Types de subordonnées
Types de subordonnées
Une proposition subordonnée dépend d'une proposition principale : on la reconnaît à son mot introducteur, puis on la classe en relative (elle complète un nom), complétive (elle complète surtout un verbe) ou circonstancielle (elle donne une circonstance : temps, cause, but…).
Objectifs
- Découper une phrase complexe en propositions, pas à pas.
- Reconnaître les trois grands types de subordonnées : relative, complétive, circonstancielle.
- Distinguer un pronom relatif d'une conjonction de subordination (le piège du « que »).
- Donner la fonction de chaque subordonnée grâce à des tests simples.
Étape 0 : rappel, qu'est-ce qu'une subordonnée ?
Une proposition est un groupe de mots organisé autour d'un verbe conjugué. Une phrase qui contient plusieurs verbes conjugués est une phrase complexe.
- La proposition principale peut souvent fonctionner seule : « Je t'achèterai les mangues ».
- La proposition subordonnée ne peut pas vivre seule : elle dépend d'un mot de la principale. Elle commence presque toujours par un mot subordonnant (qui, que, dont, où, quand, parce que, si…).
Analogie : la principale est le tronc du manguier, les subordonnées sont les branches. Une branche ne tient que si elle est accrochée au tronc.
La méthode en 4 étapes
flowchart TD A[Mot subordonnant] --> B[Pronom relatif avec un antécédent] A --> C[Que conjonction ou si ou mot interrogatif] A --> D[Quand parce que pour que bien que si] B --> E[Relative complète un nom] C --> F[Complétive souvent COD du verbe] D --> G[Circonstancielle mobile et supprimable]
Combien de propositions dans : « Awa pense que son frère arrivera quand le car sera réparé » ?
Étape 1 : la subordonnée relative
Définition
La subordonnée relative est introduite par un pronom relatif : qui, que, quoi, dont, où, lequel (laquelle, lesquels, auquel, duquel…). Ce pronom reprend un nom placé juste avant : l'antécédent.
- « Le car qui part pour Dakar est plein. » : antécédent car.
- « La ville où je suis né s'appelle Kaolack. » : antécédent ville.
- « Le livre dont tu m'as parlé est à la bibliothèque. » : antécédent livre.
Fonction : la relative est complément de l'antécédent. Elle joue le rôle d'un adjectif : « le car qui part pour Dakar » ressemble à « le car dakarois ». Sans virgules, elle est épithète ; entre virgules, elle est apposée : « Mon oncle, qui vit à Kaolack, cultive l'arachide. »
Le pronom relatif a sa propre fonction
Le pronom relatif occupe une fonction dans la subordonnée :
- qui est en général sujet : le car qui part (qui = le car, sujet de part).
- que est en général COD : les mangues que tu veux (tu veux les mangues).
- dont remplace un complément introduit par « de » : le livre dont tu m'as parlé (tu m'as parlé du livre).
- où est complément de lieu ou de temps : la ville où je suis né, le jour où il a plu.
Dans « Voici l'école où Kofi a appris à lire », quel est l'antécédent de « où » ?
Étape 2 : la subordonnée complétive
Définition
La subordonnée complétive complète le plus souvent un verbe. Elle est, la plupart du temps, COD de ce verbe. On en distingue trois sortes :
- La conjonctive, introduite par la conjonction que : « Awa espère que le professeur oubliera l'interrogation. » Elle peut aussi être sujet (« Que tu viennes me fait plaisir »), attribut (« L'essentiel est que tu réussisses ») ou compléter un nom ou un adjectif (« Je suis content que tu sois là »).
- L'interrogative indirecte, introduite par si ou un mot interrogatif (qui, quand, où, comment, pourquoi, ce que…) après un verbe comme demander, savoir, ignorer : « Le maître demande si tout le monde a compris. » Elle ne se termine pas par un point d'interrogation.
- L'infinitive, sans mot subordonnant, avec un infinitif qui a son propre sujet, après un verbe de perception (voir, entendre, sentir) : « J'entends les oiseaux chanter. » (Les oiseaux chantent.)
Dans « Je ne sais pas pourquoi le courant a été coupé », la subordonnée est :
Dans « Le pagne que Fatou a acheté est magnifique », « que » est :
Étape 3 : la subordonnée circonstancielle
Définition
La subordonnée circonstancielle est introduite par une conjonction de subordination (sauf « que » seul). Elle est complément circonstanciel de la principale. Elle précise une circonstance :
| Circonstance | Conjonctions | Exemple |
|---|---|---|
| Temps | quand, lorsque, pendant que, dès que, après que, avant que | Dès que la cloche sonne, les élèves sortent. |
| Cause | parce que, puisque, comme, étant donné que | Moussa est absent parce qu'il a le paludisme. |
| Conséquence | si bien que, de sorte que, si… que, tellement… que | Il a tellement plu que la route de Kumasi est coupée. |
| But | pour que, afin que | Je parle fort pour que tout le monde m'entende. |
| Concession, opposition | bien que, quoique, même si, alors que | Bien qu'il soit fatigué, Yao finit son champ. |
| Condition | si, à condition que, au cas où | Si tu révises, tu réussiras le BEPC. |
| Comparaison | comme, ainsi que, de même que | Elle danse comme sa mère dansait. |
« Comme il pleuvait, le match a été reporté. » La subordonnée exprime :
Exemples résolus
Exemple 1
Analyse : « Le cousin dont je t'ai parlé arrive de Ouagadougou demain. »
Exemple 2
Analyse : « Bien qu'il ait plu toute la nuit, le match aura lieu à Kumasi. »
Exemple 3 : à toi de chercher
Analyse toutes les subordonnées : « Je crois que le marché que tu cherches ferme quand la nuit tombe. »
Voir la solution
- Quatre verbes conjugués : crois, cherches, ferme, tombe. Donc une principale (« Je crois ») et trois subordonnées.
- « que le marché … ferme » : le premier « que » ne reprend aucun nom, c'est une conjonction. Subordonnée complétive conjonctive, COD de « crois » (je crois cela).
- « que tu cherches » : ce « que » reprend l'antécédent « marché » et il est COD de « cherches » (tu cherches le marché). Subordonnée relative, complément de l'antécédent « marché ».
- « quand la nuit tombe » : conjonction « quand », subordonnée circonstancielle de temps, complément circonstanciel de « ferme ».
Exemple 4 : à toi de chercher
Donne le type et la circonstance : « Moussa met 500 F CFA de côté chaque semaine pour que sa petite sœur puisse acheter ses cahiers. »
Voir la solution
« pour que sa petite sœur puisse acheter ses cahiers » est introduite par la conjonction « pour que » : c'est une subordonnée circonstancielle de but, complément circonstanciel. Le verbe « puisse » est au subjonctif.
« Le maître veut savoir qui a cassé la fenêtre. » La subordonnée est :
Erreurs fréquentes
- Prendre tous les « que » pour des pronoms relatifs : vérifie toujours s'il y a un antécédent repris par « que ».
- Confondre « si » de condition et « si » interrogatif : « Si tu viens, je serai content » (condition, mobile) ; « Je me demande si tu viendras » (interrogative indirecte, COD de « demande »).
- Confondre « quand » circonstanciel et « quand » interrogatif : « Il part quand le soleil se lève » (temps) ; « Dis-moi quand il part » (interrogative indirecte, COD).
- Oublier le subjonctif après bien que, pour que, avant que : on écrit « bien qu'il soit » et non « bien qu'il est ».
- Mal délimiter la subordonnée : une relative s'arrête avant le verbe de la principale (« Le car qui part pour Dakar est plein »).
Récapitulatif
| Type | Mot introducteur | Fonction habituelle | Test |
|---|---|---|---|
| Relative | qui, que, quoi, dont, où, lequel… | Complément de l'antécédent | Remplaçable par un adjectif |
| Complétive | que (conjonction), si, mot interrogatif, ou rien (infinitive) | COD le plus souvent | Remplaçable par « cela », non supprimable |
| Circonstancielle | quand, parce que, pour que, bien que, si… | Complément circonstanciel | Mobile et supprimable |
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