Utiliser des outils pour la spéculation boursière

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Utiliser des outils pour la spéculation boursière

Pour spéculer en Bourse sans naviguer à l'aveugle, on apprend à se servir de quelques outils : une plateforme fiable, des graphiques, des indicateurs simples et des ordres qui limitent les pertes, en s'entraînant d'abord sans argent réel.

Objectifs

  • Savoir ce qu'est une plateforme de courtage et comment vérifier qu'elle est autorisée.
  • Lire un graphique en chandeliers japonais.
  • Calculer et interpréter deux indicateurs simples : la moyenne mobile et le RSI.
  • Utiliser un ordre stop-loss et calculer la taille d'une position selon le risque accepté.
  • S'organiser pour apprendre : compte démo, plan de trading et journal.

1. La plateforme : la porte d'entrée du marché

Une plateforme de courtage est le logiciel ou l'application d'un courtier. Elle permet de voir les prix, de passer des ordres d'achat et de vente, et de suivre son compte.

Dans l'espace UEMOA, la bourse commune est la BRVM (Bourse Régionale des Valeurs Mobilières), dont le siège est à Abidjan. On y accède par une SGI (Société de Gestion et d'Intermédiation), agréée par l'autorité des marchés financiers de l'UMOA (AMF-UMOA).

Une bonne plateforme affiche au minimum :

  • le cours (prix actuel) et son historique sous forme de graphique ;
  • les frais prélevés à chaque achat ou vente ;
  • différents types d'ordres (au marché, à cours limité, stop) ;
  • un compte démo ou un mode d'entraînement, quand il existe.

Une application inconnue promet « 30 % de gain garanti par mois ». Que faut-il faire en premier ?

  1. Y placer une petite somme pour tester
  2. Vérifier si l'intermédiaire est agréé par l'autorité de régulation
  3. Demander à un ami s'il a gagné
Un gain « garanti » n'existe pas en spéculation. La première vérification est l'agrément officiel : sans lui, l'argent n'est pas protégé.

2. Lire un graphique en chandeliers

Un chandelier représente une période (un jour, une heure…). Il est formé d'un corps (rectangle) et de deux mèches (traits fins).

Anatomie d'un chandelier haussier : corps entre ouverture et clôture, mèches jusqu'au plus haut et au plus bas Clôture Ouverture Plus haut Plus bas baisse hausse

Le corps va du prix d'ouverture (début de la période) au prix de clôture (fin de la période). Ici la clôture est plus haute : le prix a monté, le corps est vert.

Les mèches montent jusqu'au prix le plus haut et descendent jusqu'au prix le plus bas atteints pendant la période.

Si la clôture est plus basse que l'ouverture, le prix a baissé : le corps est rouge et l'ouverture est en haut du corps.

À toi de jouer : replace les quatre prix sur ce chandelier vert (haussier).

Chandelier haussier sans légende, à compléter

Un chandelier a un corps rouge. Que s'est-il passé pendant la période ?

  1. Le prix de clôture est plus bas que le prix d'ouverture
  2. Le prix n'a jamais baissé
  3. Le prix le plus haut est égal au prix de clôture
Rouge signifie baisse : la période s'est terminée à un prix plus bas que celui du début.

3. Les indicateurs : le tableau de bord

3.1 La moyenne mobile

La moyenne mobile sur \(n\) jours est la moyenne des \(n\) derniers prix de clôture. Chaque jour, on retire le plus ancien prix et on ajoute le nouveau : la moyenne « glisse ».

\[ MM_n = \frac{P_1 + P_2 + \dots + P_n}{n} \]

Elle lisse les petites variations. Quand le prix reste au-dessus de sa moyenne mobile, on parle souvent de tendance haussière ; en dessous, de tendance baissière.

Exemple résolu. Les clôtures d'une action sur 5 jours sont : 5 000 F, 5 100 F, 5 050 F, 5 200 F et 5 150 F CFA. Calcule la moyenne mobile sur 5 jours. Cherche d'abord !

On additionne les 5 clôtures : \(5000 + 5100 + 5050 + 5200 + 5150 = 25\,500\) F CFA.
On divise par le nombre de jours : \(MM_5 = \dfrac{25\,500}{5} = 5\,100\) F CFA.
Le dernier prix (5 150 F) est au-dessus de la moyenne (5 100 F) : sur cette courte période, la tendance est plutôt haussière.

Le lendemain, la clôture est de 5 300 F. Quelle est la nouvelle moyenne mobile sur 5 jours ?

Voir la solution

On retire le plus ancien prix (5 000 F) et on ajoute 5 300 F : \(5100 + 5050 + 5200 + 5150 + 5300 = 25\,800\), puis \(\dfrac{25\,800}{5} = 5\,160\) F CFA. La moyenne a glissé vers le haut.

3.2 Le RSI (indice de force relative)

Le RSI compare la moyenne des hausses à la moyenne des baisses sur une période (souvent 14 jours). Il varie de 0 à 100.

\[ RS = \frac{\text{hausse moyenne}}{\text{baisse moyenne}} \qquad RSI = 100 - \frac{100}{1 + RS} \]

Par convention, beaucoup d'utilisateurs considèrent qu'un \(RSI > 70\) signale un prix qui a beaucoup monté (« surachat ») et qu'un \(RSI < 30\) signale un prix qui a beaucoup baissé (« survente »).

Exemple résolu. Sur la période, la hausse moyenne est de 30 F et la baisse moyenne de 15 F. Calcule le RSI.

\(RS = \dfrac{30}{15} = 2\).
\(RSI = 100 - \dfrac{100}{1 + 2} = 100 - 33{,}3 \approx 66{,}7\).
\(66{,}7\) est entre 30 et 70 : selon la convention, ni surachat ni survente.

La hausse moyenne vaut 20 F et la baisse moyenne 20 F. Que vaut le RSI ?

  1. 20
  2. 100
  3. 50
\(RS = 1\), donc \(RSI = 100 - \dfrac{100}{2} = 50\) : hausses et baisses s'équilibrent.

4. Les ordres qui protègent : stop-loss et taille de position

La méthode : on choisit le risque maximal \(R\) qu'on accepte de perdre sur une opération (beaucoup de formateurs conseillent une petite part du capital, par exemple 1 à 2 %), puis on calcule le nombre d'actions :

\[ N = \frac{R}{P_{\text{achat}} - P_{\text{stop}}} \]

Exemple résolu. Fatou dispose de 500 000 F CFA et accepte de risquer 2 % de ce capital. Elle veut acheter à 5 000 F avec un stop-loss à 4 800 F. Combien d'actions peut-elle acheter ? Cherche d'abord !

Risque maximal : \(R = 500\,000 \times \dfrac{2}{100} = 10\,000\) F CFA.
Perte par action si le stop est touché : \(5\,000 - 4\,800 = 200\) F CFA.
Nombre d'actions : \(N = \dfrac{10\,000}{200} = 50\) actions, soit \(50 \times 5\,000 = 250\,000\) F CFA investis (hors frais).
Si le prix tombe à 4 800 F, la perte est de \(50 \times 200 = 10\,000\) F : exactement le risque prévu.

Avec le graphique ci-dessous, fais varier le risque accepté \(R\) (en F CFA) : la courbe donne le nombre d'actions \(N\) selon l'écart \(x\) (en F) entre prix d'achat et stop. Plus le stop est loin, moins on achète d'actions.

Le rapport gain sur risque

On fixe aussi un objectif de prix. Le rapport gain/risque compare ce qu'on peut gagner à ce qu'on peut perdre par action :

\[ \text{rapport} = \frac{P_{\text{objectif}} - P_{\text{achat}}}{P_{\text{achat}} - P_{\text{stop}}} \]

Fatou vise 5 600 F. Calcule son rapport gain/risque.

Voir la solution

\(\dfrac{5\,600 - 5\,000}{5\,000 - 4\,800} = \dfrac{600}{200} = 3\). Elle peut gagner trois fois ce qu'elle risque, si l'objectif est atteint ; rien ne garantit qu'il le sera.

Kofi accepte de risquer 6 000 F. Il achète à 3 000 F avec un stop à 2 850 F. Combien d'actions au maximum ?

  1. 20
  2. 40
  3. 150
Perte par action : \(3\,000 - 2\,850 = 150\) F, donc \(N = \dfrac{6\,000}{150} = 40\) actions.

5. Apprendre à se servir des outils

Pour progresser avec méthode :

  • Compte démo : on teste les ordres et les indicateurs sans risque, pendant plusieurs semaines.
  • Plan de trading : on écrit à l'avance ses règles (quand entrer, où placer le stop, quel objectif, quel risque).
  • Journal de trading : après chaque opération, on note la date, la raison de l'entrée, le résultat et ce qu'on a ressenti. En le relisant, on repère ses erreurs qui se répètent.
flowchart LR
A[Observer le graphique] --> B[Lire les indicateurs]
B --> C[Ecrire le plan]
C --> D[Placer ordre et stop]
D --> E[Noter dans le journal]
E --> F[Relire et corriger]
F --> A

À quoi sert surtout le journal de trading ?

  1. À repérer ses erreurs qui se répètent pour s'améliorer
  2. À prévoir le prix de demain
  3. À éviter de payer des frais
Le journal est un outil d'apprentissage : il transforme chaque opération, gagnante ou perdante, en leçon.

Erreurs fréquentes

  • Croire qu'un indicateur prédit l'avenir : il résume le passé.
  • Entrer sans stop-loss ou le déplacer en cours de route.
  • Miser une grosse part de son capital sur une seule opération.
  • Utiliser une plateforme non agréée attirée par des promesses de gains.
  • Passer à l'argent réel sans s'être entraîné sur un compte démo.

Récapitulatif

  • On passe par un intermédiaire agréé (une SGI pour la BRVM) et on tient compte des frais.
  • Un chandelier résume ouverture, clôture, plus haut et plus bas d'une période.
  • La moyenne mobile \(MM_n\) lisse les prix ; le RSI \(= 100 - \frac{100}{1+RS}\) mesure la force des hausses face aux baisses.
  • Le stop-loss limite la perte ; la taille de position \(N = \frac{R}{P_{\text{achat}} - P_{\text{stop}}}\) fixe le risque à l'avance.
  • Compte démo, plan et journal transforment la pratique en apprentissage.
Chandelier japonais
Dessin qui montre ouverture, clôture, plus haut et plus bas d'une période ; vert si hausse, rouge si baisse.
Moyenne mobile
\(MM_n = \frac{P_1 + \dots + P_n}{n}\) : moyenne des \(n\) dernières clôtures, qui glisse chaque jour.
RSI
\(RSI = 100 - \frac{100}{1+RS}\), entre 0 et 100 ; au-dessus de 70 surachat, en dessous de 30 survente (convention).
Stop-loss
Ordre de vente automatique à un prix choisi d'avance pour limiter la perte.
Taille de position
\(N = \frac{R}{P_{\text{achat}} - P_{\text{stop}}}\) : nombre d'actions pour ne pas perdre plus que \(R\).
Compte démo
Compte d'entraînement avec de l'argent fictif pour apprendre les outils sans risque.

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