Types de réflexes
Les réflexes nerveux : les types de réflexes
On classe les réflexes de trois façons : selon l'organe qui répond (somatiques ou végétatifs), selon le centre nerveux qui les commande (médullaires ou encéphaliques), et selon leur origine (innés ou acquis par apprentissage, dits conditionnels).
Objectifs
- Distinguer un réflexe somatique d'un réflexe végétatif à partir de l'effecteur.
- Classer un réflexe selon son centre nerveux : moelle épinière, bulbe rachidien, mésencéphale.
- Distinguer réflexe monosynaptique et réflexe polysynaptique.
- Opposer réflexe inné (absolu) et réflexe conditionnel (acquis), et décrire l'expérience de Pavlov.
- Citer les caractéristiques d'un réflexe conditionnel : acquisition, entretien, extinction.
1. Tous les réflexes ne se ressemblent pas
Un réflexe est une réponse involontaire, rapide et stéréotypée à une stimulation, qui passe par un arc réflexe : récepteur, voie sensitive, centre nerveux, voie motrice, effecteur. On peut classer les réflexes en regardant différents éléments de cet arc :
mindmap
root((Réflexes))
Selon l effecteur
Somatiques
Végétatifs
Selon le centre
Médullaires
Bulbaires
Mésencéphaliques
Selon les synapses
Monosynaptiques
Polysynaptiques
Selon l origine
Innés
Conditionnels
2. Réflexes somatiques et réflexes végétatifs
- Un réflexe somatique fait répondre un muscle squelettique (muscle strié, attaché aux os). Il relève du système nerveux de la vie de relation. Exemples : réflexe rotulien, réflexe achilléen, réflexe de retrait de la main, clignement des paupières.
- Un réflexe végétatif (ou viscéral) fait répondre un muscle lisse, le muscle cardiaque ou une glande. Il relève du système nerveux végétatif (ou autonome), qui règle le fonctionnement des organes. Exemples : salivation, réflexe pupillaire (le muscle lisse de l'iris), ralentissement réflexe du cœur, sécrétion de sueur.
Le rétrécissement de la pupille sous une forte lumière est un réflexe :
3. Classer selon le centre nerveux et le nombre de synapses
3.1 Selon le centre nerveux
- Réflexes médullaires : le centre est la moelle épinière. Exemples : réflexe rotulien, réflexe achilléen, réflexe de flexion (retrait de la main ou du pied).
- Réflexes bulbaires : le centre est le bulbe rachidien. Exemples : salivation, déglutition, toux, éternuement, régulation réflexe du rythme cardiaque.
- Réflexes mésencéphaliques : le centre est le mésencéphale. Exemple : réflexe pupillaire à la lumière (photomoteur).
Tous ces centres se trouvent en dehors du cortex cérébral : un réflexe inné ne demande ni volonté ni conscience. On peut en prendre conscience après coup (on sent la douleur juste après avoir retiré la main), car le message monte aussi jusqu'au cerveau.
3.2 Selon le nombre de synapses
- Réflexe monosynaptique : une seule synapse dans le centre nerveux, directement entre le neurone sensitif et le neurone moteur. Exemple : le réflexe myotatique (rotulien, achilléen). Il est très rapide.
- Réflexe polysynaptique : un ou plusieurs interneurones (neurones d'association) s'intercalent entre neurone sensitif et neurone moteur. Exemple : le réflexe de retrait de la main. Plusieurs muscles peuvent alors être coordonnés.
Une personne avale de travers et tousse aussitôt. Où se situe le centre de ce réflexe ?
Le réflexe de retrait de la main au contact d'une braise est :
4. Réflexes innés et réflexes conditionnels
4.1 Les réflexes innés (absolus)
Un réflexe inné, aussi appelé absolu ou inconditionnel, existe dès la naissance chez tous les individus de l'espèce. Il est déclenché par un stimulus précis (stimulus absolu) et sa réponse est toujours la même. Son centre est la moelle épinière ou le tronc cérébral. Exemples : salivation quand un aliment touche la langue, réflexe rotulien, réflexe de succion du nouveau-né. Certains réflexes du nouveau-né, comme l'agrippement (la main se ferme sur le doigt qu'on y pose), disparaissent au cours de la première année quand le système nerveux mûrit.
4.2 Les réflexes conditionnels (acquis) : l'expérience de Pavlov
Le physiologiste russe Ivan Pavlov a étudié la salivation chez le chien. Découvre son expérience étape par étape :
Réflexe inné : la viande déposée sur la langue (stimulus absolu) envoie un message au centre salivaire du bulbe, qui commande la glande salivaire. Le chien salive.
Au départ, le son d'une cloche est un stimulus neutre : le message arrive au cortex auditif, le chien dresse l'oreille, mais il ne salive pas.
Pavlov fait sonner la cloche juste avant de donner la viande, et il répète l'association de nombreuses fois : une liaison nerveuse nouvelle s'établit dans le cerveau entre la zone auditive et le centre salivaire.
Le son seul déclenche maintenant la salivation : il est devenu un stimulus conditionnel. Le chien a acquis un réflexe conditionnel.
Un réflexe conditionnel est donc un réflexe acquis par l'association répétée d'un stimulus neutre et d'un stimulus absolu. Il a des caractéristiques précises :
- il est individuel : il dépend de l'histoire de chacun ;
- il exige que le stimulus neutre précède de peu le stimulus absolu, et que l'association soit répétée ;
- il est temporaire : s'il n'est plus renforcé par le stimulus absolu, il s'affaiblit puis disparaît (extinction) ;
- il fait intervenir le cortex cérébral.
Pendant plusieurs semaines, on fait sonner la cloche sans jamais donner de viande au chien conditionné. Que se passe-t-il ?
5. Exemples résolus
Voir la solution
L'effecteur est le cœur : c'est un réflexe végétatif. Le klaxon, au départ neutre, a été associé à une forte frayeur qui accélère naturellement le cœur : la réponse au klaxon seul a été acquise. C'est un réflexe conditionnel, propre à Kofi, qui peut s'éteindre si le klaxon n'est plus associé au danger.
Voir la solution
Le réflexe rotulien, médullaire, est normal : la moelle épinière à ce niveau fonctionne. Le réflexe pupillaire a son centre dans le mésencéphale : c'est cette région du tronc cérébral (ou ses voies motrices vers l'iris) qu'il faut examiner.
6. Erreurs fréquentes
Quelle proposition décrit un réflexe conditionnel ?
Récapitulatif
- Selon l'effecteur : somatique (muscle squelettique) ou végétatif (muscle lisse, cœur, glande).
- Selon le centre : médullaire (moelle), bulbaire (bulbe rachidien), mésencéphalique (mésencéphale).
- Selon les synapses : monosynaptique (sans interneurone) ou polysynaptique (avec interneurones).
- Selon l'origine : inné (absolu, à la naissance, chez tous) ou conditionnel (acquis, individuel, temporaire, cortex).
Teste tes connaissances sur ce cours
Crée ton compte gratuitement pour accéder aux quiz associés et suivre ta progression.
