécutifs
Démontrer que pour tout entier naturel \(n\), le nombre \(n(n+1)\) est pair.
Exemple résolu 2 : une inégalité avec des valeurs absolues
Démontrer que pour tout réel \(x\), \(|x-1| + |x+1| \geq 2\). Cherche d’abord quels cas il faut distinguer.
Voir la solution
Les valeurs absolues changent d’expression en \(x = -1\) et \(x = 1\) : on distingue trois cas.
- Si \(x \leq -1\) : \(|x-1| + |x+1| = -(x-1) - (x+1) = -2x\). Or \(x \leq -1\) donne \(-2x \geq 2\).
- Si \(-1 \leq x \leq 1\) : \(|x-1| + |x+1| = -(x-1) + (x+1) = 2\), donc la somme vaut exactement 2.
- Si \(x \geq 1\) : \(|x-1| + |x+1| = (x-1) + (x+1) = 2x \geq 2\).
Dans tous les cas, \(|x-1| + |x+1| \geq 2\).
Observe le résultat sur le graphique : la courbe de \(y = |x-a| + |x+a|\) ne descend jamais sous la droite \(y = 2a\) (avec \(a = 1\), on retrouve l’exemple). Fais varier \(a\).
Pour démontrer que le carré de tout entier \(n\) a un reste égal à 0 ou 1 dans la division par 3, quels cas faut-il distinguer ?
2. Le raisonnement par l’absurde
Principe : pour démontrer qu’une proposition \(P\) est vraie, on suppose que \(P\) est fausse (on suppose « non \(P\) »), puis on en déduit logiquement une contradiction (un résultat impossible, ou contraire à une hypothèse). La supposition était donc fausse : \(P\) est vraie.
flowchart LR A[Supposer non P] --> B[Déductions logiques] B --> C[Contradiction] C --> D[Donc P est vraie]
Exemple résolu 1 : il n’existe pas de plus grand entier
Exemple résolu 2 : \(\sqrt{2}\) est irrationnel
On admet (et on le démontre plus bas par contraposée) que si \(n^2\) est pair, alors \(n\) est pair.
Pour démontrer par l’absurde que « 0 n’a pas d’inverse », on commence par…
3. Le raisonnement par contraposée
Principe : pour démontrer \(A \Rightarrow B\), on démontre à la place \(\text{non } B \Rightarrow \text{non } A\), qui lui est équivalente. On l’utilise quand l’hypothèse « non \(B\) » est plus facile à exploiter que l’hypothèse \(A\).
Exemple résolu : si \(n^2\) est pair, alors \(n\) est pair
Une preuve directe bloque : savoir que \(n^2\) est pair ne donne pas facilement d’écriture de \(n\). Cherche d’abord quelle est la contraposée, puis démontre-la.
À toi : démontre que pour tout réel \(x\), si \(x^2 \neq 9\) alors \(x \neq 3\).
Voir la solution
La contraposée est « si \(x = 3\), alors \(x^2 = 9\) ». Elle est évidente : \(3^2 = 9\). Comme la contraposée est vraie, l’implication l’est aussi.
Pour démontrer « si \(ab\) est impair, alors \(a\) et \(b\) sont impairs » par contraposée, on démontre…
Choisir son raisonnement
flowchart TD
E[Énoncé à démontrer] --> Q1{Plusieurs situations différentes}
Q1 -->|oui| D[Disjonction de cas]
Q1 -->|non| Q2{Implication dont la conclusion est négative ou difficile}
Q2 -->|oui| C[Contraposée]
Q2 -->|non| Q3{Énoncé de non existence ou d impossibilité}
Q3 -->|oui| A[Raisonnement par l absurde]
Q3 -->|non| R[Essayer une preuve directe]
Erreurs fréquentes
- Démontrer la réciproque au lieu de la contraposée.
- Mal écrire une négation : le contraire de « \(x > 3\) » est « \(x \leq 3\) », et non « \(x < 3\) » ; le contraire de « \(a\) et \(b\) » est « non \(a\) ou non \(b\) ».
- Oublier un cas dans une disjonction de cas (par exemple \(x = 0\)).
- Dans un raisonnement par l’absurde, oublier d’annoncer la supposition (« supposons par l’absurde que… ») ou de conclure clairement.
- Croire que vérifier quelques exemples suffit : un exemple peut seulement prouver qu’une propriété est fausse (contre-exemple).
Récapitulatif
- Contraposée de \(A \Rightarrow B\) : \(\text{non } B \Rightarrow \text{non } A\), toujours équivalente ; la réciproque \(B \Rightarrow A\) ne l’est pas.
- Disjonction de cas : découper en cas qui couvrent tout, démontrer dans chaque cas.
- Absurde : supposer le contraire, aboutir à une contradiction, conclure.
- Contraposée : démontrer non \(B \Rightarrow\) non \(A\) à la place de \(A \Rightarrow B\).
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